Ouzi MEYERSON reçoit Simon EPSTEIN, historien, et ancien professeur à l’Université Hébraïque de Jérusalem pour évoquer les remous provoqués tant en Israël que dans le monde par la proposition gouvernementale qu’Effi Eitam devienne le prochain président de YAD VACHEM.

Une pétition contre cette candidature a été signée par près de 1000 universitaires, intellectuels, écrivains concernés par la Shoah. Des rescapés ont également manifesté leur désapprobation.


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L’institution a développé un enseignement de l’histoire de la Shoah d’une grande qualité. C’est à la fois un centre de formation populaire mais également un pôle de recherche de très haut niveau sur la destruction du judaïsme européen. C’est pour cela que Yad Vachem doit être géré au mieux”. L’historien relève qu’Effi Eitam, ancien militaire et politicien de l’extrême-droite nationale religieuse a tenu des propos racistes inacceptables à plusieurs reprises contre les Arabes israéliens et palestiniens : “….même si celui-ci n’est pas un professionnel du racisme comme peuvent l’être les kahanistes, ses propos xénophobes le disqualifient pour la fonction de président de Yad Vachem”. ….il n’a rien écrit, rien fait de spécial au cours de son existence pour justifier d’un savoir particulier dans ce domaine...”. Il souligne que la candidature d’E. Eitam s’est accompagnée d’une campagne de dénigrement de l’institution émanant de l’extrême-droite israélienne : “…on a présenté Yad Vachem comme un repaire de “gauchistes” qu’Effi Eitam aurait l’occasion de rééduquer; c’est démentiel !...”.

Simon Epstein rappelle que la force de Yad Vachem est d’avoir trouvé l’équilibre “entre une conception universaliste de la Shoah et sa signification nationale et juive”. L’institution de Jérusalem a su aussi faire cohabiter des  approches séculaires et religieuses de la Shoah. Afin de perpétuer ces équilibres vitaux,  l’historien pense que pour diriger Yad Vachem il faut “un homme qui suscite le soutien unanime ; quelqu’un qui ait un lien direct avec la martyrologie juive ; un esprit qui ait montré sa capacité de réflexion et d’approfondissement de l’histoire de la Shoah à travers des publications et des travaux ; une personne capable de transmettre des valeurs humanistes”.

Photo : Simon Epstein intervient à Yad Vachem

Mis en ligne le 1er décembre 2020