Un jour qui compte


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Kol Shalom – La voix de la paix

La newsletter des Amis Belges de Shalom Akhshav

Lettre n° 83


La nouvelle est tombee ce vendredi matin : Ariel Sharon a congedie les deux
ministres du parti de l’Union Nationale, Avigdor Liebermann et Benny Elon,
qui, montrant ainsi le cas qu’ils faisaient du Premier Ministre, ne
s’etaient pas rendus a la convocation a laquelle celui-ci les avait convies
ce vendredi des neuf heures .

Ce depart etait previsible ces derniers jours, comme on pourra le lire dans
l’article “Le Likoud proche d’un compromis sur le pan de retrait de Gaza”
que nous reprenons plus loin. En effet, Sharon tenant absolument faire
approuver son plan de desengagement lors la reunion du Cabinet de ce
dimanche, il lui fallait reduire le nombre d’opposants au sein du
gouvernement. Compte tenu de la position encore ambigue de Bibi Netanyahou
et de deux ministres du Likoud, il se peut d’ailleurs qu’a une voix pres, le
plan Sharon soit rejete.

Croisons-nous les doigts et esperons que, d’ici dimanche, le Premier aura su
rallier l’un ou l’autre de ces hesitants (faut-il dire : adversaires ou
rivaux, vous avez le choix). Nous l’esperons parce que quitter la Bande de
Gaza est pour Israel une necessite incontournable. Au risque de deplaire a
ceux qui, chez nous, s’affirment completement indifferents au sort des la
population arabes, il faut rappeler que les conditions de vie imposees
depuis tant d’annees a la population sont si miserables qu’elles ont fini
par aliener a Israel les Palestiniens les plus accessibles a l’idee de la
coexistence. Qui mesurera l’effet des dernieres destructions massives sur
ces populations et aussi sur l’opinion publique internationale ? Qui
consolera les familles endeuillees qui, en Israel, pleurent leurs fils tues
pour rien du tout, pour une demonstration de force dans un territoire dont
Sharon lui-meme avait annonce qu’il fallait en sortir.

Le sens de la justice, sans lequel Israel serait un Etat depourvu d’ame et
d’interet, le sens de l’efficacite politique aussi, nous amenent a soutenir
le plan de desengagement. En priant (facon de parler, il y a pas mal de
laiques – mais tolerants- parmi nous) pour que celui-ci passe et soit
applique dans les delais les plus courts. Au nom de la logistique, des
difficultes techniques, on sait que partout dans le monde, les
administrations excellent a mettre les batons dans les roues et a ralentir
les processus qui derangent.

Un retrait moins unilateral aurait probablement ete plus facile, et meme
plus avantageux, pour Israel mais il aurait aussi ete contraire a la methode
Sharon qui passe par une affirmation claire de la puissance.

Et apres Gaza ? Et ensuite ? Ne jouons pas au politologue dans une partie
dont la complexite ne compte pas beaucoup de precedents. Si le plan de
desengagement est approuve dans une version realiste, s’il est mis en
application correctement- malgre les embuches probables des organisations
palestiniennes integristes , un enorme pas en avant aura ete accompli. Et la
demonstration aura ete faite qu’Israel est capable d’evacuer les colonies et
de reintegrer decemment les colons sans que le ciel ne s’ecroule sur la tete
de sa population. Cela, c’est capital pour changer la suite des evenements,
meme celle prevue par Ariel Sharon, c’est capital pour relancer une
dynamique de negociation et permettre aux electeurs et aux dirigeants
israeliens de changer d’orientation.