Où en est l’initiative Ayalon-Nusseibeh

Thème : Ayalon-Nusseibeh

par La Paix Maintenant, édition

interview d’Orni Petrouchka, collaborateur d’Ami Ayalon

Chronique n°

24 décembre 2004

Interview réalisé par Claudine Korall

La Paix Maintenant : Vous êtes membre de la Voix des Peuples. Qu’est ce qui vous amené à vous engager dans cette association ?

Orni Petrouchka : Je suis ingénieur de formation, et j’ai travaillé dans le high tech de nombreuses années, à ma grande joie j’ai bien réussi. En l’an 2000 j’ai vendu ma société à un très bon prix, et je me suis alors demandé, que puis-je faire pour aider Israël. J’ai reçu beaucoup de propositions, mais j’ai compris que la meilleure chose à faire était de permettre à notre Etat de s’engager dans la bonne voie. Je n’ai pas besoin de m’occuper de santé, d’éducation ou de tout autre chose, mais de faire en sorte qu’Israël s’engage sur la meilleure voie possible. En d’autres termes : si nous pourrons résoudre le problème qui pèse le plus sur la société israélienne, à savoir le conflit israélo-palestinien, eh bien nous serons enfin libres de nous consacrer aux problèmes sociaux.

C’est alors que j’ai rencontré Ami Ayalon, et ensemble nous avons fondé la Voix des Peuples, Ami est évidemment le leader, il est très connu du public. Pour ma part, je suis l’un des contributeurs financiers, membre du comité directeur, et également aujourd’hui , directeur de l’organisation.

LPM : Où en est aujourd’hui votre action ? combien de signatures avez-vous recueillies ? quels sont vos projets ?

OP : Du côté israélien nous avons recueilli 250000 signatures, c’est-à-dire plus d’un quart de million, et de notre point de vue nous avons atteint notre objectif . En effet, nous avons prouvé qu’il y a un très large public israélien qui appuie nos principes, et désormais le nombre supplémentaire de signatures n’a quasiment plus d’importance, puisque les sondages montrent que 70% des Israéliens soutiennent nos principes. Bien sûr des signatures supplémentaires nous parviennent encore. Mais de notre point de vue la phase suivante doit être : influencer les forces politiques, faire de ces signatures un levier pour faire bouger les choses.

LPM : J’ai lu sur votre site que vous êtes en train de constituer des groupes de citoyens avec pour mission d’agir dans la société civile. Ceci est un concept bien connu et répandu dans la société française, mais moins connu en Israël .

OP : Oui c’est vrai, notre idée, c’est de réunir des jeunes gens, et de les former à s’engager dans la société, et constituer un leadership civil. Nous avons appelé cela Kamah’, initiales de Kvoutsot Manhigout Ezrahit, Groupes de leadership citoyen. Nous avons déjà 4 groupes de ce type qui sont en formation.L’objectif est qu’ils s’impliquent dans la société civile, ce qui est une chose qui en fin de compte fait défaut à la société israélienne. En général, en Israël, nous avons tendance à être un peu trop dépendants de ce que le gouvernement dit ou pense ou nous amène à faire. Et tout le projet de la Voix des Peuples, c’est que les citoyens à la base prennent une initiative et la mettent en oeuvre.

LPM : Quel est le profil de ces personnes dont vous parlez, qui sont en formation ?

OP : pour la plupart ce sont des jeunes. Nous opérons une sélection très sévère. A notre joie, il y a beaucoup de demandes, ce qui nous permet d’être sélectifs. Il s’agit de gens très doués, qui se sentent très concernés, et dont nous pensons qu’avec la formation que nous leur dispensons, il pourront faire quelque chose. Mais en fait tout dépend de la personnalité, après tout peu importe la formation que vous dispensez, s’il n’y a pas de volonté d’agir, eh bien rien ne se passera. Et ceux que nous voyons, sont ceux qui sont vraiment motivés et veulent faire quelque chose.

LPM : Quelle est la tranche d’âge de ces candidats ?

OP : En général, entre 25 et 40 ans

LPM : Oui je me demandais si justement ce n’était pas la tranche d’âge dégoûtée de la politique, et qui chercherait une voie alternative.

OP : Je suis sûr qu’il y a des personnes de ce genre, dont la déception à l’égard de la politique est l’une de leur motivation, mais à mon avis, pas seulement.

LPM : .je voulais dire, pas nécessairement un dégoût de la politique en tant que telle, mais plutôt du personnel politique !

OP : Oui c’est sûr (rire). En fait il s’agit de gens qui ne se voient pas eux-mêmes comme politiciens, mais qui veulent avoir une influence , et c’est précisément cela l’essence de la Voix des Peuples : exercer une influence sur ce qui se passe en Israël, par une action citoyenne.