Heurts entre l’Autorité palestinienne et le Hamas à Gaza

Thème : Politique et société palestiniennes

Ha’aretz
mis en ligne le 3 octobre 2005

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Ha’aretz, 3 octobre 2005

Trois Palestiniens ont été tués dimanche soir à Gaza au cours d’une série d’affrontements armés entre des militants du Hamas et des forces de l’Autorité palestinienne qui tentaient d’appliquer une récente interdiction d’arborer des armes en public. Ces échanges de tirs ont fait 47 blessés. Il s’agit des combats interpalestiniens les plus graves depuis le retrait israélien de Gaza.

Les affrontements ont commencé quand des officiers de police de l’Autorité palestinienne ont tenté d’arrêter un taxi qui transportait des membres du Hamas dans le quartier de Sheikh Ruwan, à Gaza. L’un d’entre eux, fils d’Abdel Aziz Rantissi, ancien leader du Hamas tué par une frappe aérienne israélienne, a refusé de se rendre. La police a commencé à tirer sur une foule en colère qui s’était amassée autour d’eux, provoquant ainsi un combat armé, rapporte le Hamas.

Les échanges de tirs se sont étendus à toute la ville de Gaza, et a impliqué plusieurs dizaines de participants. Il semble que des militants du Hamas aient tiré des grenades en direction d’un commissariat de l’Autorité palestinienne. Le Hamas et l’AP concentrent des forces à Gaza en prévision des combats à venir.

Les tensions entre la police palestinienne et le Hamas se sont aggravées ces derniers jours depuis l’annonce par l’AP que désormais elle interdisait les parades armées. Plusieurs porte-parole du Hamas ont déjà affirmé que le Hamas n’avait pas l’intention d’obéir à cet ordre, et les dirigeants du groupe islamiste ont accusé l’AP de tenter de détruire le Hamas.

Le chef de la police de l’Autorité palestinienne, A’alah Housni, a annoncé la semaine dernière qu’il ne serait plus toléré que des fusils soient portés en public par quiconque en dehors de la police officielle de l’AP. "Le rôle des fusils dans les rues est terminé. Ils doivent être mis de côté", a-t-il déclaré.

Mohammed Nazal, l’un des plus hauts dirigeants du mouvement, qui réside à Damas, a dit "qu’il existe un courant au sein de l’AP qui tente d’éradiquer le Hamas et qui prépare contre lui une attaque à grande échelle. Ils sont soutenus par Washington et par Londres, et leurs mains sont couvertes de sang palestinien. Le Hamas les affrontera, même aux prix d’une guerre civile".