Le 8 juillet 2026, Rahm Emanuel, candidat potentiel à l’investiture démocrate en 2028 et représentant de l’aile pro-israélienne au parti démocrate, a tenu à l’université de Tel Aviv un discours qui rompt avec le soutien habituel des États-Unis à Israël. À Tel Aviv, il disait en substance que pour préserver l’avenir d’Israël et de la relation israélo-américaine, Israël doit se réveiller et se remettre sur le chemin de la paix. Dans l’intervalle, et parce que le gouvernement israélien a abusé du soutien inconditionnel américain, les États-Unis doivent arrêter leur politique de soutien militaire et entreprendre des sanctions contre les colonies. Nous avons traduit ce discours important, qui est un appel à la raison peut-être cinglant mais salutaire.

Les relations entre les États-Unis et Israël : où en sommes-nous, et que nous réserve l’avenir ?
Je veux commencer par prononcer ces quatre mots que les Israéliens n’entendent plus très souvent : je comprends votre amertume. Je sais pourquoi, même lorsque vous vous opposez au gouvernement Netanyahou, vous êtes si enclins à rejeter les critiques venant du monde extérieur. Je sais que le leadership palestinien corrompu n’a jamais été à la hauteur des aspirations légitimes du peuple palestinien à la souveraineté et à l’autodétermination. Je sais que, même si chacun reconnaît que le monde a changé le 7 octobre, les dynamiques qui prévalent aujourd’hui sont nées bien avant que le Hamas n’assassine 1 200 personnes et n’en enlève plus de 250, toutes innocentes.
Avant de venir ici, j’ai visité la tombe de mon oncle sur le mont des Oliviers, comme je le fais à chaque fois en arrivant en Israël — il est mort dans la clandestinité [dans les rangs de l’Irgoun, en 1933]. Et comme beaucoup d’entre vous le savent, mon père, de mémoire bénie, est né à Jérusalem et a combattu dans la guerre d’indépendance. J’ai eu l’honneur, lorsque je travaillais pour le président Clinton, de l’inviter à assister à la poignée de mains entre le Premier ministre Rabin et le président Arafat et à la signature de la déclaration de principes sur la pelouse sud de la Maison-Blanche. Mais non seulement la paix ne s’est pas concrétisée, mais pour avoir tendu ce rameau d’olivier, Israël n’a été récompensé que par une vague de violence implacable : des attentats meurtriers, rue Dizengoff, à Ramat Gan, au marché de Mahane Yehuda, pour ne citer qu’eux.
Je conseillais encore le président Clinton depuis Chicago lorsque le Premier ministre Ehud Barak a proposé au président Arafat 98 % de ce que les Palestiniens demandaient, et ce dernier a refusé de signer. Et qu’est-ce qu’Israël a obtenu en offrant la souveraineté en échange de la sécurité, cette deuxième fois ? La [seconde] Intifada. Le Premier ministre Olmert a encore fait une offre similaire aux Palestiniens en 2007. Et le président Abbas s’est de nouveau dérobé, déclenchant un nouveau déchaînement de violence. Trois fois depuis le début des années 1990, vous avez offert aux Palestiniens la souveraineté en échange de votre sécurité — et trois fois votre offre a non seulement été rejetée, mais vous avez subi des attaques en retour. Aux États-Unis, nous avons un dicton : « Fool me once, shame on you, fool me twice, shame on me » Je sais tout cela. Même en reconnaissant tout ce passif, le chemin à suivre ne peut pas rester enchaîné à un passé où chacun ne fait que rejeter la faute sur l’autre — et s’y épuise.
C’est pourquoi j’ai fait le voyage depuis Chicago pour vous dire en face ce qui doit changer si nous voulons préserver l’alliance historique qui lie nos deux démocraties. Il faut le dire clairement : notre alliance est à un tournant. Elle ne peut subsister en l’état. Pour rebâtir un lien solide entre nous, il nous faut des changements majeurs et un nouveau cap.
Commençons par examiner l’histoire récente. Au cours des cinq dernières années, Israël est passé du rang de « start-up nation » à celui de Sparte des temps modernes — selon les propres mots du Premier ministre Netanyahou. Vous êtes passés d’une réputation fondée sur votre prouesse technologique à celle d’un paria parmi les nations. Vous devez prendre la mesure de ce que cela signifie pour votre avenir.
Les États-Unis ont été votre allié le plus fidèle et le plus inébranlable depuis la fondation d’Israël. Nous sommes prêts à nous tenir épaule contre épaule avec Israël sur le long chemin vers la paix, si vous choisissez cette voie. La chose la plus importante qu’un ami authentique puisse faire, c’est de dire la vérité, même et surtout quand elle est douloureuse. C’est le moment de vous dire cette vérité.
Le Premier ministre et son gouvernement ont mené Israël dans une impasse. Pendant trop longtemps, la politique américaine envers Israël a reposé sur l’hypothèse selon la quelle la meilleure chose que Washington pouvait faire pour Jérusalem était de se tenir aveuglément et silencieusement derrière votre gouvernement, inconditionnellement, sans aucune exigence et et sans conséquences lorsque nous étions en désaccord. C’était une erreur de notre part.
Ce soutien inconditionnel a fini par convaincre le Premier ministre qu’il n’y aurait jamais de conséquences à ses actions. Qu’il pouvait ignorer les préoccupations de l’Amérique sur les colonies [en Cisjordanie], qu’il pouvait déclencher une guerre régionale sans que cela ne lui coûte rien. Ce soutien inconditionnel vous a permis de refuser nourriture et aide médicale aux civils palestiniens de Gaza, au point que le monde entier en a conclu que les Israéliens étaient non seulement indifférents aux souffrances des Palestiniens, mais qu’ils souhaitaient activement leur destruction. Ce soutien inconditionnel a conforté une coalition politique à la Knesset, qui se dit qu’elle peut brûler les terres agricoles palestiniennes en Cisjordanie et terroriser les familles palestiniennes sans subir aucune conséquence. Compte tenu de tout cela, nous avons besoin d’une approche fondamentalement nouvelle et différente de notre alliance.
Cette nouvelle approche doit reposer sur un nouveau consensus : la route vers la paix et la stabilité régionales dépend d’efforts militaires et diplomatiques qui, loin de s’opposer, se complètent l’un l’autre. C’était autrefois la politique d’Israël. Yitzhak Rabin vous exhortait à « combattre le terrorisme comme s’il n’y avait pas de processus de paix, et œuvrer pour la paix comme s’il n’y avait pas de terrorisme ».
Le Premier ministre Netanyahou a privilégié la première option au détriment de la seconde et, conséquence directe, le soutien à Israël s’effondre partout dans le monde. Vous avez perdu l’Europe. Vos scientifiques sont exclus des réseaux de recherche internationaux. Vos artistes et universitaires sont écartés des expositions, des festivals, des conférences. 55 % des Américains avaient une opinion favorable d’Israël en 2022 — aujourd’hui, c’est 37 % et la baisse semble se poursuivre. Le seul gain diplomatique que vous avez obtenu ces trois dernières années se réduit au Somaliland.
Depuis des années, chaque fois que j’ai rencontré des responsables israéliens, l’Iran était en tête de l’ordre du jour et à raison. Washington et Jérusalem partagent le même intérêt à empêcher les ayatollahs de posséder l’arme nucléaire. Mais le chemin ici est important. Quoi que l’on ait pu penser de l’accord nucléaire du président Obama — rappelons que le Premier ministre Netanyahou avait activement fait campagne contre cet accord, quand nombre de vos propres services de sécurité lui reconnaissaient des mérites —, le JCPOA avait gelé le programme nucléaire iranien et placé des inspecteurs internationaux sur le terrain.
Ce n’est plus le cas. La décision du président Trump de déchirer cet accord a donné carte blanche au Premier ministre Netanyahou pour faire ce qu’il a toujours désiré — adopter une approche exclusivement militaire. Il a encouragé le président Trump à abandonner le JCPOA lors de son premier mandat et à saborder toutes les possibilités diplomatiques jusqu’au 28 février, quand l’Iran était au plus faible, à l’intérieur et régionalement. Et regardez ce qu’il en est aujourd’hui : vous avez perdu du terrain. Vous êtes moins en sécurité aujourd’hui, pas davantage. Le problème n’est pas un manque de puissance militaire, c’est quelque chose de plus fondamental : Israël n’a pas su convertir ses victoires militaires en avantages stratégiques.
Cette observation est valable au-delà de l’Iran. Vous n’aviez aucun plan pour le « jour d’après » à Gaza. Vous n’aviez aucune stratégie pour faire du gouvernement libanais un partenaire contre le Hezbollah. Sinwar, Nasrallah et Khamenei sont tous morts, comme beaucoup en Israël le souhaitaient depuis longtemps. Et pourtant, Israël n’a jamais été aussi isolé. L’isolement stratégique n’a jamais garanti la sécurité de personne. C’est une bombe à retardement.
Les arguments du Premier ministre Netanyahou, je les connais. En 2009, alors que j’étais secrétaire général de la Maison-Blanche, j’ai eu l’audace de contester ouvertement la sagesse de construire de nouvelles colonies en Cisjordanie. Il ne s’y attendait pas. Sa réponse a été de me qualifier publiquement de « self-hating Jew ».
Il pense qu’être Sparte en vaut la peine, bien que sa propre idole, Winston Churchill, a un jour soutenu que les armes « ne suffisent pas en elles-mêmes. Il faut y ajouter la puissance des idées. » Ici, je vais être très clair : les États-Unis ne peuvent pas continuer à financer et soutenir ce cynisme en silence. Vous ne pouvez pas vous battre indéfiniment contre un monde qui a cessé de croire que vous aviez le droit de vous battre. Vous devez au contraire trouver un nouveau chemin durable vers la paix, la sécurité et la prospérité. L’Amérique est prête à vous aider.
Ce nouveau chemin doit être façonné par ce qui a fonctionné et ce qui n’a pas fonctionné dans les efforts d’Israël pour devenir, selon les mots de Ben Gourion, « une nation parmi les nations ». Au fil des décennies, Jérusalem a poursuivi trois stratégies distinctes. La première est l’action unilatérale, qui crée presque toujours de l’instabilité — pensez au Liban, ou même à Gaza après votre retrait en 2005, qui vous a valu le Hezbollah et le Hamas, respectivement. Ce sont les endroits où l’Iran, votre adversaire le plus redoutable, a le plus efficacement planté ses griffes — où il trouve et nourrit ses alliés. Israël prospère en travaillant avec des États-nations. L’Iran prospère en travaillant avec des États en faillite. Nous ne devrions pas adopter leur stratégie. Avec des actions unilatérales, même quand vous gagnez, vous perdez.
La deuxième approche, qui s’est également révélée être une recette infaillible pour un conflit sans fin, c’est le « divorce » — il n’y a aucun partenaire pour une négociation — et le maintien de l’occupation. Je veux être très clair là-dessus : la poursuite d’un soi-disant Grand Israël est aussi suicidaire et fanatique que le slogan « de la rivière à la mer ». Votre gouvernement est complice des horreurs actuellement infligées à des familles innocentes en Cisjordanie. Cela sape votre légitimité internationale à un moment où vous pouvez le moins vous le permettre. faut regarder les choses en face : le silence américain, année après année, a nourri les pires dérives de votre politique intérieure. Nous ne vous avons rendu aucun service en détournant les yeux de vos erreurs de jugement. Si ça ne tenait qu’à moi, tout Israélien qui s’en prend à des civils palestiniens ou à leurs biens sera sanctionné. Tout responsable israélien qui soutient une telle violence sera sanctionné. Toute entreprise de construction, toute banque qui bâtit ou finance des colonies illégales sera sanctionnée.
Le Premier ministre Netanyahou pourra s’offusquer de ces propositions — ce ne serait pas la première fois. Mes engagements ne sont ni radicaux ni nouveaux — ils reflètent simplement la manière dont l’Amérique utilise ses instruments de sécurité nationale pour atteindre ses objectifs. À cet égard, Israël dispose d’une troisième approche — une approche qui a réussi à maintes reprises par le passé. Et aujourd’hui, je vous appelle à l’adopter à nouveau, dans notre intérêt commun et pour l’avenir d’Israël.
Je n’oublierai jamais comment, lors de la cérémonie pendant laquelle la Jordanie et Israël ont fait la paix en 1994, l’état-major israélien s’est mis au garde-à-vous pendant l’hymne jordanien, et l’état-major jordanien a renvoyé l’ascenseur pendant la Hatikvah. Comme votre traité de 1979 avec l’Égypte et les accords d’Abraham négociés des décennies plus tard, vos accords de paix avec d’autres nations ont perduré parce que les Israéliens ont trouvé en leurs homologues de véritables partenaires. La question que l’on doit se poser aujourd’hui : comment peut-on appliquer à nouveau cette même sagesse ? La réponse tient en une formule simple : la stabilité régionale. Même avant le 7 octobre, plusieurs voisins arabes d’Israël, notamment l’Arabie saoudite, avaient commencé à voir leurs propres intérêts stratégiques sous un jour nouveau, reconnaissant plus ouvertement que la corruption de la direction palestinienne entravait la prospérité générale du monde arabe. Cela met en lumière un levier trop souvent négligé : la stabilité régionale au Moyen-Orient repose fondamentalement sur le fait que le monde arabe assume sa place légitime en tant qu’adulte responsable vis-à-vis du leadership palestinien.
Voici pourquoi c’est si essentiel : contrairement au processus d’Oslo, ils semblent cette fois disposés à jouer ce rôle. Partant de là, je souhaite proposer maintenant une nouvelle politique américaine en trois volets dans la région, qui ferait avancer nos intérêts de sécurité communs, en tirant parti de ce désir de stabilité du monde arabe, du besoin de sécurité d’Israël et des aspirations palestiniennes à la souveraineté. Ces trois éléments peuvent être regroupés en une initiative stratégique unique bénéficiant à tous.
Commençons par une réalité crue : c’est aux dirigeants arabes, et non à Israël, de tenir les Palestiniens responsables de leurs actes et d’être de véritables partenaires pour la paix. À cet égard, le chemin désormais discrédité d’une « solution à deux États » devrait être remplacé par une solution à… 23 États : les 21 nations arabes qui ont exploité les droits palestiniens comme un slogan pendant des décennies doivent maintenant retrousser leurs manches et mettre en place une autorité de gouvernance capable d’accepter le lien historique juif avec cette terre. Cette nouvelle institution doit mettre fin à la pratique odieuse consistant à récompenser financièrement les terroristes qui tuent des Juifs [le pay-for-slay]. Et ils doivent cesser d’enseigner aux jeunes enfants à haïr les Israéliens.
Dans le même temps, Israël doit cesser ce cynisme consistant à favoriser des organisations délétères comme le Hamas plutôt que de potentiels partenaires en quête de paix. Votre gouvernement ne doit pas être autorisé à prendre des mesures unilatérales en Cisjordanie, des mesures qui sapent toute possibilité d’un accord de paix. Une fois ces conditions préalables remplies, nous ouvrirons la porte à une nouvelle donne : la Ligue arabe établirait une reconnaissance diplomatique pleine et entière d’Israël, et Israël ferait de même avec les membres de la Ligue arabe. Les bénéfices politiques pour toutes les parties prenants seraient bien supérieurs à ce qu’une stricte solution à deux États pourrait jamais offrir. Mais pour y parvenir, encore faudrait-il que chacun y prenne sa part.
Je comprends que les Israéliens soient réticents à s’engager de nouveau. Les atrocités terribles et les horreurs indicibles du 7 octobre sont gravées dans votre conscience collective, et elles ont convaincu de nombreux Israéliens que les Palestiniens ne veulent que les tuer. Après ces trois dernières années de guerre, les Palestiniens sont, eux, convaincus de l’inverse. Nous avons désormais deux peuples, souffrant d’un traumatisme profond, incapables de voir la douleur et l’angoisse de l’autre.
Mais laissez-moi vous dire : Israël sera désespérément seul si ses dirigeants choisissent de tenter d’annexer la Cisjordanie et de poursuivre le fantasme d’un Grand Israël. L’Amérique ne sera pas et ne peut pas être complice ou complaisante d’une telle entreprise. Mais si vous choisissez de poursuivre la paix et la sécurité, nous serons à vos côtés. L’objectif final de notre stratégie commune devrait être un acte historique unique d’intégration régionale à 23 États, établissant des relations diplomatiques complètes entre Israël et ses voisins arabes. Et, si vous n’êtes toujours pas convaincus, la stabilité régionale serait la meilleure chose qui puisse arriver à Israël, et la pire pour l’Iran.
Deuxièmement, parce que la prospérité de la région dépend de la stabilité, nous devons restaurer la promesse économique de la « start-up nation » qui a longtemps fasciné le monde entier. Le Corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe — IMEC — a été annoncé au G20 il y a trois ans pour connecter les lignes ferroviaires, les ports, les autoroutes, les câbles à fibre optique et les réseaux énergétiques reliant l’Inde à l’Europe. En réduisant les coûts logistiques de 30 % et en contournant le détroit d’Ormuz, il ferait d’Israël et de plusieurs pays du Golfe des nœuds indispensables le long d’une nouvelle chaîne d’approvisionnement mondiale et donnerait à chaque pays le long du corridor un intérêt financier direct dans la stabilité régionale. Avec la solution à 23 États, l’IMEC garantirait enfin qu’Israël soit, et politiquement et économiquement, une partie intégrante du Moyen-Orient, plutôt qu’un cas à part.
Enfin, l’Amérique tient à son alliance avec la démocratie la plus dynamique du Moyen-Orient. Mais c’est précisément pour cela qu’il faut en finir avec la subvention du budget de défense israélien par le contribuable américain. Votre économie est forte. Votre budget de défense dépasse 45 milliards de dollars. Nous, en Amérique, continuerions à garantir que Tsahal maintienne son avantage qualitatif [, son qualitative military edge]. Israël devrait être en mesure d’acheter des armes américaines aux mêmes conditions financières, avec les mêmes contraintes et les mêmes exigences que tout autre allié de confiance qui respecte nos lois.
Ce nouveau cap, c’est un retour au réel. Ceux qui scandent « de la rivière à la mer » doivent l’entendre haut et fort : ils n’auront jamais gain de cause. Mais ceux qui aspirent à un Grand Israël doivent aussi l’entendre haut et fort : vous n’aurez jamais gain de cause non plus. Ce sont deux fantasmes scandés par des fanatiques. Mes trois propositions portent sur l’avenir d’Israël, l’avenir de l’alliance, et un Moyen-Orient stable et pacifique. Un Israël qui achète ses armes en allié, non en assisté. Un Israël qui entretient des relations diplomatiques pleines et entières avec tous ses voisins arabes et qui n’est plus le paria du monde. Un Israël qui est la colonne vertébrale technologique du corridor commercial le plus important de la planète.
J’ai passé trente ans à défendre Israël quand c’était politiquement coûteux et à voir la fenêtre de la paix se refermer un peu plus chaque année, non pas parce que la paix était impossible, mais parce que des dirigeants des deux côtés ont trouvé le conflit plus commode que le compromis. L’objectif du Hamas le 7 octobre n’était pas seulement de tuer autant d’Israéliens que possible — c’était de tuer l’idée selon laquelle les Israéliens et les Palestiniens pourraient un jour trouver un terrain d’entente et vivre côte à côte. Ce qui est tragique, c’est que Netanyahou a aidé le Hamas à atteindre cet objectif. Non pas en étant trop mou, mais en étant trop imprudent et en refusant de planifier un « jour d’après » à Gaza, ce qui aurait créé et offert une alternative au-delà de l’occupation et de l’isolement.
L’Israël que j’ai connu en grandissant et dans lequel j’ai cru consistait à réaliser l’impossible, à avoir à la fois l’imagination et la ténacité de faire fleurir le désert. Aux États-Unis, nous avons un dicton : « Quand on n’a qu’un marteau, tous les problèmes ressemblent à des clous. » Israël est devenu prisonnier de ce marteau. Pour le Premier ministre Netanyahou, votre armée est un marteau et chaque défi sécuritaire est un clou. Aujourd’hui, vous êtes peut-être plus en sécurité sur le plan stratégique ; cependant, vous êtes plus isolés diplomatiquement que jamais. C’est un choix que ce gouvernement a sciemment fait.
Ce dont nous avons besoin maintenant, c’est d’un Israël qui ne soit pas naïf, qui ne désarme pas, mais qui ne soit pas non plus aveugle aux possibilités ; un Israël qui travaillera avec des partenaires arabes et palestiniens. Une solution à 23 États, la dignité nationale pour les Palestiniens, la sécurité pour Israël, voici la seule voie à suivre.
J’espère construire avec vous un Moyen-Orient durable et pacifique dans les années à venir.
Auteur : Rahm Emanuel, 8 juillet 2026
Rahm Emanuel est membre du Parti démocrate et candidat à la primaire démocrate pour la présidentielle de 2028. Il a été chef de cabinet de Barack Obama, puis maire de Chicago de 2011 à 2019, et est actuellement ambassadeur des États-Unis au Japon.
Traduction depuis l’anglais : Alexandre Journo
https://rahmemanuel.substack.com/p/the-us-israel-relationship-where
Photo : Rahm Emanuel à la tribune de la Tel Aviv University.
Mis en ligne le 23 juillet 2026

