Qu’ont appris les étudiants israéliens cette année ? Aussi peu que possible…


Si l’on observe le système éducatif en Israël à travers les lentilles du Pisa (le Programme  international d’évaluation des acquis des élèves), la situation n’est guère encourageante  Chaque année, l’Ocde examine le niveau d’alphabétisation des élèves de 15 à 16 ans en lecture, mathématiques et sciences et prédit depuis des années qu’en Israël la proportion des diplômés du secondaire auxquels il sera difficile de s’intégrer dans la société et l’économie sera parmi les plus élevées de l’Ocde. Le quotient de réussite des enseignants en Israël n’est pas haut non plus.


Traduction & Notes, Tal Aronzon pour LPM

Manifestation contre les coupes budgétaires affectant les écoles chrétiennes arabe-israéliennes, 27 mai 2015 ©AP/Photo Sebastian Scheiner [DR]

Ha‘Aretz, le 18 juin 2018

What did Israeli students learn this year? the least possible


L’Article de Shaul Arieli

La gravité de la situation est plus grande à la lumière du fait que de 2006 à 2016 le budget de l’éducation a augmenté de 30 milliards de Nis [1], et n’a cessé de grossir depuis.
Mais tous ces milliards n’ont abouti qu’à un progrès de 13 points en sciences et un autre de 28 points en mathématiques selon les observations du Pisa.

L’explication n’est ni neuve ni surprenante. « Il nous faut comprendre qu’éduquer les élèves en direction de leur avenir, non de notre passé [nous incombe] », dit le Pr Andreas Schleicher, ministre de l’Éducation de l‘Ocde, à la suite des faibles résultats des élèves israéliens et de leurs enseignants.
« La pédagogie en Israël est très traditionnelle et normative. Elle ne vise pas à développer les dons de l’élève, elle ne s’intéresse pas à la créativité et à la résolution des problèmes… Votre système éducatif use trop d‘études basées sur la mémorisation… Cela ne fonctionne plus de cette façon. Dans le monde moderne, on ne vous gratifie pas [en fonction] de votre savoir — mais pour ce que vous êtes capable d’en faire. »

Ça n’est pas nouveau. Comme d’autres, j’ai publié un article en 2005 (“Pourquoi étudier ? — Apprenez par cœur”) où l’on pouvait lire : « On nous a annoncé qu’à partir de maintenant une partie de l‘examen d’entrée en études bibliques comprendra la mémorisation des versets et leur lecture à voix haute.
L’objectif de cette décision du coordinateur des Études bibliques est de “rapprocher la Bible des élèves, d’améliorer leur capacité à lire les textes à voix haute”.
Á l’ère de la communication et de la technologie, l’innovation du ministre de l’Éducation consiste dans l’emphase mise non pas sur la capacité à comprendre le texte, non pas sur l’esprit critique ou même l’aptitude à comprendre la Bible, mais sur la capacité des élèves israéliens à représenter la réponse sioniste qui convient aux chœurs de l’Église — et de chanter un certain nombre de versets selon la cantilation biblique.

Il n’est guère étonnant que le ministre de l’Éducation, Naftali Bennett [2], ait choisi une manifestation en l’honneur de la Fondation pour le renforcement des Études du judaïsme, en septembre 2016, pour déclarer :
“Étudier le judaïsme et l’excellence est à mes yeux plus important qu’étudier les mathématiques et les sciences”, [et ait] rejeté à maintes reprises la moindre critique à l’encontre de cette position.
Semblable critique fut formulée par Rachel Elior, professeur de pensée juive, qui écrivit dans un court préalable sur Facebook :
“Le plus important est d’apprendre le respect des êtres humains, dont le caractère universellement sacré de la vie ne dépend ni de la religion ni de la nationalité.”

Rappelons que la plate-forme éducative du parti de Bennett ignore la diversité de la société [israélienne] et vise à donner à tous les enfants une éducation (religieuse) juive ; et (nationale) sioniste.
L’amour de la patrie auquel le parti du Foyer juif entend éduquer comprend l‘annexion de la Cisjordanie ; la domination perpétuelle d’un autre peuple ; et l‘isolement international jusqu’à “ce que le monde s’habitue”.
Son modèle éducatif ignore des commandements tels que “Tu aimeras l’étranger” [3]. Il propose l’univers éducatif sur lequel Yeshayahou Leibowitz [4] écrivit cette vive mise-en-garde :
“Lorsque que quelqu’un admet les vues selon lesquelles ‘l’État’, ‘la nation’, ‘la patrie’‘la sécurité’, etc., sont les valeurs suprêmes et que la loyauté inconditionnelle envers elles est un absolu devoir sacré — [cette personne] devient capable de commettre n’importe quelle abomination dans cet intérêt sacré sans le moindre pincement de mauvaise conscience.” »

Cela se reflète dans l’allocation de budgets plus fournis à l’éducation religieuse-nationaliste [des sectes] messianiques, à laquelle il nous faut reconnaître que Guideôn Sâ‘ar et Shaï Piron [5] s’associèrent également.
Selon les données du ministère de l’Éducation, entre 2012 et 2016 le ministère a augmenté les budgets [dévolus] aux élèves du secondaire [des réseaux] religieux au taux le plus élevé en comparaison des autres secteurs, atteignant le pic de 33 000 Nis annuels par élève.
Cette somme est de 22% supérieure au budget attribué aux élèves du secondaire du secteur public ; et de 67% au budget alloué aux élèves arabes du secondaire.

Bennett sait que façonner les positions politiques de la jeunesse affectera le système politique, son caractère, et le régime de l’État d’Israël dans les années à venir.
[Cela] n’est pas dissimulé à ceux qui désirent “conquérir les cœurs” et promouvoir des idées nationalistes-messianiques.

Mais le désastre éducatif de la société israélienne est plus profond encore et est marqué par les caractéristiques du fascisme. “L’anti-intellectualisme” est depuis toujours l‘un des symptômes du fascisme.
La persécution des intellectuels démocrates pour leur trahison des valeurs traditionnelles ou de l’idéologie [de ceux] qui aspirent à gouverner a constitué le principe directeur des penseurs de l’élite fasciste.
Leah Goldberg [6] l’expliquait [ainsi] :
Les intellectuels et les artistes menacent les dictatures et les conceptions du monde qui suppriment la liberté des êtres humains.
« [Ils apprennent] à l’humanité à dire non” avec des sarcasmes plus mordants quand les temps l’exigent. »

Le “code déontologique” des assistants à l’Université, formulé par le Pr Asa Kasher [7] à la demande de Bennett, est perçu comme tel par beaucoup, comme la secrétaire  “Ligne Verte – les Etudiants font la Frontière”, ont l’intention de créer dans le Parc Rose, en face de la Knesseth. Leur objectif est d’exiger “la fin immédiate de l’occupation, au nom de l’avenir d’Israël”». 2002 Mossi Raz  Tzipi Hotovely [8] qui notait sur sa page Facebook en septembre 2014 [ …] :
« L’insubordination de 8 200 officiers est une ceinture explosive sociale et reflète la banqueroute du système éducatif qui les a élevés. Ils ne sont pas dignes de servir dans l’armée la plus morale du monde. Le chef d’état-major doit agir immédiatement afin de les renvoyer. »

Si l’on observe le système éducatif en Israël à travers les lentilles du Pisa (le Programme  international d’évaluation des acquis des élèves), la situation n’est guère encourageante  Chaque année, l’Ocde examine le niveau d’alphabétisation des élèves de 15 à 16 ans en lecture, mathématiques et sciences.

La faiblesse israélienne en lecture selon l’évaluation [du Pisa] atteste également de la “dégénérescence du langage” que l’on peut constater parmi de nombreux élus.
Mais nul ne bat la ministre de la Culture. Tous les manuels fascistes usent d’un vocabulaire limité et d’une syntaxe plus qu’élémentaire, restreignant les outils d’une pensée critique et complexe.
Dans une allocution de 5 minutes à des élèves du secondaire, Miri Réguev [9] proclama que Stav Shafir [10] est communiste et que Shelly Yachimovitch [11] avait voté ‘Hadash [12] ; souligna que « Miri Réguev [elle-même] n’est pas une voleuse » et que « Jérusalem est [nôtre] pour l’éternité et l’éternité » [13] — clap !

Dans cette culture, qui sanctifie le contemporain et le spécifique, il nous est difficile suivre et comprendre des processus qui se sont produits au cours de longues années.
Ce n’est pas la première fois que la vérité est révélée dans sa nudité concernant les enseignants israéliens. C’est arrivé il y a deux ans dans le cas des professeurs du pays et de l’histoire du sionisme et du conflit israélo-palestinien.
Subitement, le sinistre tableau nous apparut : selon un sondage effectué par le quotidien Israel Hayom [14], 69% des enseignants ne savaient pas ce qui était arrivé en le 29 novembre 1947 [15] ; tandis que 57% ignoraient ce qu’était la “ligne verte” [16] et comment elle avait été déterminée.
En d’autres termes, ce qu’il importe de mémoriser est choisi avec soin — la “Prière pour la pluie”, car c’est l’un des facteurs touchant au déclin des chutes de pluie, selon le ministère de l’Éducation, et non des événements déterminants dans l’histoire du sionisme.

Cette ignorance des questions qui décident de notre destin n’est pas le fait du hasard.
Elle est le produit de ces dernières années où le système éducatif s’est trouvé sous la coupe de ministres du camp messianique nationaliste-religieux.
L’évolution qui a eu cours dans le secteur public consiste pour l’essentiel en deux tendances fortes qui déterminent la culture politique et celle qui existe dans la sphère publique.

La première, et la plus importante, est celle qui garantit, en l’absence de connaissance des événements majeurs, que le curriculum n’établira pas un ensemble de concepts et faits et ne retracera pas les processus historiques pouvant servir de base à une compréhension plus complète de l’histoire du sionisme et du conflit avec les Arabes.
Les lacunes ainsi créées dans le savoir rendent facile de se débarrasser de vérités historiques et de les changer en fonction du besoin politique [du moment], comme l’a montré la comparaison faite par le Premier ministre entre Hitler et le Mufti [17].

La seconde tendance concerne le passage des anciennes manières d‘être aux nouvelles. L’introduction d’un contenu nationaliste, religieux et messianique dans le curriculum, comme le ministre de l’Éducation Bennett le fait à la dérobée, est [commode] quand il n’y a aucune autre base solide de connaissances avec lesquelles composer.
C’est une autre manifestation du programme de Bennett, qui proclamait que pour le salut de la Terre d’Israël, le peuple d’Israël et l’État d’Israël doivent être transformés.
Lui et ses collègues se concentrent aujourd’hui sur « la colonisation au cœur » après une série de traumatismes théologiques prenant source dans le crash messianique sur les rocs de la réalité, à commencer par le plan de désengagement [18] ; l’évacuation d’Amona et Migron [19] ; et l’arrêt de la construction dans les implantations en résultat de pressions internationales [20].

Cet esprit maléfique, qui détruit le système éducatif israélien, contrevient totalement à l’esprit de ses fondateurs lesquels entendaient assurer l’avenir plutôt que préserver le passé.
Comme David Ben-Gourion et Yitz’hak Ben Zvi l’écrivaient dans leur livre Éretz Israel en 1918 :
« Si nous cherchons à asseoir les frontières de la terre d’Israël aujourd’hui, en particulier, si nous ne le voyons pas seulement comme le leg du passé juif mais comme la terre de l’avenir juif … » [21]

Pire encore, si l’on ne bloque pas ces tendances et que le processus ne s’inverse pas, Israël exaucera la prédiction de Lord Nathaniel Rothschild dans sa lettre à Herzl en 1903 :
« Je vous le dis avec la sincérité la plus absolue : Je serais atterré de voir l’installation d’une colonie juive au plein sens du terme. Cette colonie serait un ghetto, avec tous les préjugés d’un ghetto. Un petit État juif, mesquin, religieux et non démocratique, qui rejetterait les  Gentils et les chrétiens. » [22]


Notes

[1]  Nis ou New Israeli Shekel, en usage en Israël, en Cisjordanie et à Gaza depuis janvier 1986, où il a remplacé le shekel contemporain de la création de l’État suite à une inflation galopante. Changé au ratio de 1/1000, ce qui a bouleversé la donne pour nombre d’Israéliens, il compte comme son aîné 100 “agoroth” (centimes).

[2]  Né en 1972 à Haïfa, Naftali Bennett étudie le droit à l’Université hébraïque de Jérusalem, brasse des affaires — et défend des positions annexionnistes qui permettent, entre autres, d‘en faire. Installé dans les Territoires où il dirige le Conseil de Yesha (acronyme de Judée-Samarie, les dénominations bibliques de la Cisjordanie sud et nord) qui mène en 2005 avec les 25 maires et les 10 dirigeants de communautés qu’il regroupe un mouvement de protestation massif contre le plan de désengagement des territoires libérés. Il prend ensuite en mains le vieux parti national-religieux (PNR), devenant sous son emprise le très agressif  néo-orthodoxe et ultra-nationaliste Foyer juif (HaBayit HaYehudi), qui campe à l‘extrême-droite de l’échiquier politique israélien et tient en otage Nétanyahou dont Bennett convoite la place.  Il obtient des financements de la Fondation pour le renforcement des Études du judaïsme… qui récolte à l’étranger de quoi soutenir l’enseignement nationaliste et orthodoxe, jusqu’à celui des sectes si minuscules soient-elles…. mais installées de préférences en Cisjordanie ! Si les nouvelles lois interdisent et poursuivent impitoyablement toute subvention venue de l’étranger, il va de soi qu’elles ne concernent que l’opposition, et tout particulièrement les associations, de gauche.

[3]  « Tu aimeras l’étranger, car tu fus étranger dans le pays d’Égypte  (ואהב גר – Dt. 10 18 -) »  se trouve dans des variantes diverses dans les livres de l‘Éxode (« Tu ne maltraiteras pas l’étranger, car tu fus étranger dans le pays d’Égypte   » Ex 22:21) ;  du Lévitique (« Si un étranger vient séjourner avec vous dans votre pays, tu ne l’opprimeras point. » Lévitique 19:33) ; du Deutéronome (« Tu n’auras point en abomination l’Édomite, car il est ton frère ; Tu n’auras point en abomination l’Égyptien, car tu as été étranger dans son pays » Dt 23:7) ; et enfin, en situation inverse, dans les plaintes du prophète Ézéchiel avant le retour d’exil (« Le peuple du pays se livre à la violence, commet des rapines, opprime le malheureux et l’indigent, foule l’étranger contre toute justice » Ézéchiel 22:29). La tradition orale reprendra et commentera abondamment ce commandement fondamental, on le voit, pour le judaïsme , souvent cité dans les Haggadoth — Récit de Pessa‘h lu au début du long déroulé du “Séder” (l‘ordre, l’organisation de la fête) rituellement lu sous forme de pédagogie destinée aux plus jeunes avant le repas qui ouvre la fête, et celui à la fin qui la clôt..

[4] Né à Riga en Lettonie en 1903, Yeshayahou Leibowitz reçoit une éducation juive de ses parents. Son parcours scientifique débute en 1919 à Berlin où il commence des études de chimie et de philosophie, avant de partir à Bâle où il étudie la biochimie et la médecine. Muni de ses divers doctorats, obtenus successivement à Berlin puis Bâle, il émigre en Palestine (sous mandat britannique) en 1934 ; et enseigne la chimie organique à l’Université hébraïque de Jérusalem. Nommé professeur en 1941, il est promu en 1952 doyen de la chaire de chimie organique et de neurologie ; Il assure également un cours d’études juives à l’université de Haïfa ; et continue après sa retraite à enseigner la philosophie à l’Université hébraïque. Il donne pendant toutes ces années des conférences internationales ; rédige des livres en hébreu et en anglais ; et de 1956 à 1972 supervise la rédaction de l’Encyclopaedia Hebraïca., son grand-œuvre. Ses positions anticonformistes et son franc-parler le rendent impopulaire tant dans les milieux religieux que dans les cercles politiques ; ardent critique du système des coalitions de gouvernement, il s‘en prend à l‘occupation de territoires arabes, qui « détruit la moralité du conquérant » ; et soutient les objecteurs de conscience apparus pour l‘essentiel à partir de 1982 et de l‘invasion du Liban. Il ira jusqu’à parler à ce propos d‘actions de soldats de Tsah‘al démontrant l’existence d’une mentalité « judéo-nazie »… sans cesser cependant de réaffirmer sa foi dans la légitimité du sionisme. Militant contre la prolifération de l’arsenal nucléaire, il reste sa vie durant une figure dans le domaine de la pensée juive — sa vision, très marquée par Maïmonide pour lui modèle idéal, exprime un grand attachement à la pratique des Mitzvoth et le rejet de la Kabbale ou des sectes selon lui idolâtres qui en soumettent l’application à un attachement émotionnel. Il se fait ainsi de solides ennemis, au point qu‘en 1992, lorsque le prestigieux Prix d’Israël lui fut décerné, Yitz‘hak Rabin, alors Premier ministre, annonça son refus de participer à la cérémonie.

[5]  Né Guideôn Moses Serchanski dans une famille originaire de Boukhara en décembre 1966 à Tel-Aviv/Yaffo, Guideôn Sâ‘ar obtient une licence de sciences politique, puis de droit à l’université de Tel-Aviv/Ramat-Aviv. Engagé dans le cabinet de Michaël Ben-Yaïr, le conseiller juridique du gouvernement, il passe en 1997 à celui du procureur de l’État. Rejoignant ensuite le secrétariat du gouvernement en 1999, et surtout le Likoud après la victoire d’Ariel Sharon en 2003. Nommé président du groupe parlementaire  du Likoud à la 16e Knesseth, il s’oppose au plan de Désengagement des territoires occupés. Réélu en 2006, il devient vice-président de la Knesseth et dépose deux propositions de lois : l‘une pour emprisonner les employeurs qui licencient des femmes enceintes ;  l‘autre pour interdire les tests cosmétiques sur les animaux. Fin 2008, l’aile dure du Likoud menée par Sâ‘ar, Silvan Shalom et Moshé Feiglin remporte la primaire interne, et il se retrouve deuxième de liste, juste derrière Benyamin Nétanyahou,  pour les législatives de 2009. Sa’ar est réélu lors des législatives et est nommé ministre de l’Éducation le 31 mars 2009. Réformant les programmes scolaires, il accentue l’enseignement des valeurs et héros sionistes. Bien qu‘il souhaite rester à ce poste, il doit céder la place au rabbin Shaï Piron (Yesh Atid) à l‘issue de difficiles négociations de formation de la coalition, et obtient l’Intérieur en guise de lot de consolation. Séparé de son épouse — avec laquelle il vivait depuis 20 ans – qu‘il répudie en 2012, il est accusé en février 2013 par une lettre anonyme adressée au Premier ministre d’abus sexuels à l’encontre d’un membre de son cabinet. En mars, le procureur de l’État annonce que la lettre est un faux et innocente le ministre, qui occupe jusque début novembre 2014 le ministère de l’Intérieur.
Né en 1965, le rabbin Shaï Piron est éducateur dans le mouvement sioniste-religieux. Chef d’une grande yeshiva à Péta‘h Tikvah, il est également impliqué dans les efforts visant à combler le fossé entre communautés laïques et religieuses. Marié et père de six enfants, il vit à Oranith, une petite colonie au-delà de la ligne verte. Député à la Knesseth pour Yesh Atid, il a occupé les fonctions  de ministre de l’Éducation dans le gouvernement Nétanyahou III.

[6] Née fin mai 1911 dans une famille originaire de Kaunas (Lettonie), Leah Goldberg émigre en Palestine mandataire en 1935, précédée par une réputation d‘érudition qui lui ouvre toutes les portes. Femme de lettres prolifique en hébreu, elle pratique avec aisance sept langues et travaille comme traductrice en hébreu moderne (le Guerre et Paix de Tolstoï, des recueils de Rilke, etc.) ; comme éditrice (des groupes de presse Davar, Al-HaMishmar) ; comme dramaturge pour le théâtre Habimah, dont elle est conseillère littéraire. Elle rejoint à Tel-Aviv le groupe sioniste est-européen de poètes hébraïsants symbolistes “Yakhdav” (Ensemble) dirigé par Avraham Shlonsky ; publie en prose pour les enfants et les adultes. Linguiste bardée de doctorats glanés à Berlin et Bonn, elle enseigne à l’étranger comme à l’Université hébraïque, y dirigeant à partir de 1963 le département de Littérature comparée. Elle obtient le Prix d‘Israël de littérature hébraïque juste avant de succomber à un cancer à Jérusalem en janvier 1970.

[7] Petit-fils d‘un talmudiste de renom, le professeur Asa Kasher est né en juin 1940 à Jérusalem. Linguiste et philosophe connu pour ses travaux sur l‘éthique, il enseigne à l’université de Tel-Aviv après un doctorat de philosophie obtenu en 1971  à l’Université hébraïque de Jérusalem. Partie prenante de l’institut néo-orthodoxe Shalem, il publie le journal Philosophia ; il a écrit une défense et illustration de la loi du Retour,  justifiée selon lui par le statut des Juifs jamais chez eux nulle part ; il s’est également penché sur les possibles interprétations de la définition d‘Israël  “État juif et démocratique“ ; et a rédigé pour Tsa‘hal un Code de conduite qui fait autorité.  Le Prix d‘Israël de philosophie lui a été décerné en 2000.

[8] Née à Ré‘hovoth en décembre 1978 dans une famille d’origine géorgienne et faisant la fierté de sa communauté, Tzipi Hotovély, dotée d’une maîtrise en droit des affaires, fait vite florès dans les médias, tenant à partir de 2007 tribune dans la presse écrite. Orthodoxe aux positions ouvertement féministes, ayant choisi de faire son service militaire, aussi photogénique qu’atypique et usant de réparties à l‘emporte-pièce, elle est invitée à nombre débats et magazines télévisés. Fin 2008 elle s‘inscrit au Likoud et entame une carrière politique ; membre de la commission parlementaire sur le statut des femmes et l’égalité des sexes, elle y prône en 2011 la lutte contre les mariages mixtes et s’oppose à tous contacts entre Arabes et Juifs ; la même année, elle s‘assied délibérément à l‘avant d‘un bus réservé aux “craignants-dieu”, lesquels rejettent les femmes à l‘arrière pour surtout résister à la tentation.

[9] L‘art du scandale est en premier lieu celui de Miri Réguev, l’agressive ministre de la Culture et des Sports d‘Israël. Née à Kyriat Gat en mai 1965 d‘un père juif marocain et d’une mère espagnole, elle fait son service dans le porte-parolat de Tsah‘al, dont elle gravit les échelons jusqu’à le représenter lors du désengagement de Gaza et de la guerre du Liban de 2006. Remplacée à ce poste l’année suivante, elle s‘inscrit au Likoud et entre à la Knesseth en 2009. Réélue en 2015, elle capte l‘attention de Nétanyahou, qui la nomme à ses fonctions actuelles — dont elle use et abuse, utilisant les suppressions de subventions pour délit d’opinion et la censure pour arriver à ses fins. Mariée à un ingénieur dans l’aéro-spatiale qui défend des idées de gauche, elle tire quant à elle le Likoud au-delà des positions les plus extrêmes du pays. Depuis la mi-juin 2017, elle prend la place du Premier ministre lorsqu’il se trouve à l’étranger…  en attendant mieux, n‘en doutons pas !

[10] Stav Shafir, née à la mi-mai 1985 à Nétanyah dans une famille irako-lituanienne-polonaise et roumaine, la plus jeune députée dans l’histoire d’Israël débute sa carrière dans les médias. Rédactrice d’un magazine de l‘armée pendant son service, elle obtient ensuite une bourse pour participer au programme conjoint avec des étudiants palestiniens organisé par  l’université de la ville de Londres. Sept années durant, elle travaille entre autres pour National Geographic et Yédioth A‘haronoth. Porte-parole et fondatrice-organisatrice du mouvement “des tentes”, qui voit en 2011 plus de 500 000 personnes manifester contre les prix élevés du logement, la corruption et l’effondrement de l’État-providence, elle est catapultée dans la sphère publique par un débat télévisé avec Miri Réguev. Membre de la Knesseth depuis janvier 2013, son patrimoine y est le plus bas (20 000 $ ;  ni appartement ni voiture). Elle fut parmi les 8 députés renonçant à leur augmentation en 2015 — la qualifiant de “désagréable" alors que les salaires israéliens stagnent. Membre de la Commission des finances de la Knesseth, elle établit la transparence financière dans le budget de l’État. Pour la première fois depuis 30 ans, le ministère des Finances a accepté de publier les transferts budgétaires en ligne avant les réunions, afin que députés et électeurs puissent suivre les flux de trésorerie. Elle a été récemment nommée présidente de la Commission de transparence du gouvernement au sein de l’Ocde pour partager les connaissances, la recherche et les méthodes entre parlements dans le monde et mettre fin à la corruption politique : plus de 90 pays différents ont participé à la première réunion en 2017 à Paris.

[11] Shelly Yachimovitch naît fin mars 1960 à Kfar Saba de parents juifs de Pologne  rescapés de la Shoah ; le père est menuisier, la mère institutrice. Engagée depuis le plus jeune âge, elle pratique à quinze ans un affichage sauvage contre les méthodes du directeur de son lycée. En 1985, elle obtient un diplôme de Sciences comportementales à l’unvisioniversité  Ben-Gourion du Néguev. Parallèlement, elle tient la rubrique féministe et sociale du quotidien de gauche Al HaMishmar, hér!tier du mouvement HaShomer HaTsaïr (“La Jeune Garde”), sioniste révolutionnaire, et du Kibboutz Artzi qui en est l"émanation ; toujours durant ses études, elle devient présentatrice vedette sur Resheth Beyth, le 2ème et prestigieuse chaîne de radio israélienne, où elle se taille rapidement une réputation de refus des conventions et des concessions assorti d’un vif esprit critique et d’une propension à ne pas mâcher ses mots. En octobre 2000, à la suite d’un conflit professionnel, et après avoir déjà quitté la radio pourtant provocatrice de l’armée, Gaalei Tsah‘al (“Les Ondes de l’IDF”) elle abandonne la radio et accepte la proposition de la chaîne de télévision publique 2, où elle anime une émission politique et commente les nouvelles. Elle gagne (très bien) sa vie dans la finance mais démissionne de la banque, révoltée par le système des surprimes qui jette les gens à la rue après leur avoir fait miroiter quelques alouettes. Usant de son expérience et de sa pugnacité, elle fait passer durant ses mandatures plusieurs textes législatifs qui mettent le holà à ces pratiques… et sont vite rétorqués ! Avec la spécialiste des affaires militaires Carmela Ménashé, elle couvre en 1997 l’intervention israélienne au Sud-Liban, et réagit immédiatement, de concert avec celle-ci, au coût en vies humaines que tenir la région implique : un hélicoptère s’est écrasé en territoire libanais,, tuant les quatre conscrits embarqués. Leurs quatre mères fondent en février 1997 une association, Four Corners, luttant pour le retrait israélien du Liban. Une campagne menée au nom de leurs fils et couronnée de succès, Éhoud Barak confronté à une opinion publique que Carméla Ménashé et Shelly Yachimovitch n’ont de cesse de prendre à témoin n’a d’autre choix que d’annoncer le retrait en 2000. De 2011 à 2013 elle mène l’opposition, avant de se consacrer pleinement à populariser les objectifs de l’association Four Corners. 

[12]  Les errements de la politique de Staline après la ibération, dont les Juifs de Pologne, Galicie et Biélorussie restent reconnaissants à l’Armée rouge (dirigée, entre parenthèses par Trotski), aboutissent à la formation de deux partis communistes concurrents, le Maki, sioniste, et le Raka’h, enraciné dans la population arabe du pays et dont naîtra en 1977 sous l’impulsion de son leader historique Méïr Vilner, le ‘Hadash (hébreu : חדש « nouveau », acronyme de ‘Hazit Demokratit LeSHalom véShivyon, « Front démocratique pour la paix et l’égalité ») constitue une alliance parlementaire d’extrême-gauche israélienne juive et arabe dont le double siège est à Césarée et Nazareth. En 2009, le programme du parti comprenait les points suivants : obtenir une paix juste, globale et stable entre Israéliens et Palestiniens, Israéliens et Arabes ; défendre les droits et acquis des travailleurs ; développer les services sociaux (santé, éducation, logement, sécurité sociale, culture, sport) ; lutter pour l’égalité de la population arabe d’Israël et éradiquer la discrimination ethnique ; promouvoir les préoccupations des habitants des quartiers désavantagés et des villes en développement ; combattre pour les libertés démocratiques et l’égalité des sexes ; protéger l’environnement et le droit environnemental ; éliminer les armes de destruction massive.

[13] Elle-même, affirme-t-elle en un étonnant plaidoyer pro-domo, « n‘est pas une voleuse ». De quoi, de territoires ? La suite de la phrase semble accréditer cette version, réaffirmant sans ambages le credo de la droite annexionniste israélienne : « Jérusalem est [nôtre] pour l’éternité et l’éternité. »

[14]  Israel Hayom (en hébreu : ישראל היוםIsraël aujourd’huih), tabloîde distribué gratuitement depuis la mi-juillet 2007, a fait chuter les deux journaux jusque-là les plus diffusés dans le pays, Yédioth A’haronoth et Maariv. ; seul  Ha’Aretz, dont le public, le niveau de langage et les opinions politiques sont pour le moins différents tire son épingle du jeu. De fait c’est une arme aux mains du multimilliardaire Sheldon Adelson, Juif amécain né à Boston dans une famille démocrate immigrée d’Ukraine. Farouche républicain en ce qui le concerne, il a bâti sa fortune sur l’immobilier, les casinos et les boîtes de nuit, et soutient Binyamin Nétanyahou. Une tentative de contrer la mise en place du quotidien échoue en 2010, où un débat à la Knesseth visant à instaurer une “Loi Adelson" pour sauvegarder la liberté de la presse, est barré par la Commission interministérielle de la Législation. Une étude menée en 2008 par Moran Rada du Israel democracy institute sur la couverture de l’actualité politique par les journaux israéliens a démontré que le traitement de l’actualité autour de Benyamin Nétanyahou ne serait « pas particulièrement équitable » : la couverture de son actualité par Israel Hayom serait biaisée en sa faveur. Pris dans tourmente des subprimes, il perd la quasi-totalité de sa fortune, mais se refait en investissant en Asie le très peu qu’il lui reste… En Chine cependant, où les mafias sont puissantes et s’appuient sur la prostitution, les stupéfiants et le jeu, plusieurs procès l’opposent à des intermédiaires au sujet de casinos. Proche de Donajd Trump, dont il a financé la campagne des primaires, arrosant de généreux pots-de-vin les gouverneurs des États-clef, il attend maintenant un retour sur investissement, dont l’annonce du transfert de l’ambassade US à Jérusalem est le premier pas. Il focalise son intérêt sur Israël, les impôts et la lutte contre la drogue. Opposé à une solution à deux États qu’il considère être « un tremplin vers la destruction du peuple juif », il prône l’annexion des territoires palestiniens occupés et rompt avec l’Aipac, le lobby américain pro-israélien, pour son soutien à un plan d’aide aux Palestiniens, « un peuple qui n’existe pas ». Jamais à court de propos fracassants, il déclare publiquement en octobre 2013 qu’il lui semble bon de lancer quelques missiles nucléaires « au milieu de Téhéran » pour lutter contre les ambitions de ce pays de se doter de l’arme nucléaire. Ce qui serait à l’origine de la cyberattaque présumée de hackers affiliés à l’Iran contre son entreprise Las Vegas Sands quelques mois plus tard.

[15]  Date de l’adoption par l’Assemblée générale de l’Onu du plan de parage de la Palestine, jusque-là sous mandat britannique.

[16]  Les lignes de démarcation tracées  lors des armistices successifs de février à juin 1949  tinrent lieu jusque juin 1967 de frontière entre Israël et ses voisins arabes, plus ou moins virulents selon les périodes, et qui abritaient souvent à contrecœur les réfugiés palestiniens massés dans les camps des Nations-Uniies  Après la guerre des Six Jours, beaucoup crurent que le cours de l’histoire juive est sur le point de changer. Tout à coup, Israël tenait les monts du Golan, la Judée, la Samarie, la péninsule du Sinaï. Et la Syrie, la Jordanie et l’Égypte — qui avaient respectivement eu ces territoires en main —  voulaient maintenant les récupérer, disaient ceux qui pensaient que ce désir des Arabes présentait pour les Israéliens une opportunité. Pour la première fois nous disposions d’une monnaie d’échange authentique et solide — laquelle, pour peu que nous manœuvrions intelligemment, pourrait servir de contrepartie dans le cadre d’un accord de paix. Le rêve était que la victoire d’Israël par la guerre offrirait aussi une victoire contre la guerre elle-même. On pourra lire sur ce sujet l’ensemble des comme-rendus du voyage JCall/LPM en juin 2017 répondant à l’appel des associations israélo-palestiniennes désireuses de marquer la ligne verte en suivant le mur de séparation qui empiète largement sur les territoires occupés, en particulier dans la région de Jérusalem : https:/www.lapaixmaiontenant.org/une-autre-approche-du-conflit/

[17]  Mieux connu sous le nom de ‘Hadj Amin al-‘Husseini, né à Jérusalem en 1896, celui qui devient en 1921,  après une jeunesse dissolue au Liban  mufti de Jérusalem — par les voies imprescriptibles de la succession; le titre revenant traditionnellement à sa famille. Défenseur d’un nationalisme palestinien fort mal en point face à l’immigration juive, croissante tout au long du siècle, il est l’instigateur de la révolte contre la puissance mandataire britannique, y gagnant d’être exilé. En réaction, il se tourne vers l’Allemagne nazie, dont il sert la propagande durant la Deuxième Guerre mondiale d’autant plus volontiers qu’il approuve sa politique anti-juive jusqu’à se faire le thuriféraire de la Shoah. Toutes choses qui en font une figure controversée… et sont exploitées par un Premier ministre israélien jamais à court d’arguments de bonne ou mauvaise fois contre les Palestiniens.

[18]  Ce plan, élaboré par Ariel Sharon en juin 2004, concerne les 21 implantations civiles et agricoles en bordure de la bande de Gaza. craignant de ne jamais retrouver, malgré les promesses de réimplantation  en Cisjordanie, des conditions aussi favorables — malgré les promesses du Premier ministre, les colàns aiment mieux affronter les attaques incessantes du ‘Hamas que plier bagage. Ce qu’ils durent faire cependant, traînés par Tsah’al jusque dans des cars de l’autre côté du point de passage d’Erez, force devant rester à la loi. Qui ne se souvient des scènes de violence auxquelles cela donna lieu… Peu après, comme on sait, Sharon plongea dans un coma profond et ses promesses avec lui. Le plan concernait également quatre colonies isolées de Cisjordanie, elles aussi vulnérables. Et comportait l’espoir d’accords avec l’Egypte. Tout fut gelé des années durant, puis Barak obtint la succession de Sharon… et impose une ligne intransigeante..

[19]  Deux colonies “sauvages” installées par les “jeunes des collines” sous l"œil bienveillant des autorités  et résistant violemment à l’armée venue les délpger… avant qu’ils ne se réinstallent derechef. On est très loin du principe de Sharon :  « Force doit rester à la loi. » 

[20]  Régulièrement demandé par les instances internationales, ce gel des implantations est mis en échec par la diplomatie israélienne qui utilise la peur suscitée par l’Iran des mollahs. Les pressions en conséquence ne frappent pas au seul endroit efficace, le portefeuille. D’autant que Bruxelles use et abuse du lobbying et souffre cruellement de divisions internes, deux spécificités dont Israël joue habilement. Comme dans le cas des implantations sauvages, le Premier ministre et ses appuis d’extrême-droite, ultra-religieux, ultra-nationalistes ou les deux ne veulent qu’une chose, annexer la Cisjordanie au nom d’un passé biblique aux dates soigneusement choisies et en expulser les Palestiniens aussi loin que faire se peut. En attendant, la construction va bon train, particulièrement dans les alentours de Jérusalem, où les villages palestiniens sont isolés et leurs habitants, au statut indéfini, confinés en l’absence de permis de circuler leur permettant de travailler.

[21]   Orientaliste de renom et défenseur irréductible des Juifs confrontés à l’antisémitisme, Yitzhak Ben-Zvi (en hébreu : יצחק בן צבי) naît sous le nom de Shymshelevitch le 24 ‘novembre 1884 dans le gouvernement de Poltava (Ukraine).  Dès 1897 il prend part à l’organisation du premier Congrès sioniste, ce qui lui vaudra d’être gratifié en 1952 par la première Knesseth du titre de « Père de l’État d’Israël ». Face aux exactions antisémites de 1905 en Ukraine, il milite dans les groupes d’autodéfense juive et adhère au parti sioniste Poaalé Tzion — dans le journal duquel il écrira chaque jour de sa vie et en tous lieux d"innombrables articles — puis émigre en 1907 en Palestine, alors sous domination ottomane. Aussitôt inscrit au lycée à Istamboul, il suit également des cours de Droit à l‘université, où il  fait la connaissance de David Ben-Gourion, avec qui il est envoyé au Congrès sioniste.  Une amitié indéfectible lie désormais les deux hommes, qui forment des groupes de défense des pionniers juifs [HaShomer : Le Gardien]. En 1907/8,  il crée avec Rachel Yanaït, rencontrée au Congrès et venue vivre à Jérusalem, le lycée d’élite de Re’havia, dont elle prend la direction. L’année suivante, Yanaït, Ben-Zvi et Ze‘ev Ashour lancent l‘A’hdouth haAvodah [L’Union du Travail], le premier périodiques socialiste hébraïque. C‘est l‘époque si vivement décrite par Arthur Kœstler dans La Tour d‘Ezra, où à la faveur de la nuit quelques pionniers vêtus et grimés de noir glissent vers le point choisi pour édifier un nouveau poste de défense et de vie collective de la population juive en Palestine, un “kibboutz”. En hâte des palissades, un mirador et un château d‘eau sont montés, qui vont permettre à ceux qui restent de tenir, et peu à peu d‘améliorer leurs conditions de vie. Au petit matin, les renforts s’en vont discrètement vers d‘autres tâches. Ils tentent ainsi d"arracher la Palestine aux Turcs — qui expulsent les dirigeants du yishouv  en 1915. Parmi eux David Ben-Gourion et Ben-Zvi, qui partent à New-York où ils créent le parti sioniste He‘Haloutz  [Pionnier]  et montent la Brigade juive, composée de volontaires engagés du côté anglais contre les Turcs et leurs alliés. En 1918, ils rentrent en Palestine, maintenant sous mandat britannique, au sein de la Brigade, et participent activement aux diverses institutions sionistes du pays, dont  la Haganah – l’armée en gestation de l’État qui va naître, et He‘Haloutz, recrée à leur retour et prélude à l‘A‘hdouth haAvodah, l’Union du Travail — le parti Travailliste ou Mapaï selon son acronyme, dont Ben-Zvi restera membre toute sa vie quelles que soient ses fonctions ; élu avec Ben-Gourion au conseil municipal de Jérusalem; Ben-Zvi devient président du Conseil national, le gouvernement clandestin de la population juive dans la Palestine mandataire…. Entretemps, il a épousé Rachel Yanaït en 1929. Le couple aura deux filsAmram et Elie. Bon sang ne serait mentir, ce dernier est tué lors des combats de la guerre israélo-arabe en défendant son kibboutz, Beyth Kesheth. Après la fondation de l‘État il entre à la Knesseth, où ils représente sans discontinuer le Avodah, puis lors du décès de ‘Haïm Weizmann premier président d‘Israël, il est élu pour lui succéder dans cette fonction purement honorifique le 16 décembre 1952, et restera en fonction jusqu’à sa propre mort le 17 avril 1963. Hormis un intermède avec Moshé Sharett, il gouverne constamment avec David Ben-Gourion, Premier ministre doté par les lois fondamentales de l‘État du pouvoir réel. Ainsi déchargé ds préoccupations politiques, Ben-Zvi peut donc se consacrer à son œuvre de chercheur, concernant la communauté samaritaine et les 12 Tribus d‘Israël. En son hommage est créé face à la fac d‘agriculture au nord de Re‘hovoth,  dans le parc du centre de recherches en agronomie et sciences dures (physique atomique, etc.)  Yad  Haïm Weizmann,  l‘institut Yad Ben-Zvi, spécialisé dans les recherches ethnologiques, anthropologiques et linguistiques. L“ouvrage ici cité fut rédigé par les deux amis durant leur séjour new-yorkais afin de répandre le sionisme parmi les juifs américains.

[22]   Fils aîné du baron Lionel de Rothschild et de sa cousine Charlotte von Rothschild, Natanael Mayer Rothschild dit “Natty", puis Nathan, est élevé dans le sérail de la lignée anglaise — et bancaire– de la dynastie fondée en Prusse par Amschel Rothschild, qui essaime, Bismarck aidant, dans toute l’Europe. Ses grand-parents, tant du côté maternel que paternel restent quant à eux à Berlin, où ils sont proches du pouvoir — et le resteront lorsqu‘un petit caporal nommé Adolf voit son parti monter  en éructant contre les Juifs… Natanael lui-même épouse en 1867 une cousine de la branche allemande, dont il aura trois enfants. Il entame une carrière dans la banque familiale, où il use des relations qu’il s’est faites durant ses études (dont il sortira sans aucun diplôme), en particulier le prince Edward, son condisciple et ami. Successeur de son père en 1879, il s’attache par des prêts les gouvernements des États-Unis, de la Russie et de l‘Autriche ; sur les traces de la famille fondant le canal de Suez, il poursuit les affaires de la banque en Égypte, de la British South Africa Company et du conglomérat De Beers de mines de diamant. À partir de 1902, il se désintéresse progressivement de la banque pour l‘Université, à coup de bourses en particulier à Oxford dont il frotta sans succès§s led bancs,, et la politique, entrant à la chambre des Communes où il siège jusqu’à sa mort le 31 mars 1915..On comprend, à parcourir ce curriculum son attitude vis-à-vis des pionniers juifs, qui ne pouvaient qu‘entraver la bonne marche des affaires de la banque (et de la Couronne) au Moyen-Orient et au-delà…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Palestine aux Turcs. C’est l’époque dépeinte par Arthur Koestler dans la Tour d’Ezra, où une nouvelle colonie juive se bâtit à la faveur de la nuit, édifiant à l’abri des palissades montées à la hâte un mirador, un château d’eau et ont les jours suivants le loisir de créer peu à peu des baraques où manger et dormir. La nuit, d’obscures silhouettes se glissent à l’extérieur, portant renfort aux nouvelles colonies qui vont s’édifier au nez et à la barbe des Turcs… Lesquels voyant la Palestine peu à peu leur échapper arrêtent et expulsent les leaders du mouvement. Ben-Zvi, qui tout en poursuivant à l’université d’Istamboul milite activement pour bouter les Turcs hors de Palestine, co-fondant comme en Ukraine des groupes d’autant-défense (), est fermement interdit de séjour dans l’empire. Il émigre alors aux États-Unis, où il compte parmi les fondateurs de la Brigade juive, composée de volontaires engagés du côté anglais contre les Turcs et leurs alliés. En 1918, Ben-Zvi retourne en Palestine dont le mandat a été confié aux Britanniques, au sein de la Brigade, et devient membre actif dans différentes institutions du Yishouv. 

 

 est un homme politique israélien. Il fut le deuxième président de l’État d’Israël du 8 décembre 1952 au 23 avril 1963. Il joua un rôle décisif dans les domaines du travail, de la défense et de la garde du pays. Il est l’un des fondateurs du mouvement Poale Zion dans le journal duquel il rédige de nombreux articles. Il est aussi chercheur, spécialiste des Tribus d’Israël et de la comSamaritains

Après la mort de Haïm Weizmann, premier président de l’État d’Israël, Yitzhak Ben-Zvi est élu, en 1952, à la place de ce dernier, poste auquel il est réélu en 1957 et en 1962En son hommage, est créé l’institut Yad Ben-Zvi, spécialisé dans la recherche sur la Terre d’Israël et les communautés d’Israël.

espérant que tant ses connaissances d’orientaliste que ses relations en Orient comme en Occident lui permettront d’aider l’Etat juif en gestation. un rôle honorifique David Ben-Gourion et Yitz’hak Ben Zvi, Éretz Israel, 1918. [Note en construction]

[22] Lord Nathaniel Rothschild. [Note en construction]

 « xxx »  l’Égypte

 

L’Auteur

Shaul Ariéli a présenté de façon remarquable les détails de cette solution dans son exposé à la conférence organisée par JCall le 19 juin 2017 au Parlement européen ; lui aussi courageusement engagé dans la pédagogie des deux États, Ami Ayalon, ancien directeur du Shin Beth, y intervint dans le même sens. Tous deux appelèrent les Juifs européens à se mobiliser résolument en faveur de cette solution. Les Palestiniens, pour leur part, doivent renoncer au « droit au retour »Traduction, Chapô & Notes, Tal Aronzon pour LPM

Écrivain, journaliste et chercheur sur le conflit israélo-palestinien, le colonel Shaul Ariéli a préparé les négociations avec la direction palestinienne en tant que responsable des accords d’intérim nommé par Rabin. En retraite depuis 2001, il est est l’un des pères de l’Initiative de Genève (2003). Auteur de tribunes publiées dans le Ha’Aretz, le Forwardet bien d’autres en Israël ou à l’étranger, ses analyses font autorité en matière de frontières, d’économie et de statistique..

 Analyste des évolutions démographiques et fin connaisseur, de par sa carrière militaire, des problèmes de frontière et de sécurité, ce partisan de la solution à 2 États démonte à l’occasion de la publication par Yaakov Katz, chef du mouvement pro-colonisation, de son annuaire statistique 2017, la rhétorique — pour ne pas dire la propagande – qui y paraît.


Si l’on observe le système éducatif en Israël à travers les lentilles du Pisa (le Programme  international d’évaluation des acquis des élèves), la situation n’est guère encourageante  Chaque année, l’Ocde examine le niveau d’alphabétisation des élèves de 15 à 16 ans en lecture, mathématiques et sciences et prédit depuis des années qu’en Israël la proportion des diplômés du secondaire auxquels il sera difficile de s’intégrer dans la société et l’économie sera parmi les plus élevées de l’Ocde. Le quotient de réussite des enseignants en Israël n’est pas haut non plus.


Traduction & Notes, Tal Aronzon pour LPM

Manifestation contre les coupes budgétaires affectant les écoles chrétiennes arabe-israéliennes, 27 mai 2015 ©AP/Photo Sebastian Scheiner [DR]

Ha‘Aretz, le 18 juin 2018

What did Israeli students learn this year? the least possible


L’Article de Shaul Arieli

La gravité de la situation est plus grande à la lumière du fait que de 2006 à 2016 le budget de l’éducation a augmenté de 30 milliards de Nis [1], et n’a cessé de grossir depuis.
Mais tous ces milliards n’ont abouti qu’à un progrès de 13 points en sciences et un autre de 28 points en mathématiques selon les observations du Pisa.

L’explication n’est ni neuve ni surprenante. « Il nous faut comprendre qu’éduquer les élèves en direction de leur avenir, non de notre passé [nous incombe] », dit le Pr Andreas Schleicher, ministre de l’Éducation de l‘Ocde, à la suite des faibles résultats des élèves israéliens et de leurs enseignants.
« La pédagogie en Israël est très traditionnelle et normative. Elle ne vise pas à développer les dons de l’élève, elle ne s’intéresse pas à la créativité et à la résolution des problèmes… Votre système éducatif use trop d‘études basées sur la mémorisation… Cela ne fonctionne plus de cette façon. Dans le monde moderne, on ne vous gratifie pas [en fonction] de votre savoir — mais pour ce que vous êtes capable d’en faire. »

Ça n’est pas nouveau. Comme d’autres, j’ai publié un article en 2005 (“Pourquoi étudier ? — Apprenez par cœur”) où l’on pouvait lire : « On nous a annoncé qu’à partir de maintenant une partie de l‘examen d’entrée en études bibliques comprendra la mémorisation des versets et leur lecture à voix haute.
L’objectif de cette décision du coordinateur des Études bibliques est de “rapprocher la Bible des élèves, d’améliorer leur capacité à lire les textes à voix haute”.
Á l’ère de la communication et de la technologie, l’innovation du ministre de l’Éducation consiste dans l’emphase mise non pas sur la capacité à comprendre le texte, non pas sur l’esprit critique ou même l’aptitude à comprendre la Bible, mais sur la capacité des élèves israéliens à représenter la réponse sioniste qui convient aux chœurs de l’Église — et de chanter un certain nombre de versets selon la cantilation biblique.

Il n’est guère étonnant que le ministre de l’Éducation, Naftali Bennett [2], ait choisi une manifestation en l’honneur de la Fondation pour le renforcement des Études du judaïsme, en septembre 2016, pour déclarer :
“Étudier le judaïsme et l’excellence est à mes yeux plus important qu’étudier les mathématiques et les sciences”, [et ait] rejeté à maintes reprises la moindre critique à l’encontre de cette position.
Semblable critique fut formulée par Rachel Elior, professeur de pensée juive, qui écrivit dans un court préalable sur Facebook :
“Le plus important est d’apprendre le respect des êtres humains, dont le caractère universellement sacré de la vie ne dépend ni de la religion ni de la nationalité.”

Rappelons que la plate-forme éducative du parti de Bennett ignore la diversité de la société [israélienne] et vise à donner à tous les enfants une éducation (religieuse) juive ; et (nationale) sioniste.
L’amour de la patrie auquel le parti du Foyer juif entend éduquer comprend l‘annexion de la Cisjordanie ; la domination perpétuelle d’un autre peuple ; et l‘isolement international jusqu’à “ce que le monde s’habitue”.
Son modèle éducatif ignore des commandements tels que “Tu aimeras l’étranger” [3]. Il propose l’univers éducatif sur lequel Yeshayahou Leibowitz [4] écrivit cette vive mise-en-garde :
“Lorsque que quelqu’un admet les vues selon lesquelles ‘l’État’, ‘la nation’, ‘la patrie’‘la sécurité’, etc., sont les valeurs suprêmes et que la loyauté inconditionnelle envers elles est un absolu devoir sacré — [cette personne] devient capable de commettre n’importe quelle abomination dans cet intérêt sacré sans le moindre pincement de mauvaise conscience.” »

Cela se reflète dans l’allocation de budgets plus fournis à l’éducation religieuse-nationaliste [des sectes] messianiques, à laquelle il nous faut reconnaître que Guideôn Sâ‘ar et Shaï Piron [5] s’associèrent également.
Selon les données du ministère de l’Éducation, entre 2012 et 2016 le ministère a augmenté les budgets [dévolus] aux élèves du secondaire [des réseaux] religieux au taux le plus élevé en comparaison des autres secteurs, atteignant le pic de 33 000 Nis annuels par élève.
Cette somme est de 22% supérieure au budget attribué aux élèves du secondaire du secteur public ; et de 67% au budget alloué aux élèves arabes du secondaire.

Bennett sait que façonner les positions politiques de la jeunesse affectera le système politique, son caractère, et le régime de l’État d’Israël dans les années à venir.
[Cela] n’est pas dissimulé à ceux qui désirent “conquérir les cœurs” et promouvoir des idées nationalistes-messianiques.

Mais le désastre éducatif de la société israélienne est plus profond encore et est marqué par les caractéristiques du fascisme. “L’anti-intellectualisme” est depuis toujours l‘un des symptômes du fascisme.
La persécution des intellectuels démocrates pour leur trahison des valeurs traditionnelles ou de l’idéologie [de ceux] qui aspirent à gouverner a constitué le principe directeur des penseurs de l’élite fasciste.
Leah Goldberg [6] l’expliquait [ainsi] :
Les intellectuels et les artistes menacent les dictatures et les conceptions du monde qui suppriment la liberté des êtres humains.
« [Ils apprennent] à l’humanité à dire non” avec des sarcasmes plus mordants quand les temps l’exigent. »

Le “code déontologique” des assistants à l’Université, formulé par le Pr Asa Kasher [7] à la demande de Bennett, est perçu comme tel par beaucoup, comme la secrétaire d’État Tzipi Hotovely [8] qui notait sur sa page Facebook en septembre 2014 [ …] :
« L’insubordination de 8 200 officiers est une ceinture explosive sociale et reflète la banqueroute du système éducatif qui les a élevés. Ils ne sont pas dignes de servir dans l’armée la plus morale du monde. Le chef d’état-major doit agir immédiatement afin de les renvoyer. »

Si l’on observe le système éducatif en Israël à travers les lentilles du Pisa (le Programme  international d’évaluation des acquis des élèves), la situation n’est guère encourageante  Chaque année, l’Ocde examine le niveau d’alphabétisation des élèves de 15 à 16 ans en lecture, mathématiques et sciences.

La faiblesse israélienne en lecture selon l’évaluation [du Pisa] atteste également de la “dégénérescence du langage” que l’on peut constater parmi de nombreux élus.
Mais nul ne bat la ministre de la Culture. Tous les manuels fascistes usent d’un vocabulaire limité et d’une syntaxe plus qu’élémentaire, restreignant les outils d’une pensée critique et complexe.
Dans une allocution de 5 minutes à des élèves du secondaire, Miri Réguev [9] proclama que Stav Shafir [10] est communiste et que Shelly Yachimovitch [11] avait voté ‘Hadash [12] ; souligna que « Miri Réguev [elle-même] n’est pas une voleuse » et que « Jérusalem est [nôtre] pour l’éternité et l’éternité » [13] — clap !

Dans cette culture, qui sanctifie le contemporain et le spécifique, il nous est difficile suivre et comprendre des processus qui se sont produits au cours de longues années.
Ce n’est pas la première fois que la vérité est révélée dans sa nudité concernant les enseignants israéliens. C’est arrivé il y a deux ans dans le cas des professeurs du pays et de l’histoire du sionisme et du conflit israélo-palestinien.
Subitement, le sinistre tableau nous apparut : selon un sondage effectué par le quotidien Israel Hayom [14], 69% des enseignants ne savaient pas ce qui était arrivé en le 29 novembre 1947 [15] ; tandis que 57% ignoraient ce qu’était la “ligne verte” [16] et comment elle avait été déterminée.
En d’autres termes, ce qu’il importe de mémoriser est choisi avec soin — la “Prière pour la pluie”, car c’est l’un des facteurs touchant au déclin des chutes de pluie, selon le ministère de l’Éducation, et non des événements déterminants dans l’histoire du sionisme.

Cette ignorance des questions qui décident de notre destin n’est pas le fait du hasard.
Elle est le produit de ces dernières années où le système éducatif s’est trouvé sous la coupe de ministres du camp messianique nationaliste-religieux.
L’évolution qui a eu cours dans le secteur public consiste pour l’essentiel en deux tendances fortes qui déterminent la culture politique et celle qui existe dans la sphère publique.

La première, et la plus importante, est celle qui garantit, en l’absence de connaissance des événements majeurs, que le curriculum n’établira pas un ensemble de concepts et faits et ne retracera pas les processus historiques pouvant servir de base à une compréhension plus complète de l’histoire du sionisme et du conflit avec les Arabes.
Les lacunes ainsi créées dans le savoir rendent facile de se débarrasser de vérités historiques et de les changer en fonction du besoin politique [du moment], comme l’a montré la comparaison faite par le Premier ministre entre Hitler et le Mufti [18].

La seconde tendance concerne le passage des anciennes manières d‘être aux nouvelles. L’introduction d’un contenu nationaliste, religieux et messianique dans le curriculum, comme le ministre de l’Éducation Bennett le fait à la dérobée, est [commode] quand il n’y a aucune autre base solide de connaissances avec lesquelles composer.
C’est une autre manifestation du programme de Bennett, qui proclamait que pour le salut de la Terre d’Israël, le peuple d’Israël et l’État d’Israël doivent être transformés.
Lui et ses collègues se concentrent aujourd’hui sur « la colonisation au cœur » après une série de traumatismes théologiques prenant source dans le crash messianique sur les rocs de la réalité, à commencer par le plan de désengagement [18] ; l’évacuation d’Amona et Migron [19] ; et l’arrêt de la construction dans les implantations en résultat de pressions internationales [20].

Cet esprit maléfique, qui détruit le système éducatif israélien, contrevient totalement à l’esprit de ses fondateurs lesquels entendaient assurer l’avenir plutôt que préserver le passé.
Comme David Ben-Gourion et Yitz’hak Ben Zvi l’écrivaient dans leur livre Éretz Israel en 1918 :
« Si nous cherchons à asseoir les frontières de la terre d’Israël aujourd’hui, en particulier, si nous ne le voyons pas seulement comme le leg du passé juif mais comme la terre de l’avenir juif … » [21]

Pire encore, si l’on ne bloque pas ces tendances et que le processus ne s’inverse pas, Israël exaucera la prédiction de Lord Nathaniel Rothschild dans sa lettre à Herzl en 1903 :
« Je vous le dis avec la sincérité la plus absolue : Je serais atterré de voir l’installation d’une colonie juive au plein sens du terme. Cette colonie serait un ghetto, avec tous les préjugés d’un ghetto..
Un petit État juif, mesquin, religieux et non démocratique, qui rejetterait les  Gentils et les chrétiens. » [22]


Notes

[1]  Nis ou New Israeli Shekel, en usage en Israël, en Cisjordanie et à Gaza depuis janvier 1986, où il a remplacé le shekel contemporain de la création de l’État suite à une inflation galopante. Changé au ratio de 1/1000, ce qui a bouleversé la donne pour nombre d’Israéliens, il compte comme son aîné 100 “agoroth” (centimes).

[2]  Né en 1972 à Haïfa, Naftali Bennett étudie le droit à l’Université hébraïque de Jérusalem, brasse des affaires — et défend des positions annexionnistes qui permettent, entre autres, d‘en faire. Installé dans les Territoires où il dirige le Conseil de Yesha (acronyme de Judée-Samarie, les dénominations bibliques de la Cisjordanie sud et nord) qui mène en 2005 avec les 25 maires et les 10 dirigeants de communautés qu’il regroupe un mouvement de protestation massif contre le plan de désengagement des territoires libérés. Il prend ensuite en mains le vieux parti national-religieux (PNR), devenant sous son emprise le très agressif  néo-orthodoxe et ultra-nationaliste Foyer juif (HaBayit HaYehudi), qui campe à l‘extrême-droite de l’échiquier politique israélien et tient en otage Nétanyahou dont Bennett convoite la place.  Il obtient des financements de la Fondation pour le renforcement des Études du judaïsme… qui récolte à l’étranger de quoi soutenir l’enseignement nationaliste et orthodoxe, jusqu’à celui des sectes si minuscules soient-elles…. mais installées de préférences en Cisjordanie ! Si les nouvelles lois interdisent et poursuivent impitoyablement toute subvention venue de l’étranger, il va de soi qu’elles ne concernent que l’opposition, et tout particulièrement les associations, de gauche.

[3]  « Tu aimeras l’étranger, car tu fus étranger dans le pays d’Égypte  (ואהב גר – Dt. 10 18 -) »  se trouve dans des variantes diverses dans les livres de l‘Éxode (« Tu ne maltraiteras pas l’étranger, car tu fus étranger dans le pays d’Égypte   » Ex 22:21) ;  du Lévitique (« Si un étranger vient séjourner avec vous dans votre pays, tu ne l’opprimeras point. » Lévitique 19:33) ; du Deutéronome (« Tu n’auras point en abomination l’Édomite, car il est ton frère ; Tu n’auras point en abomination l’Égyptien, car tu as été étranger dans son pays » Dt 23:7) ; et enfin, en situation inverse, dans les plaintes du prophète Ézéchiel avant le retour d’exil (« Le peuple du pays se livre à la violence, commet des rapines, opprime le malheureux et l’indigent, foule l’étranger contre toute justice » Ézéchiel 22:29). La tradition orale reprendra et commentera abondamment ce commandement fondamental, on le voit, pour le judaïsme , souvent cité dans les Haggadoth — Récit de Pessa‘h lu au début du long déroulé du “Séder” (l‘ordre, l’organisation de la fête) rituellement lu sous forme de pédagogie destinée aux plus jeunes avant le repas qui ouvre la fête, et celui à la fin qui la clôt..

[4] Né à Riga en Lettonie en 1903, Yeshayahou Leibowitz reçoit une éducation juive de ses parents. Son parcours scientifique débute en 1919 à Berlin où il commence des études de chimie et de philosophie, avant de partir à Bâle où il étudie la biochimie et la médecine. Muni de ses divers doctorats, obtenus successivement à Berlin puis Bâle, il émigre en Palestine (sous mandat britannique) en 1934 ; et enseigne la chimie organique à l’Université hébraïque de Jérusalem. Nommé professeur en 1941, il est promu en 1952 doyen de la chaire de chimie organique et de neurologie ; Il assure également un cours d’études juives à l’université de Haïfa ; et continue après sa retraite à enseigner la philosophie à l’Université hébraïque. Il donne pendant toutes ces années des conférences internationales ; rédige des livres en hébreu et en anglais ; et de 1956 à 1972 supervise la rédaction de l’Encyclopaedia Hebraïca., son grand-œuvre. Ses positions anticonformistes et son franc-parler le rendent impopulaire tant dans les milieux religieux que dans les cercles politiques ; ardent critique du système des coalitions de gouvernement, il s‘en prend à l‘occupation de territoires arabes, qui « détruit la moralité du conquérant » ; et soutient les objecteurs de conscience apparus pour l‘essentiel à partir de 1982 et de l‘invasion du Liban. Il ira jusqu’à parler à ce propos d‘actions de soldats de Tsah‘al démontrant l’existence d’une mentalité « judéo-nazie »… sans cesser cependant de réaffirmer sa foi dans la légitimité du sionisme. Militant contre la prolifération de l’arsenal nucléaire, il reste sa vie durant une figure dans le domaine de la pensée juive — sa vision, très marquée par Maïmonide pour lui modèle idéal, exprime un grand attachement à la pratique des Mitzvoth et le rejet de la Kabbale ou des sectes selon lui idolâtres qui en soumettent l’application à un attachement émotionnel. Il se fait ainsi de solides ennemis, au point qu‘en 1992, lorsque le prestigieux Prix d’Israël lui fut décerné, Yitz‘hak Rabin, alors Premier ministre, annonça son refus de participer à la cérémonie.

[5]  Né Guideôn Moses Serchanski dans une famille originaire de Boukhara en décembre 1966 à Tel-Aviv/Yaffo, Guideôn Sâ‘ar obtient une licence de sciences politique, puis de droit à l’université de Tel-Aviv/Ramat-Aviv. Engagé dans le cabinet de Michaël Ben-Yaïr, le conseiller juridique du gouvernement, il passe en 1997 à celui du procureur de l’État. Rejoignant ensuite le secrétariat du gouvernement en 1999, et surtout le Likoud après la victoire d’Ariel Sharon en 2003. Nommé président du groupe parlementaire  du Likoud à la 16e Knesseth, il s’oppose au plan de Désengagement des territoires occupés. Réélu en 2006, il devient vice-président de la Knesseth et dépose deux propositions de lois : l‘une pour emprisonner les employeurs qui licencient des femmes enceintes ;  l‘autre pour interdire les tests cosmétiques sur les animaux. Fin 2008, l’aile dure du Likoud menée par Sâ‘ar, Silvan Shalom et Moshé Feiglin remporte la primaire interne, et il se retrouve deuxième de liste, juste derrière Benyamin Nétanyahou,  pour les législatives de 2009. Sa’ar est réélu lors des législatives et est nommé ministre de l’Éducation le 31 mars 2009. Réformant les programmes scolaires, il accentue l’enseignement des valeurs et héros sionistes. Bien qu‘il souhaite rester à ce poste, il doit céder la place au rabbin Shaï Piron (Yesh Atid) à l‘issue de difficiles négociations de formation de la coalition, et obtient l’Intérieur en guise de lot de consolation. Séparé de son épouse — avec laquelle il vivait depuis 20 ans – qu‘il répudie en 2012, il est accusé en février 2013 par une lettre anonyme adressée au Premier ministre d’abus sexuels à l’encontre d’un membre de son cabinet. En mars, le procureur de l’État annonce que la lettre est un faux et innocente le ministre, qui occupe jusque début novembre 2014 le ministère de l’Intérieur.
Né en 1965, le rabbin Shaï Piron est éducateur dans le mouvement sioniste-religieux. Chef d’une grande yeshiva à Péta‘h Tikvah, il est également impliqué dans les efforts visant à combler le fossé entre communautés laïques et religieuses. Marié et père de six enfants, il vit à Oranith, une petite colonie au-delà de la ligne verte. Député à la Knesseth pour Yesh Atid, il a occupé les fonctions  de ministre de l’Éducation dans le gouvernement Nétanyahou III.

[6] Née fin mai 1911 dans une famille originaire de Kaunas (Lettonie), Leah Goldberg émigre en Palestine mandataire en 1935, précédée par une réputation d‘érudition qui lui ouvre toutes les portes. Femme de lettres prolifique en hébreu, elle pratique avec aisance sept langues et travaille comme traductrice en hébreu moderne (le Guerre et Paix de Tolstoï, des recueils de Rilke, etc.) ; comme éditrice (des groupes de presse Davar, Al-HaMishmar) ; comme dramaturge pour le théâtre Habimah, dont elle est conseillère littéraire. Elle rejoint à Tel-Aviv le groupe sioniste est-européen de poètes hébraïsants symbolistes “Yakhdav” (Ensemble) dirigé par Avraham Shlonsky ; publie en prose pour les enfants et les adultes. Linguiste bardée de doctorats glanés à Berlin et Bonn, elle enseigne à l’étranger comme à l’Université hébraïque, y dirigeant à partir de 1963 le département de Littérature comparée. Elle obtient le Prix d‘Israël de littérature hébraïque juste avant de succomber à un cancer à Jérusalem en janvier 1970.

[7] Petit-fils d‘un talmudiste de renom, le professeur Asa Kasher est né en juin 1940 à Jérusalem. Linguiste et philosophe connu pour ses travaux sur l‘éthique, il enseigne à l’université de Tel-Aviv après un doctorat de philosophie obtenu en 1971  à l’Université hébraïque de Jérusalem. Partie prenante de l’institut néo-orthodoxe Shalem, il publie le journal Philosophia ; il a écrit une défense et illustration de la loi du Retour,  justifiée selon lui par le statut des Juifs jamais chez eux nulle part ; il s’est également penché sur les possibles interprétations de la définition d‘Israël  “État juif et démocratique“ ; et a rédigé pour Tsa‘hal un Code de conduite qui fait autorité.  Le Prix d‘Israël de philosophie lui a été décerné en 2000.

[8] Née à Ré‘hovoth en décembre 1978 dans une famille d’origine géorgienne et faisant la fierté de sa communauté, Tzipi Hotovély, dotée d’une maîtrise en droit des affaires, fait vite florès dans les médias, tenant à partir de 2007 tribune dans la presse écrite. Orthodoxe aux positions ouvertement féministes, ayant choisi de faire son service militaire, aussi photogénique qu’atypique et usant de réparties à l‘emporte-pièce, elle est invitée à nombre débats et magazines télévisés. Fin 2008 elle s‘inscrit au Likoud et entame une carrière politique ; membre de la commission parlementaire sur le statut des femmes et l’égalité des sexes, elle y prône en 2011 la lutte contre les mariages mixtes et s’oppose à tous contacts entre Arabes et Juifs ; la même année, elle s‘assied délibérément à l‘avant d‘un bus réservé aux “craignants-dieu”, lesquels rejettent les femmes à l‘arrière pour surtout résister à la tentation.

[9] L‘art du scandale est en premier lieu celui de Miri Réguev, l’agressive ministre de la Culture et des Sports d‘Israël. Née à Kyriat Gat en mai 1965 d‘un père juif marocain et d’une mère espagnole, elle fait son service dans le porte-parolat de Tsah‘al, dont elle gravit les échelons jusqu’à le représenter lors du désengagement de Gaza et de la guerre du Liban de 2006. Remplacée à ce poste l’année suivante, elle s‘inscrit au Likoud et entre à la Knesseth en 2009. Réélue en 2015, elle capte l‘attention de Nétanyahou, qui la nomme à ses fonctions actuelles — dont elle use et abuse, utilisant les suppressions de subventions pour délit d’opinion et la censure pour arriver à ses fins. Mariée à un ingénieur dans l’aéro-spatiale qui défend des idées de gauche, elle tire quant à elle le Likoud au-delà des positions les plus extrêmes du pays. Depuis la mi-juin 2017, elle prend la place du Premier ministre lorsqu’il se trouve à l’étranger…  en attendant mieux, n‘en doutons pas !

[10] Stav Shafir, née à la mi-mai 1985 à Nétanyah dans une famille irako-lituanienne-polonaise et roumaine, la plus jeune députée dans l’histoire d’Israël débute sa carrière dans les médias. Rédactrice d’un magazine de l‘armée pendant son service, elle obtient ensuite une bourse pour participer au programme conjoint avec des étudiants palestiniens organisé par  l’université de la ville de Londres. Sept années durant, elle travaille entre autres pour National Geographic et Yédioth A‘haronoth. Porte-parole et fondatrice-organisatrice du mouvement “des tentes”, qui voit en 2011 plus de 500 000 personnes manifester contre les prix élevés du logement, la corruption et l’effondrement de l’État-providence, elle est catapultée dans la sphère publique par un débat télévisé avec Miri Réguev. Membre de la Knesseth depuis janvier 2013, son patrimoine y est le plus bas (20 000 $ ;  ni appartement ni voiture). Elle fut parmi les 8 députés renonçant à leur augmentation en 2015 — la qualifiant de “désagréable" alors que les salaires israéliens stagnent. Membre de la Commission des finances de la Knesseth, elle établit la transparence financière dans le budget de l’État. Pour la première fois depuis 30 ans, le ministère des Finances a accepté de publier les transferts budgétaires en ligne avant les réunions, afin que députés et électeurs puissent suivre les flux de trésorerie. Récemment nommée présidente de la Commission de transparence du gouvernement au sein de l’Ocde pour partager les connaissances, la recherche et les méthodes entre parlements dans le monde et mettre fin à la corruption politique : plus de 90 pays différents ont participé à la première réunion en 2017 à Paris.

[11] Shelly Yachimovitch naît fin mars 1960 à Kfar Saba de parents juifs de Pologne  rescapés de la Shoah ; le père est menuisier, la mère institutrice. Engagée depuis le plus jeune âge, elle pratique à quinze ans un affichage sauvage contre les méthodes du directeur de son lycée. En 1985, elle obtient un diplôme de Sciences comportementales à l’université  Ben-Gourion du Néguev. Parallèlement, elle tient la rubrique féministe et sociale du quotidien de gauche Al HaMishmar, hér!tier du mouvement HaShomer HaTsaïr (“La Jeune Garde”), sioniste révolutionnaire, et du Kibboutz Artzi qui en est l"émanation ; toujours durant ses études, elle devient présentatrice vedette sur Resheth Beyth, le 2ème et prestigieuse chaîne de radio israélienne, où elle se taille rapidement une réputation de refus des conventions et des concessions assorti d’un vif esprit critique et d’une propension à ne pas mâcher ses mots. En octobre 2000, à la suite d’un conflit professionnel, elle après avoir déjà quitté la radio pourtant provocatrice de l’armée, Gaalei Tsah‘al (“Les Ondes de l’IDF”) abandonne la radio et accepte la proposition de la chaîne télé publique 2, où elle anime une émission politique et commente les nouvelles.Elle gagne (très bien) sa vie dans la finance mais démissionne de la banque, révoltée par le système des surprimes qui jette les gens à la rue après leur avoir fait miroiter quelques alouettes. Usant de son expérience et de sa pugnacité, elle fait passer durant ses mandatures plusieurs textes législatifs qui mettent le holà à ces pratiques… et sont vite rétorqués ! Avec la spécialiste des affaires militaires Carmela Ménashé, elle couvre en 1997 l’intervention israélienne au Sud-Liban, et réagit immédiatement, de concert avec celle-ci, au coût en vies humaines que tenir la région implique : un hélicoptère s’est écrasé en territoire libanais,, tuant les quatre conscrits embarqués. Leurs quatre mères fondent en février 1997 une association, Four Corners, luttant pour le retrait israélien du Liban. Une campagne menée au nom fr leurs fils et couronnée de succès, Éhoud Barak confronté à une opinion publique que Carméla Ménashé et Shelly Yachimovitch n’ont de cesse de prendre à témoin n’a pour choixméïr Vilner,  que d’annoncer lle retrait en 2000. De 2011 à 2013 elle mène l’opposition, avant de se consacrer pleinement à populariser les objectifs de l’association Four Corners. 

[12]  Les errements de la politique de Staline après la ibération, dont les Juifs de Pologne, Galicie et Biélorussie restent reconnaissants à l’Armée rouge (dirigée, entre parenthèses par Trotski), aboutissent à la formation de deux partis communistes concurrents, le Maki, sioniste, et le Raka’h, enraciné dans la population arabe du pays et dont naîtra en 1977 sous l’impulsion de son leader historique Méïr Vilner, le ‘Hadash (hébreu : חדש « nouveau », acronyme de ‘Hazit Demokratit LeSHalom véShivyon, « Front démocratique pour la paix et l’égalité ») constitue une alliance parlementaire d’extrême-gauche israélienne juive et arabe dont le double siège est à Césarée et Nazareth. En 2009, le programme du parti comprenait les points suivants : obtenir une paix juste, globale et stable entre Israéliens et Palestiniens, Israéliens et Arabes ; défendre les droits et acquis des travailleurs ; développer les services sociaux (santé, éducation, logement, sécurité sociale, culture, sport) ; lutter pour l’égalité de la population arabe d’Israël et éradiquer la discrimination ethnique ; promouvoir les préoccupations des habitants des quartiers désavantagés et des villes en développement ; combattre pour les libertés démocratiques et l’égalité des sexes ; protéger l’environnement et le droit environnemental ; éliminer les armes de destruction massive.

[13] Elle-même, affirme-t-elle en un étonnant plaidoyer pro-domo, « n‘est pas une voleuse ». De quoi, de territoires ? La suite de la phrase semble accréditer cette version, réaffirmant sans ambages le credo de la droite annexionniste israélienne : « Jérusalem est [nôtre] pour l’éternité et l’éternité. »

[14]  Israel Hayom (en hébreu : ישראל היוםIsraël aujourd’huih), tabloîde distribué gratuitement depuis la mi-juillet 2007, a fait chuter les deux journaux jusque-là les plus diffusés dans le pays, Yédioth A’haronoth et Maariv. ; seul  Ha’Aretz, dont le public, le niveau de langage et les opinions politiques sont pour le moins différentes tire son épingle du jeu. De fait c’est une arme aux mains du multimilliardaire Sheldon Adelson, Juif amécain né à Boston dans une famille démocrate immigrée d’Ukraine. Farouche républicain en ce qui le concerne, il a bâti sa fortune sur l’immobilier, les casinos et les boîtes de nuit, et soutient Binyamin Nétanyahou. Une tentative de contrer la mise en place du quotidien échoue en 2010, où un débat à la Knesseth visant à instaurer une “Loi Adelson" pour sauvegarder la liberté de la presse, est barré par la Commission interministérielle de la Législation. Une étude menée en 2008 par Moran Rada du Israel democracy institute sur la couverture de l’actualité politique par les journaux israéliens a démontré que le traitement de l’actualité autour de Benyamin Nétanyahou ne serait « pas particulièrement équitable » : la couverture de son actualité par Israel Hayom serait biaisée en sa faveur. Pris dans tourmente des subprimes, il perd la quasi-totalité de sa fortune, mais se refait en investissant e Asie le très peu qu’il lui reste… En Chine cependant, où les mafias sont puissantes et s’appuient sur la prostitution, les stupéfiants et le jeu, plusieurs procès l’opposent à des intermédiaires au sujet de casinos. Proche de Donajd Trump, dont il a financé la campagne des primaires, arrosant de généreux pots-de-vin les gouverneurs des États-clef, il attend maintenant un retour sur investissement, dont l’annonce du transfert de l’ambassade US à Jérusalem est le premier pas. Il focalise son intérêt sur Israël, les impôts et la lutte contre la drogue. Opposé à une solution à deux États qu’il considère être « un tremplin vers la destruction du peuple juif », il prône l’annexion des territoires palestiniens occupés et rompt avec l’Aipac, le lobby américain pro-israélien, pour son soutien à un plan d’aide aux Palestiniens, « un peuple qui n’existe pas ». Jamais à court de propos fracassants, il déclare publiquement en octobre 2013 qu’il lui semblait bon d’envoyer quelques missiles nucléaires « au milieu de Téhéran » pour lutter contre les ambitions de ce pays de se doter de l’arme nucléaire. Ce qui serait à l’origine de la cyberattaque présumée de hackers affiliés à l’Iran contre son entreprise Las Vegas Sands quelques mois plus tard.

[15]  Date de l’adoption par l’Assemblée générale de l’Onu du plan de parage de la Palestine, jusque-là sous mandat britannique.

[16]  Les lignes de démarcation tracées  lors des armistices successifs de février à juin 1949  tinrent lieu jusque juin 1967 de frontière entre Israël et ses voisins arabes, plus ou moins virulents selon les périodes, et qui abritaient souvent à contrecœur les réfugiés palestiniens massés dans les camps des Nations-Uniies  Après la guerre des Six Jours, beaucoup crurent que le cours de l’histoire juive était sur le point de changer. Tout à coup, Israël tenait les monts do Golan, la Judée, la Samarie, la péninsule du Sinaï,. Et la Syrie, la Jordanie et l"Egypte — qui avaient respectivement eu ces territoires en main —  voulaient maintenant les récupéreraient ceux qui pensaient que ce désir des Ararésentait pour les Israéliens une opportunité. Pour la première fois entre toutes nous disposions d’une monnaie d’échangeauthentique et solide — laquelle, pour peu que nous manœuvrions intelligemment, pourrait servir de contrepartiedans le cadre d’un accord de paix. Le rêve était que la victoire d’Israëlpar la guerreoffrirait aussi une victoire contre la guerreelle-même.

https://www.lapaixmaintenant.org/une-autre-approche-du-conflit/

 “Ligne Verte – les Etudiants font la Frontière”, ont l’intention de créer dans le Parc Rose, en face de la Knesset. Leur objectif est d’exiger “la fin immédiate de l’occupation, au nom de l’avenir d’Israël”». 2002 Mossi Raz 

 

[17]  Comparaison Hitler et Mufti  [Note en construction]

[18] Plan de désengagement  [Note en construction]

[19] Évacuation d’Amona et Migron  [Note en construction]

[20] Arrêt de la construction dans les implantations en résultat de pressions internationales .[Note en construction]

[21] David Ben-Gourion et Yitz’hak Ben Zvi, Éretz Israel, 1918. [Note en construction]

[22] Lord Nathaniel Rothschild. [Note en construction]

L’Auteur

Shaul Ariéli a présenté de façon remarquable les détails de cette solution dans son exposé à la conférence organisée par JCall le 19 juin 2017 au Parlement européen ; lui aussi courageusement engagé dans la pédagogie des deux États, Ami Ayalon, ancien directeur du Shin Beth, y intervint dans le même sens. Tous deux appelèrent les Juifs européens à se mobiliser résolument en faveur de cette solution. Les Palestiniens, pour leur part, doivent renoncer au « droit au retour »Traduction, Chapô & Notes, Tal Aronzon pour LPM

Écrivain, journaliste et chercheur sur le conflit israélo-palestinien, le colonel Shaul Ariéli a préparé les négociations avec la direction palestinienne en tant que responsable des accords d’intérim nommé par Rabin. En retraite depuis 2001, il est est l’un des pères de l’Initiative de Genève (2003). Auteur de tribunes publiées dans le Ha’Aretz, le Forwardet bien d’autres en Israël ou à l’étranger, ses analyses font autorité en matière de frontières, d’économie et de statistique..

 Analyste des évolutions démographiques et fin connaisseur, de par sa carrière militaire, des problèmes de frontière et de sécurité, ce partisan de la solution à 2 États démonte à l’occasion de la publication par Yaakov Katz, chef du mouvement pro-colonisation, de son annuaire statistique 2017, la rhétorique — pour ne pas dire la propagande – qui y paraît.