Contrairement à ce à quoi on pourrait s’attendre, il ne s’agit pas tant de menace extérieure qu’intérieure.

Certes les menaces extérieures, sécuritaires, ne se sont pas évaporées malgré les déclarations tonitruantes de Netanyahu et de ses affidés.

La menace intérieure, celle qui pèse sur la nature même du pays et son devenir en tant qu’État juif (non messianique) et démocratique (et pas illibéral), présente même durant la guerre, est devenue plus menaçante que jamais avec la fin des combats et l’approche des élections prévues, si rien ne change, en octobre 2026.

En Cisjordanie occupée, la situation se dégrade à grande vitesse. Rien – ou si peu – n’est fait pour encadrer, à défaut de l’éradiquer, la violence des colons; la captation des terres s’accélère, y compris à Jérusalem-Est; les implantations se multiplient.

En Israël même, le gouvernement et la coalition initient à n’en plus finir des projets de loi liberticides, s’agissant de la presse et des médias, de l’emprise de la religion sur la vie quotidienne (il faut bien préserver sa majorité!). Les attaques et humiliations à l’égard de la Cour suprême (dont le président n’a même pas été invité à la session d’anniversaire de la Knesset), de la Conseillère juridique du Gouvernement, également procureure générale (qui, contrairement à la procédure habituelle, vient tout juste d’être « ignorée » par la police, dans l’enquête sur la fuite de la vidéo filmée au centre de détention de Sde Teiman, impliquant l’ancienne procureure militaire en chef : les éléments recueillis ne lui ont pas été transmis). Le ministre de la Sécurité nationale, devenu celui de l’insécurité en secteur arabe, transforme quant à lui la police en milice, intervient dans son fonctionnement, bloque les promotions qui lui déplaisent même quand elles sont soutenues par le chef de la police qui est portant son obligé.

Face à cette menace, à peine ébauchée dans les lignes précédentes, la protestation citoyenne ne lâche rien. La dernière manifestation du 30 janvier qui a réuni à Tel Aviv des dizaines de milliers d’Israéliens juifs er arabes, en témoigne. Au plan politique, la lente progression des Démocrates de Yaïr Golan, la formation d’une liste arabe unifiée en sont des signes interessants mais qui restent à confirmer.

Le zoom que nous co-organisons lundi 9 février, et les prochains, ont pour objet de présenter et détailler ces menaces et les oppositions qu’elles suscitent, oppositions qui méritent le soutien des Juifs de la diaspora, car un basculement d’Israël dans le bloc des états autoritaires et messianiques ne sera pas sans répercussions majeures sur la situation et le statut des Juifs quelque soit leur lieu de vie et sur la conception du judaïsme qui prévaudra.