A l’occasion de la mort, le 22 septembre 2026, de Lucien Lazare, qui fut avec sa femme Janine, l’un des parrains des Amis de Shalom Archav lors de sa création en 1980, l’intitulé actuel étant La Paix Maintenant, nous revenons sur un épisode peu mentionné et peut-être prémonitoire d’un état présent de l’opinion israélienne. En 2003, il a été banni, peut-on dire, de sa synagogue à Jérusalem pour avoir simplement traduit pour Le Monde un article, certes contesté, de son gendre, Avraham Burg, « La révolution sioniste est morte ».
Auteur : Daniel Ben Simon, Ha’aretz , 31/10 /2003
Traduction de l’anglais : ChatGPT revu par YM
Photo : Yad Vashem
Mis en ligne le 24 septembre 2026
Samedi dernier, Lucien Lazare a rassemblé son courage et s’est dirigé vers la synagogue dont il avait été banni. Depuis qu’on lui avait fait comprendre qu’il n’était plus le bienvenu dans la communauté, il avait passé des semaines difficiles. Et maintenant, il reprenait une fois encore le chemin familier qu’il empruntait depuis 35 ans. S’il n’avait tenu qu’à lui, il aurait évité cette expérience traumatisante, mais il craignait de rompre une longue tradition : celle de monter à la Torah — de « monter » pour une lecture de la Torah — en mémoire de son père. Une fois par an, durant la première semaine du cycle annuel des lectures de la Torah, il montait réciter une prière à la mémoire de son père. Ce geste rendait le retour à la synagogue un peu moins douloureux.
Dès qu’on l’appela pour s’approcher de l’arche sainte, les femmes de la section qui leur était réservée se mirent à tousser toutes ensemble. Il était tellement ému qu’il ne remarqua pas cette tentative d’interrompre sa prière. De toute façon, à son âge, il entend mal. Sur le chemin du retour vers sa place, il dut se frayer un passage parmi les fidèles. Certains lui firent un signe de tête ; la plupart lui tournèrent le dos. Il leur adressa un regard amical ; ils firent comme s’il n’existait pas. Jusqu’à deux mois auparavant, ils étaient encore considérés comme ses amis ; désormais, ils le voyaient comme un ennemi.
Pendant ce temps, sa femme Janine était restée chez elle, inquiète. En aucun cas elle n’était disposée à accompagner son mari à la synagogue. Après ce qu’on leur avait fait, avait-elle annoncé à sa famille, elle n’y remettrait plus jamais les pieds.
Depuis leur arrivée en Israël, 35 ans auparavant, elle avait considéré la synagogue Ohel Nehamah, dans la rue Chopin, dans le quartier de Talbieh à Jérusalem, comme une seconde maison. Les lieux n’étaient pas seulement consacrés aux offices et aux rassemblements religieux. Au fil des années, ce bâtiment imposant était devenu un lieu de rencontres sociales où des immigrants venus des États-Unis côtoyaient des immigrants de France, des immigrants d’Angleterre ceux d’Afrique du Sud — et où venaient également des Israéliens de longue date.
C’était un mélange de langues et de coutumes qui symbolisait un judaïsme multiculturel propre à Jérusalem. Les jours de shabbat et les jours de fête, les Lazare avaient l’habitude de rester après les offices pour discuter de la vie, de leur famille et de leur nouvelle patrie.
Même si de nombreuses années avaient passé depuis leur immigration en Israël, ils restaient attachés à leur langue maternelle, comme beaucoup d’autres membres de la communauté, trouvant difficile d’adopter la langue de leur nouveau pays. Ils avaient fait la connaissance de dizaines d’immigrants venus de France avec lesquels ils avaient noué des liens sociaux étroits. Ils parlaient de tout.
Sauf de politique.
Les opinions, les positions et les convictions étaient si profondément ancrées que les amis de la synagogue craignaient qu’une discussion sur la situation ne dégénère en dispute et ne réduise en morceaux le tissu social intime qui les unissait.
Parmi les fidèles, certains sanctifiaient chaque implantation et chaque avant-poste juif dans les territoires, tandis que d’autres les considéraient comme de l’idolâtrie. Certains voyaient le Premier ministre Ariel Sharon comme un sauveur, d’autres comme Satan. Certains ne croyaient pas à la paix avec les Arabes, tandis que d’autres considéraient cette paix comme un acte sioniste et juif.
La peur d’une rupture avait conduit les fidèles à s’entendre sur un point : ils n’aborderaient pas les sujets controversés et ne les mentionneraient même pas, comme s’il s’agissait d’un mauvais esprit. Tout un chacun savait ce que pensaient ses amis et pour qui ils votaient, mais tous avaient convenu de ne pas en parler.
Les Lazare se consacraient à promouvoir la paix et la compréhension entre Israéliens et Arabes, et veillaient à ne pas évoquer leurs activités auprès des fidèles de la synagogue où ils priaient.
L’expulsion
La veille de Yom Kippour, alors qu’il se rendait à la synagogue après le dernier repas avant le début du jeûne, Lazare remarqua une enveloppe déposée dans sa boîte aux lettres. Il ne l’ouvrit pas. Quelques jours auparavant, lui et sa femme étaient revenus d’un voyage à l’étranger et leur fille, Yael Burg, les avait avertis que l’atmosphère se dégradait parmi les fidèles de la synagogue.
Il apparut rapidement que les fidèles étaient furieux contre leur coreligionnaire pour avoir osé traduire pour Le Monde, en France, un article écrit par son gendre, le député travailliste Avraham Burg, sur les difficultés du sionisme et les problèmes de l’État juif. L’article, intitulé « Le sionisme est mort », publié à l’origine dans le quotidien israélien à grand tirage Yedioth Ahronoth, avait provoqué un vif émoi et avait été traduit dans de nombreuses langues. Le journal français souhaitait également le publier et avait demandé à Lazare de le traduire. L’article fut publié et le nom du traducteur figurait en dessous.
C’est ainsi que les ennuis de Lazare commencèrent. Aux amis qui l’avaient averti de ce qui allait se produire, il répondait : « Je ne fais que traduire. » Cela ne servit à rien.
Chez certains fidèles, notamment parmi les francophones, la haine envers Avraham Burg était telle qu’ils avaient parfois tendance à reporter leur colère sur son beau-père. Ils détestaient les activités de gauche de Burg en faveur de la paix parce qu’elles étaient menées sous la protection d’une kippa tricotée et de la foi religieuse.
Ils lui en voulaient particulièrement d’avoir exposé publiquement, devant les non-Juifs et les Français qui lisaient Le Monde, ce qu’ils considéraient comme la honte morale d’Israël — des gens qui, selon eux, ne souhaitaient rien d’autre que de nuire à Israël.
Plus tard, les mains tremblantes, Lazare ouvrit l’enveloppe et en lut le contenu. Ses yeux se remplirent de larmes. Une cinquantaine de membres de sa communauté avaient adressé à « Lucien Lazar » une « lettre ouverte », en français. « Nous nous sommes sentis trahis par vos actes », écrivaient-ils, « en traduisant cette lamentable diatribe et en l’envoyant si précipitamment à la presse occidentale. Lucien Lazare, vous avez été le complice du renforcement de la lutte de nos ennemis. »
Plus loin, ils l’accusaient de soutenir les terroristes kamikazes. « Vous avez serré la dernière vis de la ceinture explosive qui demain tuera des membres de votre peuple… et nous vous appelons à vous repentir à l’occasion de Yom Kippour, qui est tout proche… Nous ne vous serrerons pas la main. »
En un instant, tout son monde s’effondra. Il était rejeté par une communauté dont il avait été l’un des fondateurs et l’un des membres les plus importants. Il était clair qu’il était devenu persona non grata dans la synagogue.
En 1936-1938, alors que des immigrants juifs affluaient au domicile de son père, en Alsace, pour chercher refuge contre leurs persécuteurs, son père ne ménageait aucun effort pour leur trouver un logement, de la nourriture et du travail. Finalement, les Juifs de la ville accusèrent ses actes irresponsables de renforcer l’antisémitisme à leur encontre. « Ne te mêle pas d’eux et ne les aide pas », lui disaient-ils. « Ces réfugiés ne sont pas comme nous. Ils ont l’air trop juifs et il n’y a aucune chance qu’ils apprennent le français. »
« Soixante ans plus tard, j’entends la même chose », déclara Lazare d’une voix tremblante. « J’entends des accusations similaires, selon lesquelles j’aiderais les ennemis d’Israël et l’antisémitisme. Ce qu’ils ont fait à mon père, ils me le font maintenant. Ils m’ont envoyé des lettres de menace et signé des pétitions pour m’excommunier de ma communauté. Ce n’est pas juste. Pendant 35 ans, j’ai prié dans ma synagogue, au sein d’une communauté dont j’ai toujours été fier d’être membre, parce que c’est une communauté de bonnes actions, d’aide aux autres, d’aide aux nouveaux immigrants, d’aide à ceux qui sont dans le besoin. Nous sommes des fidèles ashkénazes qui prions selon le rite ashkénaze, et chaque office était une célébration qu’il est difficile de décrire. »
La tristesse
Lazare se mit à chercher un autre endroit où prier. Pour la première fois depuis son arrivée en Israël, il dut chercher une synagogue. Finalement, il trouva une place à Rehavia, où se réunissaient des étudiants de yeshiva. « J’ai cherché d’autres endroits où personne ne me connaissait », raconta-t-il, en éprouvant visiblement des difficultés à évoquer ces moments. « Bien sûr, je cherchais des endroits où je pouvais espérer ne pas être rejeté. Finalement, j’ai trouvé une yeshiva anglo-saxonne où je ne connaissais absolument personne et où personne ne me connaissait. »
« Ce fut un moment de crise terrible », poursuivit-il avec hésitation. « Un acte d’expulsion — un sentiment de crise. Quelque chose s’est brisé en moi. J’avais entretenu une relation avec des gens que je considérais comme des êtres humains et, soudain, j’ai découvert qu’ils n’étaient pas dignes de ce nom… À mon âge, recommencer à zéro et reconstruire une nouvelle communauté, c’est impossible. Je suis né au début du siècle dernier et je ne peux plus construire une nouvelle vie maintenant. »
Sa femme s’était enfermée chez elle, retenant ses larmes. « J’ai amèrement pleuré », raconta-t-elle. « Pour la première fois, je ne suis pas allée à Kol Nidre [l’office de la veille de Yom Kippour] ni à Ne’ila [la prière de clôture de Yom Kippour]. Je me sentais à moitié paralysée. La détresse psychologique était immense. Kippour est quelque chose de particulier. Le jeûne ne vous affecte pas parce que vous êtes tellement plongé dans une immense expérience spirituelle. Bien sûr, j’allais à la synagogue chaque année, mais cette fois je suis restée chez moi parce que je sentais que je n’étais pas désirée. Je me suis sentie tellement anéantie et déçue que je ne peux pas le décrire. Je me suis dit que ces gens qui avaient rejeté mon mari souffraient d’une scission entre leur morale personnelle d’une part et la morale politique humaine de l’autre. »
Pendant ces moments de détresse, elle se remémora les moments forts de sa vie en Israël. Bien qu’elle ait grandi dans une famille juive assimilée, elle avait adopté le judaïsme avec amour. « Je suis venue au judaïsme parce que, pendant la guerre, j’ai rencontré en France un rabbin qui incarnait pour moi la merveilleuse combinaison du judaïsme et de la morale », se souvenait-elle avec enthousiasme. « Je n’avais que 13 ans et, chez moi, dans une famille de la classe moyenne, on jouait au bridge et on ne s’intéressait pas à la religion. Ainsi, lorsque nous sommes arrivés à Jérusalem en 1968, j’avais le sentiment que nous étions arrivés au centre du monde juif. Chaque vendredi, j’allais prier au Mur occidental et je ressentais une exaltation que je ne peux pas décrire. C’était trop beau. »
Une amie de Janine Lazare tenta de tempérer son enthousiasme et l’avertit que l’idylle du retour au Mur occidental ne durerait pas longtemps — que les Palestiniens finiraient par se révolter.
Lazare pense que, dès cette époque, l’idée d’une mission visant à favoriser la réconciliation entre les deux peuples commençait à germer en elle. La guerre du Kippour fut son entrée dans le monde israélien de la contestation ; pendant la guerre du Liban, elle rejoignit « l’armée de protestation » locale. Elle organisa des manifestations de femmes et participa, en Israël et à l’étranger, à des actions contre le militarisme qui était devenu une composante si importante de la vie israélienne. Avec le déclenchement de la première Intifada et dans les années qui suivirent, elle se sentit abattue, sans énergie. Plus elle travaillait pour la paix, plus celle-ci semblait s’éloigner.
Au début de cette semaine, elle rencontra sa fille et eut du mal à manifester la joie de vivre qui la caractérisait. Dans un moment de désespoir, elle avoua avoir le sentiment de s’éloigner du monde dans lequel elle était entrée lorsqu’elle avait immigré en Israël et que les motivations qui l’avaient poussée à venir ici n’existaient plus. Tant de mauvaises choses s’étaient produites et tant de jeunes gens pleins de vie avaient trouvé la mort dans des guerres impitoyables qu’elle commençait à penser que le deuil était inscrit dans la nature même de la société israélienne.
Et comme si son âme n’était pas déjà assez douloureuse, l’affaire du rejet de son mari était venue s’ajouter à tout cela. Pour la première fois, elle sentit que ses forces l’avaient abandonnée.
« Je suis entrée dans ce monde à cause de la morale, et surtout à cause du lien entre le judaïsme et la morale », expliqua-t-elle tristement. « Et pour la première fois de ma vie, je sens que je suis en train d’en sortir. C’est ce que j’ai dit à ma fille, parce que je sens que le judaïsme et la morale ne vont plus de pair. Ce n’est plus le même judaïsme ; ce n’est plus le judaïsme des synagogues ; ce n’est plus le même judaïsme des valeurs et des valeurs familiales. Il existait autrefois un judaïsme de la joie et il a maintenant été remplacé par un judaïsme de la haine. »
La douleur
Animés par le désir de contribuer à la société, les Lazare avaient consacré leur vie au service public — lui comme éducateur et directeur d’école, elle comme psychologue clinicienne. Dans le cadre de son activité professionnelle, elle avait aidé des familles ayant perdu des proches dans des guerres et des actes hostiles. Cette proximité directe avec la mort l’avait conduite à détester les guerres.
Dans ses pires cauchemars, elle n’avait jamais imaginé que les affrontements meurtriers entre Israéliens et Palestiniens prendraient de telles proportions et que des enfants sans défense des deux côtés seraient victimes de la soif de guerre des dirigeants. « Je sens que la catastrophe prend de l’ampleur, parce que l’occupation se renforce », ajouta-t-elle. « Nous avons le sentiment de nous diriger vers une catastrophe et personne ne fait rien pour l’arrêter. C’est comme quelque chose de suicidaire. Chaque fois que j’apprends qu’un soldat a été tué, j’ai le sentiment qu’il sacrifie sa vie pour les colonies juives dans les territoires. Je pleure tout le temps pour les enfants que nous perdons. Cela me torture de me demander ce que nous leur avons fait. Qu’avons-nous fait pour leur avenir ?
J’ai l’impression d’être un terrible échec pour ne pas avoir su comment changer cette tendance suicidaire et pour ne pas avoir laissé un monde meilleur à mes enfants et à mes petits-enfants. Quel monde vais-je laisser à mes 18 petits-enfants ? Les trois dernières années de l’Intifada ont été terribles. Cela m’a anéantie et j’ai le sentiment de ne plus pouvoir aider. J’éprouve un sentiment de nullité — je suis toujours militante et je n’ai peur d’aucune critique, mais je ressens une paralysie qui m’empêche de participer aux manifestations. »
Son mari l’écoute et acquiesce. La conversation se déroule en hébreu, mais de temps à autre ils doivent puiser dans les profondeurs de la langue française pour trouver exactement le mot juste, l’expression appropriée. Ils lisent de la littérature française, regardent des programmes de télévision français et suivent l’actualité en France. Ils voyagent souvent pour donner des conférences et commencent à ressentir la nostalgie des paysages de leur enfance en Alsace.
Et maintenant, que va-t-il se passer ? Retourneront-ils à la synagogue ?
Les amis qui ont signé la lettre les bannissant ne les ont pas appelés et ne prennent pas de leurs nouvelles. Tous les fidèles ne sont pas encore au courant de la profonde division qui s’est produite parmi les membres francophones. Avec le temps, tout le monde le saura.
Mais il y a aussi quelques lueurs d’espoir.
Quelques jours auparavant, trois des signataires de la lettre s’étaient présentés au domicile du couple et avaient demandé à retirer ce qu’ils avaient dit.
Le professeur Uriel Simon, de l’université Bar-Ilan, qui fréquente cette synagogue, avait envoyé une lettre ouverte aux fidèles « qui ont rejeté notre ami Lucien Lazare », comme il les avait décrits. « À mon grand regret, les auteurs de cette lettre ignorent le fait que l’État d’Israël n’est pas un ghetto fermé, mais une société ouverte », écrivait-il. « Je ne peux expliquer votre indignation disproportionnée que par une sorte d’hystérie collective, dont il est possible et nécessaire de vous libérer…
C’est précisément là la question de principe qui m’a poussé à vous écrire. L’expression d’une autocritique nationale radicale est-elle légitime ? Faut-il encourager la capacité de la société israélienne à écouter patiemment des reproches douloureux, ou vaut-il mieux protéger la société de ces reproches en dénonçant la critique comme une haine de soi traîtresse ?
J’ai une foi totale dans le fait que la réponse nous est donnée par l’exemple des prophètes d’Israël, qui n’ont épargné à leurs contemporains ni à Israël, à travers les générations, les reproches les plus sévères, exprimés dans le langage le plus tranchant, sans craindre ce que diraient les Philistins de Gath ou les chrétiens de Rome. »
Plus loin, Simon cite Isaïe (1:10, 21-23) : « Écoutez la parole du Seigneur, vous chefs de Sodome ; prêtez l’oreille à la loi de notre Dieu, vous peuple de Gomorrhe… Comment la cité fidèle est-elle devenue une prostituée ! Elle était pleine de justice ; la droiture y habitait ; mais maintenant, elle est pleine de meurtriers. Ton argent est devenu du métal impur, ton vin est coupé d’eau. Tes princes sont rebelles et complices de voleurs ; chacun aime les présents et court après les récompenses ; ils ne rendent pas justice à l’orphelin et la cause de la veuve ne parvient pas jusqu’à eux… » « Voilà, écrivit Simon aux fidèles, la splendide tradition de notre peuple, et nous avons pour commandement de nous y attacher et de la poursuivre. » Il conclut sa lettre en leur suggérant d’écrire à leur ami, de lever l’interdiction et de rétablir leurs relations amicales.
Lazare affirme qu’il doute que les choses puissent un jour redevenir comme avant son rejet, dans un acte brutal qui lui rappelle quelque chose du Moyen Âge. Oui, la maison de prière lui manque, ainsi que les offices et la longue marche entre son domicile et la synagogue. Mais la blessure l’a profondément marqué — et sa femme aussi.
« Pour moi, c’est terminé », dit-elle avec détermination. « Après ce qu’ils ont fait à Lucien, c’est terminé. »
NdlR: Lucien Lazare a participé à la création de Oz VeShalom – Netivot Shalom en 1975 qui se voulait » proposer une expression alternative du sionisme religieux. Le mouvement s’engage à promouvoir les idéaux de tolérance, de pluralisme et de justice, des notions qui ont toujours occupé une place centrale dans la tradition et le droit juifs.
En tant que seule organisation de paix sioniste religieuse de ce type, nous sommes dans une position unique pour répondre aux arguments politiques fondamentalistes et extrémistes qui ont, à tort, placé la valeur de la Terre d’Israël au-dessus de la vie humaine, de la justice et de la paix — des notions qui ont toujours occupé une place centrale dans le droit et la tradition juifs. Nous cherchons à provoquer un changement fondamental au sein de la communauté religieuse nationale et dans l’ensemble de la société israélienne… »

