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Trad. : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant


En l’absence d’un partenaire palestinien pour la paix, Israel doit prendre des mesures unilaterales pour delimiter ses frontieres. Voila l’une des recommandations cles d’une analayse strategique presentee mercredi devant un
forum compose des ministres les plus importants par le general Ouzi Dayan,
chef du Conseil National de la Securite.

Cette analyse, la premiere du genre, soumise aux ministres sous forme de
document ecrit, decrit les problemes financiers, sociaux, diplomatiques et
de securite auxquels Israel est confronte.

Selon cette analyse, Israel doit choisir entre trois solutions concernant ses relations avec les Palestiniens : une solution a deux Etats, une separation unilaterale, ou un Etat unique comprenant la Cisjordanie et la bande de Gaza, sous souverainete israelienne.

Le document ne se prononce pas sur ce qui pourrait constituer les meilleures
frontieres futures d’Israel, mais il conseille cependant de les etablir en fonctions de “considerations demographiques et de securite”, choix qui, selon ses auteurs, est la seule maniere de garantir un Etat juif democratique. Cela implique clairement la non-inclusion des territoires occupes.

Selon le document, si Israel ne determine pas de frontieres claires, alors
un grand nombre de Palestiniens, denues de droits politiques, auront encore
acces a la force militaire et rendront de plus en plus incertain le caractere juif et democratique de l’Etat. Le Conseil estime que l’actuelle direction palestinienne sera remplacee, mais que les problemes demeureront, forcant Israel a decider rapidement de ses frontieres.

Le document presente par Uzi Dayan affirme egalement qu’une “amelioration
de la situation en termes de securite” constitue une condition essentielle
pour l’assainissement de l’economie du pays. L’analyse ne se prononce pas pour
un retour au modele des accords d’Oslo, ou les Palestiniens exercent la
responsabilite de la securite dans les territoires. Au lieu de cela, il preconise “le combat contre la terreur dans tous les territoires”, l’etablissement d’une “veritable zone tampon” avec clotures de securite continues, une initiative diplomatique israelienne sur la base de l’important discours de juin de George Bush sur le Moyen-Orient, et une aide humanitaire dans les territoires.

Si les negociations reprennent, le document appelle Israel a refuser
categoriquement l’exigence palestinienne du droit au retour des refugies,
pour eviter un desequilibre demographique entre Juifs et Arabes en Israel.

Concernant le front Nord, le document recommande au gouvernement de
poursuivre sa politique de retenue vis-a-vis du Hezbollah, en esperant que
la guerre des Etats-Unis contre le terrorisme s’etendra a ce mouvement
chiite soutenu par l’Iran.

En cas de deterioration de la situation sur le front Nord, le document preconise que la Syrie “en paie le prix”, et soit tenue pour responsable de ce qui se passe au Liban.

Selon cette analyse, la dependance d’Israel par rapport aux Etats-Unis est de plus en plus forte, mais cela ne signifie pas que les deux Etats doivent signer un pacte de defense officiel. Concernant la capacite nucleaire d’Israel, elle recommande de poursuivre la “politique de l’ambiguite” actuelle.

Les auteurs avertissent que l’economie israelienne aura du mal a supporter les frais croissants de securite et de defense, et conseillent d’accepter le plan de coupes budgetaires pour 2003 approuve par le cabinet, et de faire en sorte de reduire le chomage.

Le document appelle egalement a un approfondissement de l’integration des
Arabes israeliens, et a une repartition plus equitable des fardeaux economiques et securitaires.