AMIR BADRAN répond aux questions de PAUL OUZI MEYERSON sur la nouvelle stratégie de Benyamin Netanyahou vis-à-vis des arabes israéliens et de leurs élus de la  “Liste Unifiée” également intitulée “Liste Commune”. Amir Badran est avocat et conseiller municipal de la ville de Jaffa (Yafo) où il réside

Amir Badran explique qu’il ne s’agit pas d’une “liste arabe unifiée”. Elle n’est pas arabe car elle compte une minorité de juifs et elle n’est pas unifiée car les partis qui la composent conservent leur existence et leur autonomie. Il est plus exact de parler de “Liste Commune” des partis arabes qui regroupe quatre composantes qui ont chacune gardé leurs spécificités. Il y a deux listes nationalistes pan-arabe, une liste de gauche progressiste et une liste islamiste-conservateur. Mansour Abbas, qui négocie une alliance avec le Likoud de Netanyahou, est un des leaders de la tendance islamiste. Au cours de dernières élections en 2020, la “Liste Commune” a recueilli 90 % des voix des électeurs arabes et envoyé 15 députés à la Knesset , ce qui est inédit depuis la création de l’état d’Israël. “L’initiative unilatérale de Mansour Abbas menace la cohésion de cette union, ne respecte pas ses règles internes et peut conduire à son éclatement. Si cela devait se produire, il y aurait un affaiblissement de la représentation des citoyens arabes d’Israël”, souligne l’élu de Jaffa.

Amir Badran estime que “les accords d’Abraham”, accords de normalisation et non de paix car Israël n’était pas en guerre avec ces pays ont très peu d’influence sur la situation des arabes d’Israël et leurs opinions politiques. “Pour la plupart de ces pays, il y avait déjà des liens officieux, et même quasi officiels pour le Maroc…pays que j’ai moi-même visité il y a 6 ans en tant que citoyen israélien”,

Il considère que si la “Liste Commune” venait à éclater lors des élections de mars 2021 pour la Knesset, certains des partis arabes qui la composent pourraient ne pas franchir le seuil d’éligibilité de 3,5%. “En fin de compte cela dépend du jeu politique de Mansour Abbas vis-à-vis de Netanyahou et du Likoud. Certains partis sionistes de l’opposition pourraient, alors, être tentés de séduire les électeurs arabes en passant des accords avec certaines composantes de la “Liste Commune”.