Au terme de cette 24ème Knesset, et plus de trois ans après le 7 octobre, les Israéliens votent ce jour, et ils votent en masse. La participation atteint un record depuis 1973.
Il est difficile de dire à l’heure qu’il est quel en sera le résultat. Quand les bureaux de vote fermeront, il restera difficile d’en déterminer le résultat. Le chemin vers la constitution d’un gouvernement sioniste et démocratique sera complexe même si Eizenkot arrive en tête. Nous sommes donc inquiets car rien n’est joué. Mais nous pouvons espérer que cette forte mobilisation aboutisse à un nouveau « maapakh », le grand renversement vers la droite de 1977 après des décennies de mainmise travailliste. Cette fois un retour à la raison après deux décennies de règne de Netanyahou.
Le gouvernement que l’on espère voir advenir ne sera sans doute pas à même de résoudre les problèmes qui se dressent devant lui: la question de l’occupation, de la colonisation, l’intégration du secteur arabe israélien, la reprise des accords de normalisation d’Israël avec les pays arabes. Il lui faudra restaurer la diplomatie d’Israël, que le camp Netanyahou a sciemment négligée, s’imaginant qu’Israël pouvait vivre en autarcie.
Mais ainsi disait Rachel Goldberg, la mère de Hersh Goldberg-Polin, assassiné par le Hamas en août 2024 : il n’est pas permis de cesser d’espérer. Hope is mandatory.
Si l’opposition l’emporte, autour de Gadi Eizenkot, de Naftali Bennett, d’Avigdor Liberman et de Yaïr Golan, vers qui va notre préférence partisane, le changement redeviendra possible. La dérive illibérale s’arrêtera, les contre-pouvoirs, juridique, médiatique, seront préservés, les exemptions des devoirs de citoyens du secteur haredi questionnées, la colonisation figée, et la raison guidera ce gouvernement, et non plus une vision messianique d’un grand Israël comptable de rien.
Alexandre Journo

