Des gestes de réconciliation seraient les bienvenus

Thème : Une autre politique est possible

par La Paix Maintenant, éditorial de la rédaction

des gens des deux côtés prennent l’initiative de réunions de réconciliation. Pour l’instant, le gouvernement reste sourd, et refuse d’autoriser Avraham Burg à se rendre à Ramallah

Haaretz, 25 janvier 2002

Trad. : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

Alors que l’escalade continue dans les hostilités entre Israéliens et Palestiniens, et qu’on assiste a un gel du canal politique, des gens des deux côtés prennent l’initiative de réunions de réconciliation, dans l’espoir de mettre un terme aux violences et de restaurer l’espoir en la paix dans l’opinion publique. Le président Moshe Katsav désirait parler devant le Parlement palestinien et lancer un appel à une trêve de longue durée. Il y a 15 jours, le président de l’Afrique du Sud Thabo Mbeki a participé a un seminaire israélo-palestinien au Cap. Le président égyptien Hosni Moubarak a accueilli cette semaine une conférence interconfessionnelle, qui s’est termineé par un appel de la part de chefs religieux de haut rang à abandonner la violence et à retrouver le chemin de la table des négociations. La Coalition Israélo-palestinienne pour la Paix continue à montrer aux deux peuples l’existence de militants en faveur de la paix, même dans les moments difficiles que nous connaissons, faits d’attentats et d’assassinats.

Le président du Conseil Législatif Palestinien Ahmed Qorei (Abou Ala) fait partie de ces dirigeants palestiniens qui n’ont pas renoncé à dialoguer avec le gouvernement Sharon. Ces derniers mois, il a travaillé avec le ministre des Affaires étrangères Shimon Peres à une formule d’accord permanent, par étapes, destinée à mettre fin immédiatement à l’intifada. En dépit de l’opposition grandissante des dirigeants locaux à tout contact avec des officiels israéliens de haut niveau, Abou Ala a invité le président de la Knesset, Avraham Burg, à parler devant le Conseil Législatif Palestinien (CLP). Cette invitation n’aurait pas été possible sans l’accord de Yasser Arafat.

Comme dans le cas de l’invitation faite à Katsav de parler devant le CLP, la droite israélienne, emmenée par Ariel Sharon, s’est declarée unanimement hostile à ce que Burg s’adresse au parlement palestinien à Ramallah. Mercredi, Sharon a déclaré que la venue du président de la Knesset devant le CLP causerait à Israël un tort politique. Pendant ce temps, des députés ont demandé un débat urgent à la Knesset, afin d’obtenir une décision empêchant Burg d’aller à Ramallah. Quelques-uns menacent même d’entamer une procédure de destitution contre Burg, au cas où celui-ci ignorerait l’avis du Premier ministre, et agirait en contradiction avec la position de la majorité des députés.

L’opposition du ministre de la Défense, Benjamin Eliezer, et le silence de la plupart des ministres travaillistes sont particulièrement étranges. Les représentants du Parti travailliste au gouvernement et à la Knesset ne devraient-ils insister pour que le Premier ministre encourage toute personne, ou toute organisation désireuse d’apporter sa contribution à la paix ? Il est difficile de comprendre ce que Sharon a voulu dire quand il a déclaré qu’un discours du président de la Knessetà Ramallah "causerait un tort politique à Israël".

Au contraire, tout effort de saboter une initiative de réconciliation de la part de dirigeants israéliens feraient apparaître Israël comme la partie qui n’est pas interessée par la paix. S’opposer à des initiatives qui ne sont destinées à appeler les Palestiniens à mettre fin aux violences, c’est faire naître le doute que le gouvernement n’est pas interessé par la paix, et qu’il préfère évincer Arafat et éliminer les dernières chances d’atteindre un compromis fondé sur le cadre d’Oslo et sur les accords obtenus à sa suite.