Nouvelles solutions au conflit israélo-palestinien

Á la veille de l’anniversaire controversé de la Déclaration Balfour, Shaul Ariéli revient sur l’histoire proche-orientale où son empreinte reste palpable.

«  Washington doit poser un cadre précis de négociations qui fasse place aux interprétations des deux peuples de la justice et de l’équité », prescrit l’auteur en quête d’une solution —  la seule à son sens et au nôtre possible : “2 Peuples-2 États”.


Ha’Aretz, le 4 octobre 2017 (largement repris dans le reste de la presse le lendemain)

Trad. de l’anglais par Camille Gelb & Tal Aronzon (depuis l’hébreu) pour LPM

Révision, chape, notes & annexe, Tal Aronzon pour LPM


L’article de Shaul Arieli

Jared Kushner, le gendre juif du président des États-Unis Donald Trump et son émissaire au Moyen-Orient, s’est interrogé sur la capacité de ce dernier à trouver une solution au conflit israélo-palestinien. C’est en juin 2017, un siècle après le début du conflit et la déclaration Balfour (novembre 1917), que Kushner a spécifié  : « Vous devez comprendre ce qu’il ont fait alors » ; avant de se demander « comment cela peut-il nous mener vers la paix ? Nous ne voulons pas de leçon d’histoire. Nous lisons les journaux. Trouver une solution à cette situation est ce sur quoi nous devons nous concentrer » .

D’une certaine manière les propos de Kushner sont positifs. Pendant les cent ans qu’a duré le conflit, nous avons appris qu’il ne peut être résolu par la création d’un narratif commun aux deux camps [1] qui constituerait la base d’une réconciliation. Il est vrai que chaque côté nourrit un roman à l’impact juridique, politique et historique – mais celui-ci entre en conflit avec le narratif de l’autre. Le potentiel de résolution du conflit réside en un compromis conforme aux intérêts fondamentaux des parties, tels que définis par les critères négociés à Annapolis en 2008 [2].

Kushner et les autres doivent comprendre qu’un tel compromis ne peut contredire les récits des deux camps, et encore moins les ignorer. Ceux-ci servent à sensibiliser le public et à créer les conditions psychologiques nécessaires pour admettre le douloureux prix à payer. Les deux récits devraient se voir conférer une existence mystérieuse à l’nterprétation souple, mais sans qu’en découlent des implications pratiques. À cette fin, M. Kushner doit reconnaître et comprendre la nature particulière du conflit israélo-palestinien, ainsi que les solutions uniques requises pour le résoudre.

Tous les conflits internationaux ont leurs caractéristiques propres, mais il semble que le conflit israélo-palestinien soit unique dans l’histoire depuis le Printemps des Peuples [3]. Le fait qu’il s’agisse de l’un des plus longs conflits de l’histoire ainsi que la complexité des solutions avancées dans l’Accord Permanent s’expliquent par des éléments multiples et variés.

Le fondement en droit C’est lors du premier Congrès sioniste à Bâle en 1897 que fut adoptée dans le programme du même nom la disposition formulée par Max Nordau selon laquelle « le sionisme vise à établir pour le peuple juif sur la terre d’Israël une patrie publiquement et légalement reconnue. »

Jamais engagement d’une telle ampleur n’avait été pris par un jeune mouvement. Le Congrès s’accorda sur ceci : le droit de mettre en pratique le principe de l’auto-détermination du peuple juif dans sa patrie viendrait de la communauté internationale.

Les dirigeants avaient compris que la façon dont le peuple juif exercerait son droit à l’autodétermination serait hors norme, parce que la tragédie juive vieille de 2 000 ans était hors norme. Ils n’imaginaient pas que cette anomalie affaiblirait la justification morale de ce droit. Aussi un demi-siècle plus tard, lors de la proclamation de l’Indépendance le 14 mai 1947, David Ben-Gourion s’empressa-t-il de souligner que l’État d’Israël avait été fondé « sur la base d’une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies ».

La déclaration Balfour Selon les principes impérialistes alors en vigueur voulant que n’importe quel État puisse entrer en guerre et envahir le pays de son choix, puis décider de son sort, la déclaration Balfour a force légale. « L’importance de la déclaration repose tout d’abord et surtout », statuait en 1979 Edward Saïd, membre du Conseil national palestinien, « sur le fait qu’elle fut le fondement juridique des exigences sionistes en Palestine ».

La déclaration fut adressée au peuple juif, qui n’habitait pas le pays à l’époque. C’est pourquoi les Juifs la considèrent politiquement comme de première force à l’appui de leur revendication d’une patrie ; les Palestiniens, pour leur part, y voient le point de départ du conflit et de la colonisation dont ils sont l’objet.

On peut ainsi lire dans la Charte nationale palestinienne de 1964 : « Le Conseil constate que l’agression contre la oumah [4] et sa terre commença en 1917 ». Une stance inchangée du narratif palestinien à laquelle le président Ma’hmoud Abbas se tint, évoquant le jeudi 22 septembre 2016 à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies « les cent ans écoulés depuis l’indigne déclaration Balfour dont le mandat britannique fit sa politique, prenant des mesures qui infligèrent les atteintes les plus  graves à un peuple en quête de paix sur sa terre » [5].

Un mandat très spécial Le mandat sur la “Palestine-Terre d’Israël”, établi à la conférence de San Remo en avril 1920 et adopté par la Société des Nations en août 1922, spécifie que la charge britannique est de « créer dans le pays les conditions politiques, administratives et économiques qui garantissent l’édification du foyer national juif ». Ce qui sortait totalement de l’ordinaire, et constituait un troisième facteur de privilège exceptionnel dans ce conflit.

Sous la direction du président Woodrow Wilson, l’idéal d’auto-détermination remplaça les principes impérialistes et la règle fut adoptée qu’un « pays appartient à ses habitants et non à ses occupants ». Mais alors que ce fut le cas dans des territoires conquis par des empires durant la Première guerre mondiale, le seul endroit où cela n’eut pas lieu fut la Palestine [6].

En 1947, la Commission spéciale des Nations unies pour la Palestine [7] expliqua « que le principe d’auto-détermination ne [s’y] appliquait pas quand le Mandat fut établi en 1922, en raison de la volonté de permettre l’établissement du foyer national juif ». Les Arabes, qui constituaient alors 90% de la population du pays, devraient se contenter d’une égalité des droits civils et religieux dans l’État qui serait érigé pour le peuple juif éparpillé dans le monde.

La détermination démographique Le rapport démographique en terre d’Israël au moment de la déclaration Balfour et de la mise en place du mandat était de 9 Arabes pour 1 Juif – situation sans précédent qui constituait un énorme défi sur la voie de la fondation d’un État démocratique juif. À la différence du mode de fixation des frontières après la Première guerre mondiale, les peuples restant sur place tandis que de nouvelles limites s’érigeaient alentour, c’est ainsi que dans l’occurence juive il fallut conduire en terre d’Israël le peuple éparpillé dans le monde.

Ze’ev Jabotinsky [8] décrivit ainsi les choses à l’Assemblée de la terre d’Israël [9] en 1919 : « Dans les autres pays, l’endroit où l’ensemble du peuple vit va de soi.  C’est le principe. Mais non dans le nôtre, qui est de ce point de vue une terre “a-normale” ; Ses citoyens se trouvent à l’extérieur des frontières du territoire. »

À cela s’ajoute le fait que le pays où le peuple juif fut amené n’était pas inhabité. A’had HaÂm [10]  soulignait dès 1891 que « nous sommes habitués à croire à l’étranger que la terre d’Israël est aujourd’hui complètement déserte. Mais la vérité est quil n’est rien de tel ». Les habitants de ce pays nourrissaient des aspirations nationales différentes de celles du mouvement sioniste.

Un territoire réduit Les frontières de la Palestine mandataire telles que dessinées en fin de compte en 1922 différaient de celles dont on avait parlé durant les sessions de la conférence de la paix à Versailles en février 1919 [11]. Les délégués y avaient présenté la proposition de la Histadrouth sioniste [12] qui incluait des portions du Liban, de la Syrie, de la Jordanie et de l’Égypte actuelles, soit un périmètre de 45 000 km2.

Mais en fin de compte la mise en place des frontières politiques de l’État d’Israël autour d’un périmètre de 27 000 km2, le reste devant être réparti entre les territoires des ensembles adjacents, fut le résultat des desseins des puissances victorieuses, la Grande-Bretagne et la France.

La moitié de la péninsule du Sinaï fut pleinement donnée à lÉgypte sur la base des principes administratifs adoptés en 1906 ; le territoire à l’est du Jourdain fut accordé à la famille hachémite par les Britanniques qui tenaient ainsi en partie les promesses faites à Hussein Ibn Ali en 1915 ; et la ligne-frontière avec la Syrie et le Liban fut quant à elle tracée en fonction des intérêts français.

L’émergence d’un peuple Autre particularité, le peuple palestinien s’est créé presque de lui-même, à l’instar des autres peuples arabes qui se sont formés dans la sphère de l’Empire ottoman. Dans le rapport du Comité de partition de 1947, on peut lire que « la volonté du peuple arabe de Palestine d’assurer son existence nationale est parfaitement naturelle. Mais le nationalisme palestinien, à la différence du nationalisme arabe, est en ce qui le concerne un phénomène relativement récent ». Jusqu’à la fin du 19 ème siècle, les habitants arabes du pays n’usaient pas du nom de Palestine pour désigner leur territoire national ; ils se sentaient en effet inclus au sein de la “Grande Syrie”, dans la partie sud de cet espace qui comprend aujourd’hui la Syrie, le Liban, Israël et la Jordanie. Lors du premier Congrès national arabe, à Jaffa en janvier 1919, les Arabes du pays s’affirmèrent part de la Grande Syrie.

Lors du partage des mandats à la Conférence de San Remo en avril 1920, il est devenu clair aux yeux du monde arabe que la Grande-Bretagne n’avait pas la moindre intention de tenir sa promesse envers Hussein Ben Ali de fonder un royaume arabe. La France, qui avait reçu mandat sur la Syrie, avait chassé Fayçal de son trône à Damas au cours de la bataille de Khan Maysaloun [13] en juillet 1920. Ces évènements firent obstacle au développement du rêve pan-arabe et conduisirent les Arabes du pays à centrer leurs attentes politiques en Palestine-Israël.

Lors du troisième Congrès national arabe, en décembre 1920, ils commencèrent à se désigner comme le Comité exécutif arabe-palestinien et demandèrent la formation d’un gouvernement indigène. Au quatrième Congrès, en mai 1921, ils s’identifiaient d’ores et déjà comme “le peuple arabe de Palestine”. Le mouvement national des Arabes de Palestine-Israël prit rapidement de l’ampleur, culminant avec la révolte arabe de 1936-1939 et la formation du Haut-Comité arabe sous l’autorité du mufti Amin al-Husseini.

Le Livre blanc sur la Palestine Une autre particularité est liée à l’interprétation étroite que les Britanniques donnèrent du libellé du mandat qui leur fut conféré à la conférence de San Remo sur un territoire comprenant Israël et la Jordanie d’aujourd’hui (environ 130 000 km2). Dotés d’une longue expérience impériale, ils s’empressèrent de promettre en 1917, dans la déclaration Balfour, de créer un foyer national pour les Juifs en “Palestine”. C’est-à-dire sur une partie de la terre d’Israël, et non sa totalité. Par la suite, après que la France eut renversé Fayçal, Winston Churchill se hâta de proclamer à la conférence du Caire en mars 1921 l’attribution de la rive orientale du Jourdain (environ 91 000 km2) à l’émir Abdallah (Fayçal ayant reçu l’Iraq).

En juin 1922, afin d’assurer l’application de cette décision politique, Churchill publia un premier Livre blanc où fut ajouté un élément insistant pour que « dans les régions s’étendant entre le Jourdain et la frontière orientale de la Palestine, l’administration ait autorité afin de prévenir ou reporter l’application de cette clause ». Dès l’adoption du mandat britannique sur la Palestine par la Société des Nations, en août 1922, le mouvement sioniste réuni au congrès de Carlsbad l’entérina ainsi que le Livre blanc. Cela, cependant, ne se fit qu’au prix de longues et difficiles consultations avec le gouvernement britannique et le haut commissaire nommé en Palestine, sir Herbert Samuel – « et pas d’un cœur léger », écrit ‘Haïm Weizmann [14]. Même Zé’ev Jabotinsky parut [d’abord] laisser faire – mais répondant aux questions de la presse après sa démission de l’organisation sioniste, il précisa : « Je ne  partage pas vraiment la responsabilité prise par l’exécutif londonien de ratifier le Livre blanc. » Et en septembre 1922 le mandat britannique fut mis en place par le Haut-Commissaire pour la Palestine, Herbert Samuel [15], après qu’il eut exclu de l’application de la déclaration Balfour la partie du pays situé à l’est du Jourdain et y eut établi un émirat de Jordanie orientale.

À la suite de la révolution arabe de 1936, la commission Peel [16] publia en juillet 1937 ses recommandations pour la partition de la Palestine-Israël, déclarant qu’on assistait à une « lutte entre deux mouvements nationaux dont les demandes ont un sens et ne sauraient être conciliées » autrement. Une nouvelle fois, l’application de la déclaration Balfour fut restreinte jusqu’à ne plus concerner que quelque 17 % des terres entre Jourdain et Méditerranée seulement. Soulignons que le reste du territoire, hormis quelques parcelles dans la région de Jérusalem et un corridor vers  Jaffa restant sous mandat, irait à l’émir Abdallah et non à un État palestinien indépendant. Les Britanniques, qui désespéraient de pouvoir trouver une solution au différend entre les peuples du pays, n’ont finalement pas appliqué les termes du mandat et n’ont pas établi un foyer national juif sur la terre d’Israël. Fin février 1947, ils s’adressèrent à l’Onu, qui ordonna dans le cadre de la résolution du 29 novembre 1947, la fin du mandat et le départ des forces britanniques d’ici le 10 mai 1948 ; et valida le plan de partage, qui comprenait l’établissement d’un État juif sur 55 % des terres du pays.

La reconnaissance des Arabes Malgré la lutte à la vie à la mort dans laquelle il était engagé avec le mouvement national palestinien, le mouvement sioniste fut parmi les premiers à reconnaître que les Arabes du pays devaient jouir du droit à l’auto-détermination dans le cadre du partage du territoire. 

Dans un discours prononcé en 1924 à Ein ‘Harod, David Ben-Gourion affirma qu’il faut « bien entendu ancrer dans le pays le droit des Arabes à l’auto-détermination, à un gouvernement indépendant. Il ne nous viendrait pas à l’esprit de les en priver, ou de le mésestimer. »

En février 1947, après des délibérations sur le futur d’Israël à Londres, Ben-Gourion envoya au ministre des Affaires étrangères britannique, Ernest Bowen, une missive demandant un partage entre deux États indépendants : « Le seul arrangement possible dans l’immédiat, et dans lequel une chance d’en finir existe, réside en la fondation de deux États indépendants, l’un juif et l’autre arabe », écrivait-il.

L‘absence de frontières L’État d’Israël n’a jamais proclamé ses frontières. Ni dans sa déclaration d’Indépendance le 14 mai 1948, ni en 70 ans d’existence.

Parmi les Arabes, cela est perçu comme une stratégie d’expansion permanente à leurs dépens. Par exemple, lors des délibérations du Conseil de Sécurité des Nations unies, en avril 1948, le délégué du Haut Comité arabe, Jamal al-Husseini [18], déclara que « le représentant de l’Agence juive a dit hier ne pas être l’agresseur. Les Arabes sont ceux qui ont ouvert les hostilités […] De fait, nous ne le nions pas […] Nous avons fait savoir au monde […] que nous ne sommes pas d’accord pour réduire la Palestine et la partager […] et nous comptons donc nous battre là contre ».

La décision de ne pas avaliser de frontières fut un choix conscient du gouvernement israélien, comme l’exposa David Ben-Gourion à l’Assemblée du peuple en mai 1948 : « Nous avons décidé d’éluder (je choisis délibérément ce terme) cette question pour une raison simple – si l’Onu met en pratique sa résolution, alors nous, de notre côté (je me fais là l’interprète de l’opinion publique), respecterons pleinement ses décisions. Jusqu’à présent, l’Onu n’a rien fait de tel … Par conséquent rien ne nous engage et nous avons laissé la question pendante. Nous n’avons pas dit “non aux frontières de l’Onu”, pas plus que nous n’avons dit le contraire. C’est resté matière à évolution. »

La ligne verte En règle générale, les frontières de l’État d’Israël reconnues par la communauté internationale correspondent aux limites de l’armistice de 1949, connues sous le nom de Ligne verte (ou “de juin 1967”). Elles assurent à Israël 78 % des terres de la Palestine-Terre d’Israël. À la fin de la guerre d’Indépendance, le ministère de la Défense publia des décrets faisant s’appliquer la loi, l’administration et le droit israéliens dans les terres conquises au-delà [des limites] de la résolution de partition [des Nations unies].

Malgré le point de la Charte des Nations Unies interdisant la prise de territoires par la force [18], la résolution 242 de novembre 1967 du Conseil de Sécurité donna de facto son blanc-seing aux conquêtes israéliennes de la guerre d’indépendance. Ladite résolution n’ordonnait le retrait d’Israël que des territoires occupés pendant la guerre des Six Jours, reconnaissant ainsi sans le moindre accord [entre les belligérants] la souveraineté d’Israël sur 23 des 100 territoires faisant partie du pays sous mandat outre ceux inclus dans le plan de partition. Cette décision prit un caractère officiel avec l’avis de la cour internationale de Justice de la Haye rendu en juin 2004, les juges y soulignant le statut de territoire occupé de la Cisjordanie et de la bande de Gaza [seules].

Cette reconnaissance [de la souveraineté d’Israël sur les territoires pris pendant la guerre d’Indépendance hors plan de partition] obtint une fois de plus de l’aval officiel de l’Assemblée générale des Nations unies lorsqu’elle vota par une majorité de 138 États l’accueil en son sein en qualité d’observateur de la Palestine, délimitée par les lignes de 1967.

L’insécuritéUne autre particularité du conflit a trait au fait qu’Israël – la puissance régionale aujourd’hui la plus forte du Proche-Orient, et qui voit l’équilibre des forces entre elle et le monde arabe qui l’entoure n’évoluer qu’à son avantage – persiste à élever la question de la sécurité au rang de facteur principal de la mise en œuvre de la solution à 2 États,

Les exigences israéliennes que l’État palestinien soit démilitarisé, privé d’armements lourds et qu’il lui soit interdit de contracter des alliances avec des pays et des organisations hostiles à Israël, de collaborer avec la Jordanie et l’Égypte en matière de sécurité du territoire et de laisser stationner des forces internationales en Palestine reflète cette singularité.

La loi du retour L’exigence d’une partie des Palestiniens d’exercer un droit au retour à l’intérieur [des frontières] de  l’État d’Israël, même de façon symbolique, constitue elle-aussi une spécificité.

La solution proposée à la question des réfugiés palestiniens, laquelle leur permet de retourner  en Palestine, est mal accueillie par une partie d’entre eux ; fait sans précédent, ils demandent à retourner justement en Israël. Au contraire de tous les réfugiés du monde, ils demandent à ce que leur retour se fasse dans un autre État que le leur.

De leur point de vue, le retour s’entend comme un retour à leurs villages – même situés dans un autre État et même s’il leur est loisible de revenir ailleurs dans leur patrie et leur pays. .

L’exigence israélienne d’une reconnaissance par les PalestiniensUn élément important, et nouveau, des demandes israéliennes est la légitimation d’Israël par les Palestiniens en tant qu’État national du peuple juif. Israël est le seul pays au monde qui demande la reconnaissance non seulement de sa souveraineté, mais encore de son identité.

La validation par l’OLP de la résolution 181 de novembre 1988 reconnaissant le droit à l’existence d’Israël dans des frontières reconnues et sûres selon les résolutions 242 et 338 de l’ONU [19], telle que donnée en 1993, n’avait pas suffi à satisfaire Israël.

La combinaison des intérêts Une spécificité [de ce conflit] est la conscience répandue des deux côtés qu’il ”n’y a pas le choix” [20], il faut parvenir à un accord. En d’autres termes, chacune des parties est prête à faire des concessions – découlant de la compréhension que veiller à l’accomplissement de son intérêt national propre suppose que l’autre côté veille lui aussi au sien.

Il n’est pas question de paix, ni de reconnaissance sincère du droit de l’autre à l’autodétermination en terre d’Israël/Palestine, mais d’un appel austère du réel lié aux intérêts [nationaux réciproques] : Dans le cas d’Israël, l’idéal sioniste d’un État démocratique pour le peuple juif ;  dans le cas des Palestiniens, l’établissement d’un État indépendant pour le peuple palestinien.

Par conséquent, un compromis s’impose dans lequel chacune des parties obtiendrait la moitié de ce qu’elle désire passionnément.

Les questions essentielles Chacun des quatre problèmes fondamentaux requiert souplesse et créativité pour régler le dissentiment entre les positions de départ des deux parties. L’un d’eux est la position de principe palestinienne sur trois points (la sécurité, les frontières et Jérusalem) : Elle appelle au retrait d’Israël sur les lignes de 1967 en application de la résolution 242, en échange de la renonciation à récupérer 1a totalité des territoires de la patrie palestinienne ; comme Ma’hmoud Abbas l’expliquait dans une interview d’avril 2008 sur la chaîne Al-Arabia« l’occasion du partage de 1947 a été ratée […] Nous ne voulons pas en perdre une autre. Par conséquent, nous avons accepté la partition de 1948 à 1967, qui n’inclut pas plus de 22 % de la Palestine historique ».

  • Pour leur part, les Israéliens demandent que soient assurés les besoins de sécurité d’Israël, qui découlent de l’instabilité de l’ensemble de la région et de la topographie – laquelle donne à la Cisjordanie le contrôle des côtes de l’État juif faute de profondeur stratégique. Cette question se résoudra par l’idée de démilitariser l’État palestinien, ce qui en fera le second État du monde (après le Costa-Rica) ayant renoncé aux droits à lui impartis par le droit international de lever des troupes pour défendre sa souveraineté et de prendre des arrangements de sécurité autres.
  • En ce qui concerne les frontières, Israël demande à éviter d’évacuer 600 000 Israéliens installés au-delà de la ligne verte (y compris à Jérusalem-Est). La solution se trouve dans l’exemple des échanges de territoires mutuellement agréés, qui permettront à Israël de garder la plupart des colons sous sa souveraineté et aux Palestiniens d’obtenir en compensation des territoires à l’intérieur des limites d’Israël.
  • L’intérêt de l’État juif quant à Jérusalem se focalise sur les lieux saints au-delà de la ligne verte. Deux solutions attendent sur la table des négociations : L’une est un partage de souveraineté dans le cadre duquel Israël inclurait le mur des Lamentations, le quartier juif, la moitié du quartier arménien, et les restes du mont Sion ; la seconde est l’internationalisation du secteur historique – les lieux saints passeraient sous administration internationale dans le respect de la liberté d’opinion et de culte, dont les modalités d’exercice seraient fixées par Israël et la Palestine. Les deux solutions préservent le statu quo administratif des lieux saints.
  • La question des réfugiés tient son acuité de la contradiction entre leur droit personnel à revenir chez eux et la menace démographique qui pèse sur l’identité juive de l’État d’Israël. La solution est triple :  l’élaboration d´une version commune du narratif  la concernant ; la mobilisation et la distribution par un organisme international de diverses indemnités (la contribution israélienne serait limitée et unique) ; l’intégration des réfugiés sur l’ensemble du territoire de la Palestine, que ce soit là où ils habitent à présent ou qu’ils reviennent dans un pays tiers (parmi lesquels Israël) en fonction de leur décision propre.

L’intervention de tout arbitre, américain ou autre, ainsi que la singularité du conflit et des solutions trouvées pour régler les principaux problèmes peuvent prévenir l’échec, le désespoir, la frustration, et un nouveau cycle de violences entre les camps – avant qu’ils ne redécouvrent les leçons de l’histoire. À lui d’assurer un cadre clair et détaillé à la conduite des négociations, et même de donner place aux narratifs qui forgent la conscience nationale de chaque côté et aux sentiments subjectifs de justice et d’honnêteté de l’accord conclu.

La conjonction des choses peut garantir l’engagement des parties à mener des négociationsratifier l’accord, le mettre en œuvre et agir avec determination pour qu’il dure.

Notes

[1] Narratif : mythe fondateur d’un clan ou d’un peuple, seul représentant à l’entendre de l’humanité.

[2] La conférence d’Annapolis (dans le Maryland), s’ouvre sous l’égide du président Bush le 27 novembre 2007 à l’Académie navale des États-Unis, dans l’idée de relancer le processus de paix. Ma’hmoud Abbas et Ehud Olmert y signent une déclaration soutenant la solution à deux États et posant le calendrier des négociations bilatérales qui devra se conclure par la signature d’un traité de paix avant la fin de 2008. Lequel établira la Palestine « comme un foyer national pour le peuple palestinien » tout comme Israël est celui du peuple juif. Devenu Premier ministre à la suite de l’attaque cérébrale qui a mis Ariel Sharon en incapacité de gouverner, Ehud Olmert est fragilisé par des accusations de corruption qui finiront par sa démission le 31 mars 2009. Il est remplacé par Binyamin Nétanyahou, paralysant dès lors de mandat en mandat le processus de paix.

[3] 1848, le Printemps des Peuples : Face aux tentatives de l’Autriche-Hongrie, la Prusse, la papauté, la Russie des Tsars et autres empires d’imposer une chape de plomb aux idées révolutionnaires, voire simplement libérales, une vague de révoltes secoue l’Europe de la France à la Pologne ou l’Italie, etc.

[4] Oumah : “patrie”, ou littéralement ”matrie”.

[5] Ma’hmoud Abbas, confronté au blocage du processus de paix initié à Oslo, à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies.

[6] Dite “mandataire” — Sous mandat britannique en l’occurence, confié par la Société des Nations. Fondée à grand peine au lendemain de la Premiere guerre mondiale par le président américain Woodrow Wilson, qui convainc à Versailles l’ensemble des Nations… mais est vite désavoué à son retour par une Amérique isolationniste. On comprend, dans ces conditions, que les principes d’autodétermination qui lui sont chers aient quelque peine à s’imposer.

[7] L’Unscop, la Commission spéciale des Nations unies pour la Palestine élabore un plan de partage de la Palestine en trois États, l’un juif, l’autre arabe, Jérusalem restant sous contrôle international, plan approuvé par l’Assemblée générale de l’ONU le 29 novembre 1947.

[8] Ze’ev Vladimir Jabotinsky, né en Ukraine en 1880 et mort début août 1940, fonde durant la Première guerre mondiale en Palestine, où il vit désormais, la Légion juive. Il crée en 1925 le parti “révisionniste”, qui réclame un État juif sur les deux rives du Jourdain, intégrant ainsi l’actuelle Jordanie à la patrie juive  En opposition avec la gauche qui domine alors le mouvement sioniste sous la poigne résolue de David Ben-Gourion, lui et son parti quittent l’Organisation sioniste mondiale en 1935. Il sera le principal inspirateur politique de l’organisation combattante clandestine sioniste, l’Irgoun.

[9] L’Assemblée de la Terre d’Israël, la Knesseth Israël, qui reprend le nom et le nombre de membres (120) de la Knesseth HaGuedolah, le conseil juif représentatif mis en place à Jérusalem au Ve siècle avant l’ère commune par Ezra et Néhémia.

[10] A’had HaÂm (Un du Peuple) né en 1856 à Kiev alors dominé par la Russie, Asher Hirsh Ginsberg comprend vite qu’il n’est pas d’avenir pour les Juifs en Europe orientale. Écrivain en langue hébraïque, penseur et philosophe, il appelle à la libération du peuple par la création d’un centre spirituel sur la Terre d’Israël — il ne croit pas que l’on puisse y ramener l’ensemble du peuple et s’oppose au sionisme politique de Théodore Herzl. Il fonde les Amants de Sion, voués à la renaissance du peuple juif – qu’il craint de voir englouti par l’assimilation. La création d’un centre spirituel juif en Eretz Israël réservé à une élite intellectuelle et spirituelle peut seule préserver le judaïsme.  Installé à Tel-Aviv depuis 1922, il y meurt en 1927.

[11] Réunie en février 1919 sous les ors et les glaces du Roi-Soleil, la Conférence de la paix met un terme officiel à la Première guerre mondiale, consacrant la victoire des alliés. Écrasé, Berlin se verra imposer des réparations qui mèneront droit à la Deuxième guerre mondiale ; tandis que les vainqueurs se partagent, entre autres, les débris de l’Empire ottoman.

[12] Sous l’impulsion de David Ben-Gourion et de l’écrivain Yossef Haïm Brenner, la Histadrouth haKlalith shel haÔvdim beÉretz-Israël   (Organisation générale des travailleurs sur la Terre d’Israël) fut créée en décembre 1920 à Haïfa. Organisation des travailleurs juifs du pays, elle a pour objectif de favoriser l’installation des nouveaux arrivants en procurant à ses membres emploi, sécurité sociale, formation et éducation : de les fédérer et de les défendre auprès des employeurs  ; et de favoriser l’emploi d’une main-d’œuvre juive par rapport à la main d’œuvre arabe bon marché. Elle joue ainsi le rôle de précurseur de l’État.

[13] La bataille de Khan Mayssaloun, une vallée dans les montagnes de l’anti-Liban à environ 25 km à l’ouest de Damas, vit en juillet 1920 la victoire de l’armée française du Levant sur les forces du roi Fayçal, préfigurant la chute de la capitale syrienne.

[14] Né le 27 novembre 1874 dans un village proche de Pinsk (Biélorussie), ‘Haïm Weizmann, diplômé de chimie à Fribourg au tournant du siècle, enseigne d’abord à l’université de Genève. Rallié au sionisme dés le premier congrès de Bâle, en août 1897, il milite pour un mouvement “pratique” qui sauvera le judaïsme en passe de se fondre dans l’assimilation.

Recruté par l’université de Manchester en 1904, et devenu sujet britannique, il s’investit dans l’effort de guerre durant la Première Guerre mondiale et met au point un mécanisme de fermentation bactérienne qui démultiplie la production d’acétone – donc de la cordite fourrant les obus de la Royal Navy. À titre de remerciement, Lloyd George lui promet l’appui britannique à la création d’un État pour les Juifs ; et il est invité à formuler avec sir Arthur Balfour, premier Lord de l’Amirauté, la célèbre déclaration  favorable à l’établissement d’un « foyer national juif » en Palestine / Éretz Israël. Début 1919, il signe avec l’émir Fayçal ibn Hussein, futur roi d’Irak, un accord régissant les relations entre Juifs et Arabes au Proche-Orient, puis affirme :« Nous demandons à nous installer en Palestine et, quand nous serons la majorité, nous en réclamerons le gouvernement. »

À la tête de l’Organisation sioniste mondiale à partir de 1920, il créé le parti des sionistes généraux, libéral et modéré, dont la droite israélienne traditionnelle est l’héritière. Face aux dangers qui se profilent en Europe, il fonde avec Albert Einstein l’Agence juive pour Israël et tente de convaincre les responsables européens de s’opposer à l’Allemagne nationale-socialiste. En 1934, il fonde à Rehovoth un institut pour les sciences exactes et naturelles qui porte aujourd’hui son nom. Centre de recherches multidisciplinaires où lui-même a poursuivi ses travaux et université de 3e cycle, l’institut est à l’origine de nombreuses découvertes et a formé plusieurs futurs prix Nobel..

Au lendemain de la Deuxième guerre mondiale, il obtient du président Harry Truman le soutien des États-Unis à l’établissement d’un État juif en Palestine / Éretz Israël – suit la déclaration d’Indépendance et son élection par la première Knesseth, le 17 février 1949, comme président du jeune État. Il meurt à Rehovoth le 9 novembre 1952 et est enterré sur le campus de l’Institut, où un mémorial a été dressé. Sa maison, dans ces mêmes jardins, est ouverte aux visiteurs qui peuvent y voir – outre le lieu où il passa les dernières années de sa vie et des souvenirs personnels – des témoignages de cette période cruciale pour Israël et le Proche-Orient.

[15] Né à Liverpool en 1870 dans une famille juive, statisticien et haut fonctionnaire, Herbert Samuel devient ministre des Postes, puis de l’Intérieur pendant la Première guerre mondiale. Membre du Congrès sioniste, il use de son influence pour que soit reconnu le droit des Juifs à un État et soutient ‘Haïm Weizmann dans les tractations qui aboutiront à la formulation de la déclaration Balfour.

En 1920, il est nommé Haut-Commissaire en Palestine, alors sous mandat britannique, Mais la joie suscitée par sa nomination ne dure guère : Samuel a les mains liées tandis que la politique de son gouvernement fluctue au gré de l’opposition arabe, voire des émeutes menées par Amin al-Husseini nommé à la même époque mufti de Jérusalem. Herbert Samuel se contente donc de mettre au service de ses idées son talent d’administrateur, montant en cette période de forte immigration juive les infrastructures éducatives et médicales du futur pays.

Rappelé en Angleterre en 1925, il dirige le parti libéral aux Communes puis, fait vicomte en 1937, à la chambre des Lords ; il participe à la création de l’Agence juive et aux campagnes d’aide aux Juifs d’Allemagne. Il meurt à Londres en 1963. Le quartier de Kiryath Shmuel à Tibériade et l’A’huzath Herbert Samuel sur le mont Carmel rappellent aujourd’hui son souvenir.

[16] En novembre 1937, à la suite des événements de l’année précédente, une commission royale nommée afin d’élucider les causes de la révolte arabe débarque en Palestine sous la direction de lord William Peel. Elle y reste deux mois, et rend finalement en juillet un rapport qui préconise un plan de partage – le premier comme on sait d’une longue série.

[17]   Jamal al-‘Husayni naît à Jérusalem en 1894 au sein de la puissante famille ‘Husayni. Cet élève très occidentalisé de la Church of England school, St Georges entame en 1912 des études de médecine que la déclenchement de la Première Guerre mondiale lui fait abandonner deux ans plus tard. Ses positions vis-à-vis de la domination stamboulite fluctuent, au gré d’une prise de conscience palestino-arabe et des changements intervenus au sortir de la guerre tant sur le terrain que sur la scène internationale.

Traducteur et avocat, il assume à Jérusalem de 1921 à 1934 les fonctions de secrétaire général du comité exécutif du Palestine Arab Congress et du Conseil supérieur musulman, puis fonde et préside le Palestine Arab Party en 1935 avant d’adhérer en 1937 au Haut Comité arabe de son cousin Amin al-Husayni. Il plaide alors pour une dispersion des Juifs dans un monde arabe indépendant fédéré et entretient des contacts avec Judah Magnes, le président de l’université hébraïque de Jérusalem, édifiée sur le mont Scopus.

Dans le même esprit, il propose à l’Agence juive les structures d’un Conseil législatif à deux chambres dont une élue sur laquelle le haut-commissaire aurait droit de veto et dont l’autre, de 10 membres sélectionnés sur une base communautaire, détiendrait deux membres seulement représentant les Juifs. L’immigration serait soumise aux décisions d’une commission. Enfin il dépose, sans succès, une requête afin que le nom d’Éretz Israël ne soit plus ajouté à celui de la Palestine sous forme de son abréviation (É”l).

Incorruptible, sa priorité est de limiter l’immigration juive et de mettre un terme aux ventes de terres aux organisations juives. En 1929, juste avant que n’éclatent les émeutes contre la présence sioniste au mur des Lamentations, il conduit la délégation arabe à la rencontre organisée par les Britanniques entre dirigeants arabes et représentants de l’Agence juive pour tenter l’apaisement. Et en octobre, une fois les pogroms passés, c’est lui qui de nouveau, en tant que secrétaire du Conseil supérieur musulman, mis en place par les Britanniques, mène une délégation à Londres. De même en 1937, à la fin de la grève générale arabe, tente-t-eil à l’aide du groupe Beyth Shalom d’ouvrir des pourparlers avec les sionistes américains.

De nombreuses conférences et tables-rondes s’ensuivent jusqu’à la veille de la Deuxième guerre mondiale – pendant laquelle ses alliances versatiles le font exiler par la puissance mandataire. Revenu ensuite en Palestine il reprend la lutte, assumant le rôle de délégué officieux aux Nations unies en 1947-48 ; et une fois l’Indépendance de l’État d’Israël proclamée, il travaille avec l’Égypte puis l’Arabie Saoudite – tentant jusqu’à sa mort en 1982, de changer la donne en Palestine–É”l.

[18] Les membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre lintégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations unies. Charte de l’Organisation des Nations unies, article 2, point 4

[19] Résolutions 181 (novembre 1988),  242 et 338 de l’ONU frontières dites de juin 1967 [Note en cours d’élaboration].

[20] L’auteur use ici de la locution familière, pour ne pas dire omniprésente dans la rue, les écoles et les foyers en Israël, “אין ברירה” (ein breirah), employée sans cesse pour tout et n’importe quoi.

Annexe

Dans cette lettre ouverte à sir James Rothschild, à la tête de la Fédération sioniste du Royaume Uni, le ministre des Affaires étrangères britannique énonçait :

Cher Lord Rothschild,

J’ai le plaisir de vous adresser, au nom du gouvernement de Sa Majesté, la déclaration ci-dessous de sympathie à l’égard des aspirations sionistes, déclaration soumise au cabinet et approuvée par lui.

Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civiques et religieux des collectivités non-juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les Juifs jouissent dans tout autre pays.

Je vous serais reconnaissant de bien vouloir porter cette déclaration à la connaissance de la Fédération sioniste.

Arthur James Balfour