A la veille des élections israéliennes, SHANNA ORLIK répond aux questions de Paul Ouzi MEYERSON sur les enjeux de cette consultation électorale en Israël. Et, comme nous sommes juste avant les fêtes de Pessah, nous lui posons la question : “en quoi cette dernière élection est-elle différente des autres élections ?”.
Sanna Orlik est membre élu du comité central du parti MERETZ (gauche sioniste) et responsable internationale pour le développement de la jeunesse.


https://www.radioj.fr/wp-content/uploads/2021/03/chro-paix-du-22-03-21.mp3

 

Shanna Orlik constate qu’au cours de la courte campagne électorale, B. Netanyahu n’a pas réussi à récupérer l’immense effort de vaccination contre la Coronavirus pour en faire un objet de sa propagande. “Sur ce point il a échoué car les israéliens sont très au courant de cette affaire et savent que la mobilisation contre la pandémie a été générale, c’est l’état d’Israël et les citoyens qui se sont mobilisés avec succès”. La militante de Meretz estime qu’il y aura des surprises lorsque les partis chercheront à se coaliser afin  de former un nouveau gouvernement : “toutes les cartes sont sur la table pour renverser Netanyahou, de nombreux acteurs politiques tiennent à le voir partir pour qu’il se présente enfin devant la justice”. 

Shanna Orlik pense que Yaïr Lapid (leader du parti Yash Atid, centre droit séculier) sera celui qui sera le mieux placé, compte tenu des résultats électoraux pévisibles pour former une coalition et un nouveau gouvernement. “J’espère qu’il y aura dans cette coalition des représentants d’une gauche plus forte avec des députés de Meretz et Avoda (travailliste) pour lancer une politique d’espoir”, souligne-t-elle.
S’agissant de la Cour pénale internationale, suite aux accusation infondées à l’encontre de Nitzan Horowitz, chef du Meretz, elle  dément que celui-ci soutienne les accusation que des crimes de guerre auraient été commis par Israël. Elle souligne par ailleurs que “l’enquête soulève la question de la colonisation” à laquelle le Meretz est opposé. “Il faut laisser la CPI faire son travail. Israël n’a rien à cacher”. Ironique, elle fait remarquer que Netanyahu lui même vient de déclarer qu’il ne soutenait pas l’initiative de ses partisans de faire annuler son procès. “Vu que je n’ai rien à cacher, je veux que le procès ait lieu”. Pourquoi la position d’Israël devrait-elle être différente vis-à-vis de la CPI?
L’entretien se conclut sur le constat de l’absence de la question palestinienne lors de cette campagne, ce qu’elle ne peut que regretter.

Mis en ligne le 27 mars 2021