Des parents en deuil refusent un mémorial dans les territoires

Thème : Révoltes et questionnements dans la société civile israélienne Témoignages, "histoires humaines"

Ha’aretz
mis en ligne le 10 décembre 2003
par Esther Zandberg

"David était contre les colonies dans les territoires, et c’était un partisan de Shalom Akhshav (La Paix Maintenant). Je suis contre tout ce qui se passe dans les territoires, et je ne peux pas imaginer que la mémoire de David y soit perpetuée. Il s’agit d’une exploitation cynique du deuil de parents pour créer des faits accomplis sur le terrain, à un endroit dont il faudra débattre plus tard".

article en anglais sur le site d’Haaretz

Trad. : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

Haaretz, 9 decembre 2003

Des parents de jeunes gens tués au barrage routier d’Ein Arik, en Cisjordanie, refusent que la mémoire de leurs fils soit perpetuée par un mémorial dans les territoires occupés. Un tireur isolé palestinien avait tué 11 soldats et civils dans ce qui avait ete considéré comme l’un des échecs les plus graves de Tsahal.

"Des soldats devront assurer la garde de ce dangereux endroit, où il n’y aurait jamais dû y avoir de barrage, et où il ne faut rien construire", a dit Robi Damelin au nom des familles. Tsahal a évacué le barrage deux jours après l’incident.

Damelin, dont le fils David, officier de réserve du génie, a été tué à cet endroit, a dit : "David était contre les colonies dans les territoires, et c’était un partisan de Shalom Akhshav (La Paix Maintenant). Je suis contre tout ce qui se passe dans les territoires, et je ne peux pas imaginer que la mémoire de David y soit perpétuée. Il s’agit d’une exploitation cynique du deuil de parents pour créer des faits accomplis sur le terrain, à un endroit dont il faudra débattre plus tard".

Ainsi qu’Haaretz l’a rapporté la semaine derrière, le conseil régional de Binyamin a commencé la planification de travaux pour le centre "Yad Lebanim" (Mémorial pour les Fils, ndt) sur le site d’une ancienne antenne de police proche de la clôture. Damelin a dit que personne n’avait tenu les familles au courant de cela, ou ne leur avait demandé si elles souhaitaient qu’un mémorial pour leurs êtres chers soit construit à cet endroit.

Certaines familles sont contre l’idée elle-même, et d’autres hésitent à construire un mémorial sur un territoire qui pourrait être rendu aux Palestiniens.