Dans les rues d’Israël, le bleu défie l’orange

Thème : Retrait de Gaza Shalom Akhshav : action et influence Camp de la paix israélien

Jerusalem Post
mis en ligne le 22 juillet 2005

à l’orange de la droite, la gauche commence à répondre, par le bleu. Bataille un peu plus que symbolique : il s’agit d’affirmer sa présence et montrer que la majorité du peuple israélien peut faire entendre sa voix face à la gesticulation très médiatisée des anti-retrait

Jerusalem Post, 20 juillet 2005

Si la tactique qu’ont adoptée les militants anti-retrait ces derniers mois a suscité pas mal de controverses, une chose au moins est sûre : la campagne orange [anti-désengagement] s’est propagée dans le pays comme une traînée de poudre. On attache des rubans orange aux antennes des voitures, aux sacs, aux clôtures, aux poignets, et même aux poussettes et aux bouquets de mariées.

Contrairement aux sondages, qui indiquent invariablement qu’une majorité d’Israéliens soutient le retrait de la bande de Gaza, dans la rue, l’orange semble battre facilement le bleu (ou le bleu et blanc), la couleur des partisans du retrait.

Pour remédier à ce qu’on appelle "l’indifférence de la majorité silencieuse", le mouvement de gauche Coalition de la Majorité a décidé de lancer une campagne mercredi pour tenter de propager le bleu à travers le pays.

Mercredi, des militants pro-retrait se sont déployés sur quelque 200 carrefours routiers pour distribuer des rubans bleus et blancs.

"Pendant le mois qui vient [jusqu’au désengagement] nous avons l’intention de peindre le pays en bleu et blanc", a déclaré un militant à la radio. "Nous allons donner l’occasion aux citoyens qui regardent la télévision et se sentent en colère de s’emparer de la rue, eux aussi".

Pour le président de la Coalition de la Majorité, Gavri Bargil, l’objectif de cette campagne est de "s’assurer que la rue ne reste pas orange". Selon lui, "cela ne fait que trois semaines que nous avons commencé à distribuer des rubans bleus, et pourtant, nous en avons distribué plus de 800.000. Notre problème, c’est que nous manquons d’argent, la demande de rubans bleus dépasse notre capacité financière".

Des militants du Parti travailliste, de Yahad-Meretz, de Shomer Hatzaïr, du mouvement kibboutsique Artzi et de Shalom Akhshav (La Paix Maintenant) participent à cette distribution de rubans bleus.

Pour l’un de ces militants, "le problème essentiel d’Israël est le social. 20% des enfants vivent sous le seuil de la pauvreté, c’est là que l’argent doit aller. Il est scandaleux que près de 60 milliards de dollars aient été dépensés pour les colonies en Cisjordanie et dans la bande de Gaza".

Ironie du sort : Yariv Oppenheimer, le secrétaire général de Shalom Akhshav, s’est mobilisé pour distribuer des rubans bleus avant de se rendre dans les collines au sud de Hebron, où il est censé protéger deux colonies dans le cadre de son service militaire de réserve. "Nous avons du mal à nous mesurer aux provocations de la droite", dit-il. "Dès qu’il y a confrontation entre eux et la police, cela occupe la totalité du discours politique. La seule façon de gagner est de prouver que la majorité de l’opinion soutient le désengagement, et de lui permettre d’exprimer ses idées par des rubans et des autocollants. Pour nous, la juste chose à faire, c’est de donner à chaque soldat et à chaque policier le sentiment qu’ils ne sont pas seuls."