Oubliez les deux États, pourquoi pas trois : quelques idées créatives (et bizarres) pour parvenir à la paix au Moyen-Orient.

« Puisque rien d’autre ne semble marcher, pourquoi ne pas aller droit à l’étrange ? Voici en ce début d’année un ensemble de propositions de citoyens et citoyennes pour mettre fin au conflit, fruit d’une imagination parfois sidérante », note Roy Arad en ouverture de cette tribune … et de la nouvelle année juive.  Á lire les contributions on constate que la présentation de cet article est pour le moins exagérée, voire mensongère : la cinquième “proposition de paix” plaide pour l’annexion ; et figure dans ce bric-à-brac une analyse par l’historien Mordekhaï Qeidar de l’initiative de paix de la Ligue arabe – laquelle mériterait d’être publiée ailleurs mais ne procède en rien de l’imagination débridée d’anonymes locaux.

Restent les trois premières, des “propositions” … mais “de paix”, cela reste à voir. Deux des auteurs, issus de l’intelligentsia militaro-politique de l’État, se préoccupent avant tout de la question démographique ; tous trois cherchent comment maintenir la suprématie juive (en matière de gouvernement ‘fédéral”, d’affaires étrangères, de monnaie), usent des termes Judée et Samarie pour désigner la Cisjordanie, jugent la colonisation irréversible. Ils évoquent, à regret ou non selon les cas, des “bantoustans” en guise d’État palestinien et affichent un incroyable mépris pour ceux qui devraient être leurs interlocuteurs naturels … Aucun ne trouve nécessaire de les consulter, cela leur paraît contre-productif au regard de l’opinion publique israélienne. 

Bref, après les atteintes portées aux esprits par des décennies d’occupation, voici un catalogue de ce que l’on dénonce généralement comme l’arrogance israélienne. Le pire étant les délires de Lior Aziz, “écrivain” bientôt quinquagénaire dont on ne trouve aucun texte publié … S’il ne s’agit pour lui que d’une opération de communication, c’est là un triste exemple d’escroquerie sur un thème qui méritait mieux. Que l’on puisse présenter ces mélanges comme d’originales propositions de paix est pour le moins préoccupant. Nous vous laissons juges.

Traduction de l’anglais, notes & châpo : Tal Aronzon pour LPM

Photo Getty Images/iStockphoto [DR] : Quand les colombes laissent leur imagination courir. Quel plan pourrait mener à la paix ?

Ha’Aretz, le 20 août 2017

La TRIBUNE de ROY ARAD

Même s’il est clair qu’il n’y a pas grand chance à l’horizon d’une vraie avancée vers la paix, il apparaît que le pays est agité ces jours-ci par une effervescence de plans de paix. Des plans créatifs et hauts en couleur s’accumulent, tentant de combler le vide laissé par l’apparent abandon israélien du concept de “2 États pour 2 peuples“.

Il y a, par exemple, ceux qui soutiennent l’idée de “2 États, 1 patrie“, des familles dans tout le pays et une abondance d’associations désireuses de promouvoir l’initiative de Genève, que des officiels israéliens et palestiniens révélèrent pour la première fois en 2003, ou l’initiative de paix arabe, ratifiée par la Ligue arabe en 2002.

Cette fois, cependant, nous allons nous pencher sur les outsiders — de simples citoyens qui ont essayé de donner de leur temps et d’user de leur imagination débridée par résoudre le conflit. Quelques-uns de leurs plans suggèrent des éléments utiles ; d’autres restent empreints de nostalgie pour le bon vieux concept de “2  États pour 2 peuples“ ; et il y a également quelques idées qui méritent le qualificatif de stupéfiantes.

1. Á la mode californienne : “Plutôt que diviser le talith, chacun l’adopte.”

Yttz’haq Nathan, aujourd’hui âgé de 73 ans, fut 45 années durant le fabuleux directeur de la Thelma Yellin High School of the Arts. En amène retraité, il travaille sans relâche à la recherche d’une solution au conflit. Nathan voit deux États, ou des entités similaires, s’étendant sur les terres situées entre Jourdain et Méditerranée ; une fédération les lierait pour la conduite des Affaires étrangères. Tous les habitants juifs feraient partie de l’État d’Israël, et tous les habitants arabes – même ceux, disons, de Haïfa – seraient citoyens de l’État de Palestine. Aucune frontière ni barrière ne les séparerait, et deux parlements cohabiteraient à Jérusalem. Cependant, pour garantir une majorité juive au sein de cette fédération, la bande de Gaza n’en ferait pas partie. […] Nathan présente son plan dans les termes de la fameuse discussion talmudique concernant deux personnes dont les prétentions à la même chose sont égales.

« Mon idée ne résoudra pas tout, admet-il. Dans l‘esprit des Arabes, la partie occidentale de la terre d’Israël/Palestine — entre la Méditerranée et le Jourdain – constitue en effet une seule unité géographique. Nous ne vivons pas simplement côte à côte, mais aussi l’un dans l’autre. Deux États seront fondés, les citoyens palestiniens de Jaffa voteront aux élections palestiniennes et auront un parlement logé dans un élégant bâtiment de Jérusalem-Est. »

• Un sondage récent a montré que 60% des Arabes israéliens s’opposent à la suggestion de B. Nétanyahou de transférer la ville arabe d’Oum al-Fahm à l’Autorité palestinienne – et que seuls 20% y sont favorables. Les citoyens arabes ne sont pas prêts à renoncer à leur citoyenneté israélienne. 

« Quand le roi Hussein a signé un accord de paix avec Israël, lui aussi a abandonné les citoyens jordaniens de Judée et Samarie sans leur demander leur avis. Un accord ne se passe pas entre citoyens, mais de pouvoir à pouvoir. »

  • Il n’y a non plus aucune chance que les Palestiniens lâchent les 2 millions d’habitants de la bande de Gaza si facilement. C’est comme si Israël se désengageait du Goush Dan [1].

« Gaza devra trouver sa propre solution. C’est le cas de Hong-Kong. […] Mon point de départ est sioniste et juif. Cette solution ne saurait être égalitaire ; il s’agit plutôt d’apporter aux deux parties la meilleure réponse possible. »

  • On relève une certaine similarité entre votre plan et l’idée de “2 États, 1 patrie”.

« Il y a des différences significatives. Ils parlent d’une frontière avec des échanges [2], ce qui n’est pas possible. Je vis à Kfar Saba, et mon balcon donne sur la Samarie. Pour le moment, je vois Qualquilyah. Le tableau est merveilleux. Et puis, il y a toutes les localités juives. C’est irréversible. Imaginez, ces deux peuples aux énergies formidables faisant la paix. Les Palestiniens ont un potentiel formidable. Ils ont de l’énergie, ils s’associeront dans des entreprises communes. »

  • Les Affaires étrangères seront-elles conduites en commun au sein de la fédération, ou bien chacun pour soi ?

« Concernant les questions intérieures – la culture; l’éducation, la religion – chacun en sera responsable pour sa part ; à l’extérieur, il y aura une monnaie commune, le shekel, et un seul ambassadeur. »

  • Il s’agit donc d’une autonomie élargie ?

« Les Palestiniens auront un drapeau, à l’instar de la Californie, par exemple. La différence entre nous et “2 États, 1 patrie”, est qu’il n’y aura pas de droit au retour [3]. Nous prenons l’initiative. Nous avons dansé en l’honneur de la partition le 29 novembre [4], et qu’est-ce qui s’est passé ? Les Arabes ont ouvert le feu. »

  • Qui sera à la tête de la fédération ?

« Le Premier ministre sera choisi à l’issue d’une élection générale. Grâce à ce plan, la majorité démographique juive sera assurée. »

  • Vous avez pensé à un nom pour la fédération commune ?

« Israël-Palestine. »

2. Le concept suisse :  “Les Palestiniens sont si affaiblis, qu’ils accepteront n’importe quelle formule raisonnable“

En comparaison des autres plans entrevus, le schéma fédératif énoncé par Aryeh Hess et Emmanuel Sha’haf est dans l’ensemble très complet. Ils ont engagé un graphiste et un chargé de relations publiques, disposent d’une carte attrayante et d’un beau site. Le concept est suisse : 30 cantons seront fondés entre le Jourdain et la Méditerranée – dont 20 à majorité juive et 10 à majorité non-juive.

« Le plan a été formulé il y a trois ans, mais je l’ai récemment propulsé avec une plus grande vigueur et j’ai investi dedans une part de mes deniers personnels », dit Sha’haf, 63 ans, membre du parti travailliste et ex-employé du Mossad.

« Le plan propose un contrôle israélien entre le Jourdain et la Méditerranée ; la mise en application de la législation israélienne en Cisjordanie ; l’égalité pour tous ; et une constitution commune protégeant l’ensemble des droits. Ce sera un État pour tous ses citoyens, mais le terme fait polémique »  ayant servi de slogan au parti arabe israélien Balad. « Afin de changer le mode de gouvernement, il faudra une double majorité. Non seulement en termes démographique, mais encore celle des cantons. »

  • On a omis Gaza.

« Avec Gaza, aucun plan ne marchera. Nous aiderons [la bande] à devenir un État normal. Pour les Palestiniens, ne pas avoir Gaza à l’intérieur, c’est dur. Mais j’expliquerai que c’est un plan temporaire, pas définitif. »

  • Quelles ont été les réactions ?

« Toutes sont positives, sans exception. Certaines personnes ont peur des Arabes, et ne sont pas prêtes à accepter ne serait-ce qu’une minorité arabe de 35% dans l’État. »

  • Y a-t-il des partisans dont je puisse citer le nom  ?

« La même règle joue. La gauche est absente. J’ai parlé avec des membres de la Knesseth. Certains ont réagi favorablement, mais mis à part Yehoudah Glick, du Likoud, personne n’est prêt à ce qu’on le nomme.  »

  • Et les Palestiniens soutiennent-ils votre plan  ?

« Tous ceux avec lesquels j’ai parlé — par exemple d’anciens hauts dirigeants de l’Autorité palestinienne – trouvent le plan positif et ne l’excluent pas. La difficulté pour eux n’est pas l’absence d’État. En échange d’une égalité civique absolue, ils sont prêts à avaler ça. Mais sans Gaza, ça leur est difficile.  Comme je l’ai dit, en tant qu’arrangement intérimaire, il est possible que cela passe, et il est possible de mettre le plan à exécution de façon unilatérale.  »

  • Quelles sont les chances de mettre un tel plan en œuvre ?

« Selon moi, c’est ce qui va arriver, qu’on le veuille ou non. La question est de savoir quand nous commencerons à agir pour faire avancer les choses. Cela a tant d’avantages. Nul besoin de déménager là ou là, c’est ce qui existe déjà sans être bien organisé. Après tout, c’est déjà une fédération des zones A et B, mais de façon chaotique et inégale. Au lieu d’investir en retraits, replis et arrangements de sécurité, les investissements pourraient se faire dans la construction. Quand je montre ce plan à des hommes d’affaire, ils le soutiennent ; les économistes commencent à s’inquiéter [de la santé financière du pays]..

Nous n’avons rien inventé. Ben-Gourion et Weizmann parlaient aussi d’une fédération avec la population musulmane dans les année trente, alors qu’il n’était pas évident qu’existât une majorité juive. Mais il reste un problème clef à résoudre : l’État sera israélien. »

  • Peut-être les Palestiniens ne le remarqueront-ils pas ?

« Á mon avis, ils l’accepteront. Les Palestiniens sont en très mauvaise posture. Même en Europe et dans quelques pays occidentaux, le drapeau et l’hymne national ne représentent pas la réalité. Alors, d’ici vingt ans, ils ajouteront une strophe à la HaTikvah [5].  Si c’est la seule chose qui empêche ce plan, je suis ravi. Je suis ami avec le journaliste Meron Rapoport, l’un des initiateurs de “2 États, 1 patrie”. Leur plan est une Rolls, le nôtre une Subaru. Ils ont des réponses à l’ensemble de la question, mais leur plan est très à gauche et c’est un problème. Ils travaillent de concert avec les Palestiniens. »

  • Cela semble la base qu’un plan de paix soit formulé en commun par les deux parties ?

« Ce n’est pas bon si vous voulez le vendre aux Israéliens. Si les Arabes sont par trop partie prenante du plan, les juifs prendront la fuite. C’est triste, mais vrai. »

  • Donc vous dites que mieux vaut construire un plan de paix dont l’autre côté ne veuille pas ?

« Notre plan est raisonnable mais non idéal. Les Palestiniens pourraient l’adopter avec des réserves. Ils sont si affaiblis qu’ils accepteront n’importe quelle formule raisonnable. »

3. Trois États pour deux peuples :Je veux toucher l’administration américaine par le biais des réseaux sociaux de façon à proposer l’accord idéal.“

Même si ce n’est pas chose simple qu’instaurer un autre État aux côtés de l’État d’Israël, l’écrivain Lior Aziz, 48 ans, a un slogan fantaisiste à offrir : “3 États pour 2 peuples”. Le long de l’État d’Israël, selon lui, il y aura un État de Palestine constitué d’îlots (jazeeras, en arabe) dans certaines régions de Cisjordanie. Cependant, dans des zones n’appartenant pas à ces îlots formant l’État palestinien, un troisième État sera fondé, l’État de la Paix, avec une province juive et une palestinienne, auxquelles les citoyens juifs et les citoyens arabes accèderont par un double système routier.

Aziz voit sa méthode comme la solution parfaite apportée au conflit sanglant. Seul un problème reste non résolu : le temps qu’il faudra pour paver les routes provoquera, dans la phase initiale, des embouteillages. Il m’a également fait parvenir des mails de “supporters” … dont la plupart ne semblaient pas follement enthousiastes.

« J’ai été confronté au deuil dans mon enfance  », raconte Aziz, dont l’oncle tomba dès les débuts de la guerre d’Indépendance, et dont un ami proche fut tué durant la nuit dite “des delta-planes” en novembre 1987, où deux Palestiniens infiltrés depuis le sud-Liban firent 6 morts parmi les soldats de Tsahal.

« Le but de l’État de la Paix est d’aplanir le conflit. Il ne dispose ni de politique étrangère ni d’armée. J’ai eu un excellent retour de gens haut-placés. Mon plan apporte une solution aux problèmes de Jérusalem, des réfugiés, des frontières et de la sécurité. Les Palestiniens ne se voient pas exiger de renoncer au droit du retour ; il est seulement différé d’une centaine d’années. Non plus qu’ils n’auront à nous reconnaître en tant qu’État juif, simplement en tant que foyer national. Nous aurons deux foyers nationaux . »

  • Ça ne vous paraît pas un peu compliqué d’entasser un État de plus ici  ?

« Ça rendra les choses plus faciles. Mon plan résout de faon absolue la question de Jérusalem. Posez la question à Tzipi Livni [6] à propos du Mont du Temple. Elle dira : “Nous conserverons ce qui est sacré pour les juifs.” Dans la mesure où les Palestiniens seront d’accord, Jérusalem-Est fera partie de l’État de la Paix, c’est-à-dire d’une souveraineté conjointe. »

  • Existe-t-il des concepts similaires ailleurs dans le monde  ?

« Non. J’ai inventé une nouvelle souveraineté. »

  • Qu’en disent les Palestiniens ? Accepteront-ils que la majeure partie de leur territoire devienne un vague État ?

« Je n’ai parlé à personne. Les gens de l’Initiative de Genève ont pris la peine de me dire qu’ils n’acceptent pas le plan. Bidules et autres absurdités. »

  • La Palestine que vous proposez se concentrera dans des îlots en Cisjordanie. Je ne voudrais pas vivre dans “l’île de Tel-Aviv.” Á mon avis, cette proposition est insultante pour les Palestiniens.

« Pourquoi ? Avec l’État de la Paix, vous donnez 90% de la Judée et de la Samarie.

  • Ça semble exiger beaucoup de paperasse.

« Juste pour paver les nouvelles routes. Toute la question est de paver de nouvelles routes. »

  • Est-ce que vous passez beaucoup de temps sur ce plan ?

« Cela m’a pris six mois pour le rédiger, et je travaille dessus cinq heures par jour. Maintenant j’essaie de contacter les Américains. Je désespère des Israéliens. »

  • Pourquoi désespérez-vous des Israéliens ?

« La gauche ne peut soutenir mon plan. Les gens de l’initiative de paix vont-ils abandonner le leur, alors qu’ils sont payés pour ? [7] Maintenant, je veux utiliser les réseaux sociaux pour toucher le gouvernement US et leur proposer l’accord idéal. Je l’ai envoyé à Yael Lempert, de l’administration [8], qui en a accusé réception ; Jason Greenblatt [9], l’émissaire américain, est sur LinkedIn. »

  • Quelles sont les chances de votre plan ?

« Un pour cent. Parce que je suis seul. »

NOTES

[1] Le Goush Dan, situé dans la plaine sous les hauteurs du Golan a vu se former les premiers kibboutzim.

[2] Les échanges équitables de territoires qui devraient permettre de compenser les territoires annexés par Israël, essentiellement en bordure de Jérusalem, et qui constituent les grands blocs qui resteront israéliens, comme le Goush Etzion.

[3]  Il est là question du retour des réfugiés de 1948.

[4] Le 29 novembre 1947, quand le plan de partition de la Palestine fut entériné par les Nations unies : La population juive venue en masse à Tel-Aviv additionnait au fur et à mesure les voix énumérées par la radio, qu’un haut-parleur répercutait, et la joie se déchaîna quand la majorité fut atteinte.

[5] La HaTikvah (“L’espérance“), dont les deux premiers couplets devinrent en 1948 l’hymne de l’État d’Israël, fut écrite en 1878 en Ukraine sous le nom de Tikvatenou (“Notre espoir”) par Naftali Herz Imber ; la mélodie fut adaptée 10 ans après par Samuel Cohen d’après un air populaire qui circulait de temps immémoriaux en Moldavie et ailleurs. On retrouve ses accents dans des chants liturgiques juifs et en divers pays, telle l’Italie de la Renaissance, ou dans le poème symphonique de Smetana, La Moldau (1874). Entonnée par les délégués au 5e congrès sioniste mondial, elle se limite à partir du suivant à ses deux premières strophes, avant que le 18e congrès ne fasse de celles-ci en 1933 l’hymne officiel du sionisme ; elle devient par ailleurs en 1940 le “Chant des Partisans” du ghetto de Varsovie.

Paroles en hébreu Transcription Sens des paroles en français
כָּל עוֹד בַּלֵּבָב פְּנִימָה

נֶפֶשׁ יְהוּדִי הוֹמִיָּה,

וּלְפַאֲתֵי מִזְרָח, קָדִימָה,

עַיִן לְצִיּוֹן צוֹפִיָּה,

עוֹד לֹא אָבְדָה תִּקְוָתֵנוּ,

הַתִּקְוָה בַּת שְׁנוֹת אַלְפַּיִים,

לִהְיוֹת עַם חָפְשִׁי בְּאַרְצֵנוּ,

אֶרֶץ צִיּוֹן וִירוּשָׁלַיִם

לִהְיוֹת עַם חָופְשִׁי בְּאַרְצֵנוּ,

אֶרֶץ צִיּוֹן וִירוּשָׁלַיִם

Kol ʕod ba-levav penimah

Nefesh yehoudi homiyah,

Ou-lfa’atey mizraħ qadimah

ʕAyin le-tsion tsofiyah.

ʕod lo avdah tiqwaténou

Ha-tiqwah bat chnot alpayim

Lihyot ʕam ħofshi be-artsénou

Erets Tsion wi-Yeroushalayim

Lihyot ʕam ħofshi be-artsénou,

Erets Tsion wi-Yeroushalayim.

Tant qu’au fond du cœur
l’âme juive vibre,
et dirigé vers les confins de l’Orient
un œil sur Sion observe.Notre espoir n’est pas encore perdu,
cet espoir vieux de deux mille ans
être un peuple libre sur notre terre,
terre de Sion et de Jérusalemêtre un peuple libre sur notre terre,
terre de Sion et de Jérusalem.

Á lire ces deux strophes, on n’est guère surpris de la controverse qui éclata en 2007, lorsqu’un ministre arabe israélien, Ghaleb Majadleh, refusa de chanter la HaTikvah. Une tribune de Bradley Burston parue dans le Ha’Aretz mit alors en question l’hymne, qui devrait inclure tous les citoyens israéliens : « Israël a besoin d’un nouvel hymne, un hymne que les Arabes puissent chanter. »

[6] Tzipi Livni, n° 2 de l’Union sioniste, est diplômée de la faculté de droit de Bar-Ilan, francophone, attachée à la promotion des femmes dans la société, et agent du Mossad au début des années 80. Prise sous l’aile de Sharon, elle devient en 2001 ministre de la Coopération régionale ; puis du Logement, de l’Intégration, de la Justice et des Affaires étrangères jusqu’en 2008, où son échec à former un gouvernement autour de Kadimah pave la voie de Nétanyahou. Connue pour ses positions colombe, elle déclare : « Celui qui combat des soldats israéliens est un ennemi et nous nous battrons contre lui, mais [il ne s’agit pas] de terrorisme si la cible est un soldat. » Logique qui lui fera soutenir l’opération Plomb Durci à Gaza tandis qu’elle propose à Mahmoud Abbas un plan de paix fondant un État palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale et le retour d’un million de réfugiés palestiniens. Dans ses zig-zag de la droite au centre une conviction perdure : en s’accrochant au rêve du “Grand Israël”, l’État hébreu pourrait succomber à la “menace démographique” palestinienne. Il faut donc céder aux Palestiniens des territoires où créer leur propre État.

[7] Ami Ayalon et Sari Nusseibeh sont là gratuitement visés. Le premier, israélien, est né en 1945 à Tibériade et a grandi dans un kibboutz. Ex-contre-amiral et directeur du Shin Beth, membre du parti travailliste, il siège un temps à la Knesseth. Le second, né à Damas en 1949, est un intellectuel palestinien diplômé d’Oxford et Harvard, philosophe, universitaire et acteur des négociations israélo-palestiniennes. Ensemble, ils sont les rédacteurs et promoteurs du texte long et détaillé connu comme Initiative ou Accords de Genève, révélé sur les bords du Léman en 2004 et resté depuis toujours aussi actuel. On trouve sur le site de LPM, partie prenante de cette initiative, les articles suivants :

• “Ami Ayalon et Sari Nusseibeh lancent officiellement leur initiative de paix”, publié le 25 juin 2003 :

https://www.lapaixmaintenant.org/ami-ayalon-et-sari-nusseibeh/

• “Les accords de Genève contre la stagnation”, analyse de Toufik Abou Baker, directeur du Center for Strategic Studies de Jenine et député au parlement palestinien :

https://www.lapaixmaintenant.org/les-accords-de-geneve-contre-la/

• ”Les Accords de Genève”, traduction française du texte intégral des accords publiée le 25 février 2004 :

https://www.lapaixmaintenant.org/les-accords-de-geneve/

[8] Nous n’avons trouvé aucune précision concernant cette fonctionnaire de l’administration US dont le seul titre de gloire semble être d’avoir signé l’accusé de réception de l’un des mails ou textos envoyés, on peut le supposer, à flots !

[9]  Jason Greenblatt a l’oreille du président Trump, particulièrement en ce qui concerne Israël, où il a de longue date une résidence dans une colonie. Il affiche avec outrance des convictions annexionnistes.