Les leçons des élections locales palestiniennes


sur le site d’Haaretz

(trad. Tal Aronzon pour La Paix Maintenant)


Gardons-nous de tirer des conclusions définitives des résultats des élections municipales dans 26 conseils régionaux de Cisjordanie, vendredi dernier. Les alliances familiales du candidat tiennent une place non négligeable dans une élection locale, surtout dans les villages, où interviennent des facteurs spécifiques aux sociétés traditionnelles et des rivalités tribales et claniques. L’affiliation politique du candidat en tant que telle compte moins dans ce genre d’instances.

La très grande majorité des 145 000 électeurs inscrits en Cisjordanie n’en a pas moins pris part à ces élections, offrant un large échantillon de l’opinion publique sur la rive occidentale du Jourdain.

La première et plus claire conclusion qui se dessine à l’issue de ces élections est qu’elles se sont déroulées dans le calme, presque sans incident qui vaille la peine d’être noté. La direction palestinienne s’est félicitée de l’ordre qui a présidé à leur tenue et espère que cela va se répéter dans les jours prochains, lors d’élections similaires dans la bande de Gaza.

Les résultats, quant à eux, reflètent plus ou moins ce qui s’imposait à la lecture des sondages – à savoir que le Fatah gagne en force. Si l’on considère le fait qu’il a emporté près de 65% des 306 sièges de conseillers régionaux en jeu dans ces élections, la tendance est nette. Le second groupe victorieux, le H’amas, a pris environ 20% des sièges. Près des 2/3 des présidences de conseil sont allées à des hommes du Fatah, et le reste à des membres du Hamas [[Soit 12 présidences de conseils sur 26 pour le Fatah et 7 pour le Hamas. Les 7 restantes sont encore en suspens, faute de résultats décisifs en faveur de l’un ou de l’autre. Les deux partis vont devoir y quêter l’appui des candidats indépendants ou de petites formations pour gagner la présidence.]].

Très peu de voix sont allées au Parti du Peuple, l’ex-formation communiste,
tandis que certains candidats jouissaient du double soutien du Fatah et du
Hamas.

Les régions traditionnelles [rurales], comme les monts de Hébron, ont en
général soutenu le Hamas, tandis que le Fatah trouvait ses appuis dans des
zones plus urbanisées, comme Jéricho, Abu-Dis et Al-Azarieh [[Deux localités à l’est de Jérusalem, en fait les vastes faubourgs palestiniens de la ville dont ils sont aujourd’hui séparés par le Mur. Signalons encore celle de H’alh’oul dans les environs de Hébron, ou d’Azun, près de Tulkarem.]].

La plus notable des leçons de cette élection vient peut-être de ce que le Hamas a choisi d’y participer. Des porte-parole du groupe avaient déclaré par le passé qu’ils prendraient part aux élections locales, comme ils l’ont toujours fait pour les élections syndicales et étudiantes, dans la mesure où elles n’ont rien à voir avec les accords d’Oslo.

Quoi qu’il en soit, à en juger par la dernière crise entre lui et l’Autorité palestinienne, le Hamas adopte progressivement les caractéristiques d’un parti politique organisé fonctionnant selon les critères imposés par la direction palestinienne. Il est donc tout à fait possible qu’il prenne part aux élections législatives prévues d’ici six mois.