Les élections israéliennes auront lieu dans moins de trois mois maintenant, le 27 octobre 2026. La coalition de droite et d’extrême-droite est donnée perdante, et le parti d’Eizenkot (Yashar, centre-droit) arrive régulièrement en tête des sondages, devant le Likoud. Le politiste israélien Shaul Arieli livre son analyse (dans la rubrique du même nom) sur la stratégie que doit adopter la gauche pour appuyer une coalition contre la droite et l’extrême-droite sans taire la question palestinienne.

Avant cette date-butoir, qui verra, espérons-le, le bloc de droite et d’extrême-droite subir une défaite, tandis que la violence des colons est plus que jamais débridée, le gouvernement a fait voter en commission des finances, et alors même que la Knesset n’est plus en activité, de nouveaux crédits pour les colons : 384 millions de shekels pour le ministère des Implantations ; 151 millions de shekels pour des projets archéologiques en Cisjordanie — qui serviront en fait à maintenir un contrôle israélien permanent sur de nouveaux sites et à rejeter des projets d’urbanisme émanant de Palestiniens — ; 295 millions de shekels pour de nouveaux dispositifs de sécurité dans les colonies ; 123 millions de shekels pour les autorités locales des colonies.

C’est un véritable accaparement des finances de l’État au profit des seuls colons.

Shalom Akhshav ne pouvait pas ne pas réagir : « Dans le cadre d’une manœuvre budgétaire pré-électorale, le gouvernement pille les fonds publics pour renforcer le contrôle et l’occupation israéliens dans les territoires. Il est désormais évident pour tous que les violences, les attaques contre les Palestiniens, ainsi que leur dépossession et leur déplacement forcé font partie d’une politique gouvernementale organisée et largement financée. Il n’est plus possible de prétendre qu’il s’agit simplement du fait d’un petit groupe de hors-la-loi. Il s’agit d’un petit groupe agissant au service d’un plan gouvernemental. »

Le 24 juillet, deux Israéliens, Benayahu Melat et Yuval Ezra, ont été tués lors d’affrontements avec des Palestiniens, qui ont fait également quatre victimes de leur côté. Il ne s’agissait pas d’une simple promenade comme la presse israélienne dans sa quasi totalité s’est empressée de le relater, mais d’une provocation, une de plus devrait-on dire. Depuis leur décès, les colons se livrent à des représailles, pillent des maisons, saccagent des voitures. Ils réclament vengeance, et mènent en fait une guerre de prédation qui se fait passer pour une vendetta.

Au même moment, Netanyahu s’est rendu aux États-Unis pour rencontrer un président américain qui lui fait de moins en moins confiance. La relation israélo-américaine ne va plus de soi. En témoigne le discours de Rahm Emanuel, figure pro-israélienne du parti démocrate, qui réclame désormais des sanctions contre les colons et un arrêt du soutien militaire américain à Israël. Ce discours, que, que vous pourrez lire dans son intégralité, a été prononcé il y a peu à Tel Aviv et il est significatif de l’évolution d’une large partie de l’opinion publique américaine et de sa classe politique à l’égard de Netanyahu et de sa politique dont le caractère néfaste pour Israël se fait sentir de jour en jour.

Sortir de l’isolement grandissant, ne plus être un État-paria et réintégrer la communauté internationale figurent parmi les enjeux des élections à venir sur lesquels nous aurons l’occasion de revenir.