Sondage : seuls 21% des colons seraient prêts à résister à une évacuation "par tous les moyens"

Thème : Colonisation, yesha Sondages

par Akiva Eldar

La crise politique entre les Etats-Unis et Israël a eu déjà deux mérites : celui d’avoir rappelé au monde et aux Israéliens, qui faisaient semblant de l’ignorer au nom d’un pseudo consensus national, que Jérusalem Est fait partie des territoires occupées et celui d’avoir secoué la classe politique israélienne trop habituée depuis des années à faire le dos rond face aux critiques internationales à propos de sa politique dans les territoires, certaine d’avoir la garantie du soutien américain. L’administration Obama, renforcée par le vote en faveur de la réforme de la santé aux Etats-Unis, semble ne plus se contenter de promesses mais veut un engagement précis du gouvernement israélien s’engageant à un gel de la construction aussi dans Jérusalem Est. Certes pour l’instant la trêve pascale atténue le débat politique en Israël, mais de plus en plus de voix s’élèvent contre les choix de Netanyahou qui mettent en danger les intérêts vitaux du pays. En pleine crise sur le nucléaire iranien, Israël ne peut pas s’aliéner le soutien de son allié stratégique américain. Seule une recomposition de la coalition gouvernementale avec une entrée de Kadima permettrait un tel changement de politique. C’est semble-t-il le vœu des Américains, mais pas encore dans l’agenda du Premier ministre israélien, ni celui de Tzipi Livni, la chef de l’opposition. La population perçoit, quant à elle, l’ampleur de la crise et connaît le prix à payer pour la résoudre. Un récent sondage l’interrogeant sur la position qu’elle adopterait dans le cas d’une décision du gouvernement d’évacuer les colonies montre un durcissement des colons mais aussi un plus large soutien auprès de son opinion publique en général.

Ha’aretz, 31 mars 2010

http://www.haaretz.com/hasen/spages...

Traduction : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

D’après un sondage récent réalisé par l’université Hébraïque de Jérusalem, seuls 21% des colons pensent que tous les moyens sont bons pour résister à l’évacuation de la majeure partie de la Cisjordanie, y compris l’usage des armes.

Cependant, il y a cinq ans, seuls 15% d’entre eux donnaient la même réponse En outre, 63% pensent que l’évacuation de colonies ne devra être effectuée qu’à la suite d’un référendum et non après une décision de la Knesset.

Cette étude, réalisée début mars par l’université, plus précisément par le Harry S. Truman Research Institute for the Advancement of Peace, montre que 54% des colons ne reconnaissent pas l’autorité du gouvernement israélien s’agissant de l’évacuation de colonies. En, 2005, ce chiffre était de 50%.

A la question de savoir s’ils accepteraient un démantèlement de colonies si un référendum recueillait l’approbation d’une majorité d’Israéliens juifs, 49% des colons ont répondu que non (46% il y a 5 ans). Le pourcentage des colons prêts à se soumettre aux injonctions rabbiniques qui leur demanderaient d’évacuer les colonies a légèrement diminué (de 72% en 2005 a 71% cette année).

Au sein de l’opinion publique en général, 72% des personnes interrogées accepteraient un ordre d’évacuation donné par le gouvernement. 67% soutiendraient ce même ordre s’il émanait de la Knesset, et 51% seraient pour un référendum.

Cette étude, supervisée par le professeur Yaakov Shamir, montre également que le soutien des colons pour l’évacuation de la plupart des colonies est tombé de 30 à 23% en 5 ans. En revanche, dans l’opinion publique israélienne, ce chiffre a légèrement augmenté, de 59 à 60%.

Bien qu’une majorité de Juifs israéliens soient en faveur d’un accord de retrait, seul un quart des personnes interrogées pense qu’un pareil accord aurait le soutien de la majorité.

Pour 52% des colons, il faut s’opposer à une décision gouvernementale consistant à évacuer la plupart des colonies (61% en 2005)

Cette étude a été effectuée par téléphone auprès d’un échantillon représentatif composé de 501 adultes en Israël proprement dit et de 506 colons adultes de Cisjordanie. L’étude a une marge d’erreur de 5%, en partie parce que celle de 2005 incluait des habitants des colonies de la bande de Gaza, qui vivent aujourd’hui en Israël.