Le camp de la paix et le conflit entre Israéliens et Palestiniens


traduction par Ghislaine Balland


” Notre lutte, maintenant, c’est de restaurer la confiance pour montrer que
la paix n’est pas seulement necessaire, mais possible, puis c’est de mettre
en place un pouvoir qui laissera de cote la force et avancera a nouveau vers
la Paix, Maintenant !”
[Galia Golan, S.Paulo, 11/09/2002]

Conference de Galia Golan, representante israelienne du Mouvement Paix
Maintenant (Shalom Akhshav), donnee a la bibliotheque municipale Alceu de
Amoroso Lima a Sao Paulo (Bresil), le 11 09 2002, a l1occasion du premier
anniversaire de la Liste PAZ AGORA/BR (*) et de la reactivation des “Amis
Bresiliens de Paix Maintenant”

Le champ de la paix et le conflit entre Israeliens et Palestiniens

Bonsoir chers amis, Shana Tova (Bonne Annee)

…/

J1aimerais, ce soir, parler de la terrible situation au Moyen Orient, en
Israel et dans les Territoires Occupes, montrer a quoi les mouvements pour
la paix sont confrontes et ce qu1ils essaient de faire dans la region.

Israel est en train de vivre une situation tres, tres difficile.

Nous avons ete atteints par une enorme crise economique et sociale, qui
decoule directement du climat d1insecurite. Tourisme au degre 0, fuite des
investissements externes, 11% de chomageS

Les personnes vivent dans la peur du terrorisme. Nous vivons un quotidien de
peur : peur de prendre le bus, d1aller faire des courses, de nous asseoir
dans des cafesS

Nous avons subi de terribles attentats terroristes contre des civils
innocents, presque quotidiennement, ces dernieres annees. Partout en Israel
: Haifa, Jerusalem, Petach Tikva, Natania, Tel Aviv, Universite HebraïqueS

C1est probablement la plus grande crise vecue par Israel. Plus de 600
Israeliens sont morts ces deux dernieres annees.

Mais la situation est encore pire pour les Palestiniens.
Pres de 1600 Palestiniens, peut-etre plus, ont ete tues ces derniers temps.
Ils vivent encercles et sous couvre-feu a partir de 22 heures, ils ne
peuvent pas sortir de chez eux ni aller a l1ecole. Ils ne peuvent pas aller
d1un village a l1autre sans autorisation. Dans certains endroits il y a une
penurie d1eau et d1energie. Des villages sont isoles par des tranchees et
des blocs de ciments sur les routes. Des personnes du peuple doivent souvent
insister aupres des soldats aux postes de controle pour pouvoir arriver a
l1ecole ou etre recues dans un hopital proche. Israel a reoccupe des villes.
L1armee a envahi des zones sous controle palestinien. Tous les jours il y a
des emprisonnements et des morts.

Le desastre et le malheur atteint les deux camps.
Logiquement, ceux qui sont occupes sont ceux qui souffrent le plus, mais
l1occupant, Israel, est aussi en train de payer un prix tres eleve.
Ce soir, je parlerai plus d1Israel. Il ne me revient pas de parler au nom
des Palestiniens, meme si je peux en venir a citer quelques-unes des
opinions des nombreux amis que je compte parmi eux.

Je souhaite dire quelques mots sur la facon dont nous en sommes arrives la.
Je n1irai pas tres loin dans l1histoire. Je ne reviendrai pas a 1948, ni
meme a 1967. Je commencerai par Oslo.

Les accords d1Oslo, ont definitivement marque un changement extraordinaire
car ils ont represente la reconnaissance mutuelle des droits nationaux des
Juifs israeliens et des Arabes palestiniens.

L1OLP (Organisation pour la Liberation de la Palestine), apres de nombreuses
annees de debat interne amer et sanglant, s1est resolu en 1988, par un vote
de 81 % des membres du Conseil National Palestinien, a accepter l1existence
de l1Etat d1Israel, et ce qui est connu comme la Solution de Deux Etats.
Elle a accepte l1idee de ce que l1on a appele un « mini-Etat », incluant la
Cisjordanie et la Bande de Gaza, qu1ils ont assume comme un « compromis
historique », avec l1etablissement d1un Etat palestinien aux cotes d1Israel,
et non a la place de l1Etat juif, sur tout ce qui etait appele la Palestine
historique, comme jusqu1alors elle le revendique.

Nous, en Israel, sommes arrives a Oslo a cause de la premiere Intifada, par
laquelle nous avons pris conscience que ce « statu quo » (de l1occupation
des territoires depuis 1967) n1etait pas supportable. Nous ne pouvions pas
continuer a imposer notre domination sur trois millions de personnes, ayant
des identites et des desirs differents des notres, en esperant qu1elles
l1acceptent calmement et tranquillement. Les Israeliens ont compris que
l1occupation n1apporterait pas la securite desiree. Bien au contraire, les
territoires portaient prejudice a notre securite.

Je crois que c1est cela qui a amene Yitszhak Rabin au gouvernement en 1992.
Il croyait qu1il y avait une fenetre ouverte en raison des changements qui
avaient eu lieu dans le monde, y compris dans le monde arabe.
C1est ce qui a amene les deux cotes a Oslo
Il y a bien sur eu des problemes en ce qui concerne le processus d1Oslo :

Le principe etait le suivant : faire des accords et des negociations, suivis
de renegociations et de nouveaux accords a chaque pas. Cela a entraine des
retards, et des erreurs dans la mise en oeuvre du processus.

a) Oslo etait un accord interne qui prevoyait trois ans de retraits
graduels, ce qui ensuite devait permettre d1entamer un dialogue pour un «
statut » definitif.

b) Une periode de trois ans, alors consideree comme necessaire pour la
construction de la confiance, a ete en realite une periode de transition
pendant laquelle les opposants a la paix, des deux cotes, non seulement ont
pu, mais ont canalise tous leurs efforts pour torpiller par tous les moyens
le processus de paix et essayer d1en finir avec lui. D1un cote les
fondamentalismes islamiques, et de l1autre les extremistes de droite et les
colons, ont pu continuer a cimenter la haine et a saboter le dialogue.

C1est pourquoi, une combinaison de mises en oeuvre retardees et d1actions
d1opposants des deux cotes, ajoutees a la continuelle mise en place
d1implantations, ont travaille contre le processus d1Oslo.

Mais Oslo avait le soutien de la majorite des deux cotes. Le processus de
Paix a apporte un « boom » economique a Israel, de nouveaux investissements
externes, le developpement de ses relations diplomatiques, l1augmentation du
tourisme, l1acceptation par la majeure partie du monde arabe, la paix avec
la Jordanie, des initiatives de cooperation entre Palestiniens et Israeliens
commencaient a eclore dans les domaines social, culturel et economique.

Le point d1inflexion, je pense, a ete l1assassinat de Rabin en novembre
1995.

Ce qui a suivi ce furent : des attentats terroristes devastateurs,
l1election de l1homme de droite Biniamin Netanyahu, et l1interruption
virtuelle du processus de paix, a l1exception de quelques accords, comme le
retrait d1une partie de l1Hebron, sous la pression des Etats-Unis. Mais la
majeure partie des accords a cesse d1etre mis en place. Les retraits ont
cesse et la construction d1implantations a continue.

Pendant cette periode, la deception et le desenchantement par rapport a Oslo
se sont installes chez les Palestiniens. Ils ne croyaient plus qu1Israel
avait l1intention de quitter les territoires. Les trois ans et demi du
gouvernement de « Bibi » (Netanyahu) ont ete critiques.
Quand Barak a ete elu, les espoirs etaient a la hausse, bien que les
Palestiniens soient demeures sceptiques. Alors qu1Israel avait retire de
nombreux avantages du processus d1Oslo, les Palestiniens ne ressentaient pas
la meme chose. Ils avaient ete encore plus restreints dans leur liberte de
mouvement et avaient perdu plus de terres en raison des implantations.
Je crois que Barak avait de bonnes intentions. Il nous a permis de nous
retirer du Liban, et je pense qu1il desirait faire la paix avec la Syrie et
les Palestiniens.

Mais il n1a pas prete assez d1attention aux Palestiniens. Il a commence par
les Syriens. Il n1a pas meme rencontre Arafat durant de longs mois, et,
encore plus important, il a soustrait les retraits de son agenda et a
insiste pour qu1il y ait un sommet, avant que les Palestiniens puissent
juger que les negociations etaient suffisamment avancees pour garantir le
succes de ce sommet.

A Camp David, Barak a offert plus qu1aucun autre leader israelien n1avait
jamais offert : pres de 90 % des terres (en maintenant 10 % ou la majorite
des colons pourrait demeurer ou ils etaient), Jerusalem comme capitale des
deux Etats, avec les quartiers arabes sous souverainete arabe et les
quartiers juifs sous juridiction d1Israel.

Mais la proposition etait inacceptable pour tout Palestinien. Israel
maintiendrait le controle de l1espace aerien sur la Cisjordanie et Gaza,
controlerait les ressources hydrauliques de Cisjordanie, controlerait deux
routes qui traverseraient la Cisjordanie d1Israel jusqu1au Jourdain, coupant
le futur Etat palestinien en trois parties.

Et on offrait moins de 90% du territoire attendu a Oslo, quand les
Palestiniens pensaient deja avoir renonce a 78 % de la Palestine historique.
Maintenant ils etaient convies a renoncer encore a plus de 10 % du peu qu1il
leur restait pour etablir leur Etat.

La proposition de Barak leur a ete posee sous cette forme : « accepter ou
refuser ». On soutenait que c1etait la fin du conflit alors que le
problemes des refugies n1avait pas trouve de solution, ni celui du Mont du
Temple.

Clinton et Barak accuserent Arafat de l1echec des conversations de Camp
David. Et c1est de cette facon qu1ils le presenterent aux Israeliens et au
monde entier : « Barak avait tout offert aux Palestiniens. Arafat a tout
refuse ».

Pourtant les negociations ont continue. A Taba (Egypte) en janvier 2001 de
grands progres ont ete faits sur le theme-clef des refugies. Mais il etait
tres tard.

En raison de l1echec de Camp David, l1Intifada a resurgi.

Ce qui a mis le feu aux poudres c1est la visite de Sharon au Mont du Temple,
mais l1Intifada avait deja ete planifiee. La frustration palestinienne avait
grandi. Le peuple etait a bout de patience et la revolte s1est etendue.

Je peux comprendre pourquoi l1Intifada est reapparue. Mais je crois toujours
que c1etait une erreur tragique. Elle est responsable de l1arrivee de Sharon
au pouvoir, et de la situation actuelle.

Sharon est a la tete d1un gouvernement qui croit a la force, qui croit a un
grand Etat d1Israel, qui croit a une colonisation permanente des territoires
occupes, avec une forme d1autonomie palestinienne dans des zones isolees.

Je pourrais dire beaucoup d1autres choses sur le gouvernement de Sharon, et
peut-etre le ferai-je, mais, en resume, je dirais qu1il n1est pas a la tete
d1un gouvernement qui cherche une solution authentique qui apportera la
paix, parce qu1il ne croit pas en l1existence de cette solution.

Un mot sur l1Intifada.

Cette Intifada est tres differente de la premiere qui a ete comprise par les
Israeliens comme une revolte civile et desarmee contre l1occupation. Ils ont
compris qu1il ne pourraient pas maintenir les territoires occupes, ce qui a
amene l1Israel a la table des negociations.

La deuxieme Intifada est totalement differente. Les Palestiniens maintenant
ont des armes, une police et des forces de securite. Mais elle est aussi
differente parce que les Israeliens ne la comprennent pas. Ils pensent avoir
tout offert et que tout a ete refuse.

Le gouvernement israelien a dit que les Palestiniens ont rompu avec Camp
David a cause du probleme du « droit au retour ». Cette question est
cruciale parce que son interpretation sans restriction est l1unique theme
qui atteint l1essence meme d1Israel. Tout le reste, frontieres, eau et
mesures de securite sont des themes importants mais aucun d1entre eux ne
menace l1existence d1Israel en tant que telle : le retour de trois millions,
deux millions ou meme d1un million de refugies signifierait la fin de l1Etat
Juif, d1un Etat pour le peuple juif.

Nous sommes ainsi revenus a la mentalite anterieure a la fondation de l1Etat
d1Israel qui nous ramene a 1948 : « Nous sommes des victimes. Nous offrons
tout, mais eux ne veulent que nous detruire ». « Nous sommes les victimes
et sommes dans notre droitS L1Intifada n1est pas le fruit de l1occupationS
ils veulent detruire l1Etat d1IsraelS »

Vous devez comprendre : ces expressions ne sont pas seulement entendues a
l1extreme-droite, bien que ceux-ci n1aient jamais cru qu1autre chose soit
possible. Ce que je viens de dire sont des phrases entendues au centre
critique de l1opinion publique israelienne, et meme en partie a gauche.

De cette masse critique du centre qui penche a gauche ou a droite. Ce «
centre » sceptique a contribue avec sa majorite de 2/3 au processus d1Oslo.
C1est ce groupe qui s1est rapproche de la droite ces dernieres annees.

Contradictions dans l1opinion publique israelienne :

Ce syndrome de « victime qui a raison », et l1incapacite total de percevoir
l1autre cote engendre des perceptions telles que celles-ci :

« Les Palestiniens n1existent pas, excepte comme terroristes »S « Oui, nous
bombardons et nous tuons mais seulement les terroristes »S « Nous regrettons
les erreurs et la mort d1innocents »S « Mais il prennent expres pour cibles
des personnes innocentes dans des cafes et des centres commerciaux. En
comparaison, ce que nous faisons est pleinement justifieS »

C1est la facon dont des personnes honnetes voient la situation. C1est la
facon dont elles se l1expliquent a elles-memes, peut-etre parce que la voir
d1une autre maniere serait trop douloureux.

Mais ceci n1est qu1une des nombreuses contradictions de l1opinion publique
en Israel de nos jours.

En raison du terrorisme (et de la croyance en ce que « nous leur avons tout
offert »), pres de 70 % de la population a soutenu la politique de force de
Sharon.

Mais en meme temps, plus ou moins le meme pourcentage emet l1opinion que
l1action militaire n1est pas suffisante, qu1il doit y avoir un chemin
politique, que des negociations doivent avoir lieu.

En verite, de nombreux officiers de l1armee disent la meme chose : « Nous
avons agi militairement, nous avons accompli notre tache, mais les hommes
politiques doivent se servir de cette occasion pour ouvrir une voie
politique ». Nous nous demandons pourquoi le gouvernement ne le fait pasS

Pourquoi, quand il y a eu une periode de trois semaines sans aucune
violence, entre decembre et janvier, Sharon a-t-il repris les assassinats
cibles, ayant pour resultat une reprise du terrorisme?

Pourquoi, en ce printemps, alors qu1il y a eu a nouveau une accalmie, des
assassinats cibles et des actes terroristes ont -ils recommence avec plus
de force, ayant pour resultat la reoccupation de la Cisjordanie ?

Pourquoi, cet ete, en fait depuis cinq semaines, sommes-nous installes dans
les villes palestiniennes, sans aucune attaque terroriste sur le territoire
israelien, et l1on ne montre encore aucune volonte de renouer le dialogue
politique ?

Ces cycles de terreur palestinienne / action militaire israelienne/
assassinats cibles / attentats terroristes / vont continuer, avec un
resultat evident :

Chaque cote est convaincu de ce que l1autre n1a aucun interet a la paix.

Les Palestiniens voient Israel a travers ses actions militaires, son
occupation chaque fois plus oppressive et sa construction d1implantations.

Les Israeliens voient les Palestiniens a travers le terrorisme ayant pour
cible des civils israeliens innocents, parfois avec l1aide
d1arabo-israeliens.

Pourtant, nous sommes a nouveau aux prises avec une contradiction de bon
augure : Les deux cotes, les deux populations, soutiennent encore une
Solution de Deux Etats.

La majorite, des deux cotes, souhaite encore :

1. Un Etat palestinien a cote d1Israel.

2. Jerusalem comme capitale des deux Etats.

3. Le demantelement des colonies (au moins la majorite d1entre eux)

En ce qui concerne les colons israeliens, une etude recente effectueepar
Shalom Akhshav, qui a permis d1interroger un echantillon de 3200 familles,
habitants dans 127 des 140 implantations de la Cisjordanie et de Gaza, a
revele qu1une grande majorite d1entre elles abandonnerait les colonies en
cas de decision du gouvernement. 70 % d1entre elles pensent qu1elles
devraient recevoir une compensation et des facilites pour se reloger en
Israel. Seule une petite minorite d1entre elles (2 %) resisterait par la
force a une decision de retrait des territoires.

En d1autres mots, alors qu1il y a des leaders fanatiques chez les colons, la
population residant dans les colonies ne serait pas un obstacle a un retrait
et a un accord de paix.

De l1autre cote, une recente etude palestinienne a revele que 70 % des
Palestiniens preferent des moyens non-violents de resistance a l1occupation.

Nous avons ainsi, a la base, la meme disposition des populations des deux
cotes.

1. Desir de compromis.

2. Mise en doute du desir de paix du cote adverse.

3. Un grand soutien aux leaders de chaque camp.

Mais il y a des signes positifs.

En dehors du fait que la majorite (des deux cotes) est favorable a un
accord, il est a noter que les colons sont disposes a partir et que les
Palestiniens preferent l1utilisation de la non-violence.

Signes positifs du cote palestinien :

1.Des voix de plus en plus nombreuses demandent un changement dans la
politique palestinienne.

2. Critiques publiques a Arafat.

3. Admission que quelques erreurs ont ete commises.

4. Discussion plus ample sur la necessite de concessions sur le theme des
refugies.

5.Acceptation de l1initiative de l1Arabie Saoudite, soutenue par la Ligue
arabe, qui parle du droit au retour lie a un accord avec Israel pour sa mise
en place.

Il existe une conscience que l1Intifada doit prendre fin et que les forces
locales palestiniennes doivent avoir un plus grand pouvoir, en particulier
les legislateurs palestiniens et une nouvelle generation de leaders. La
popularite d1 Arafat a diminue, mais peu – les Palestiniens ne veulent pas
que son depart du gouvernement soit interprete comme un signe de reddition
aux exigences israeliennes et americaines.

Le leader le plus populaire aujourd1hui est Marwan Barghouti ; le Hamas a
l1appui de 20 a 30 % de la population, essentiellement en raison de ses
activite d1assistance et d1aide sociales.

Les exigences americaines et israeliennes d1une reforme politique ont ete, a
la verite, bien recues par les Palestiniens. Ils desirent la democratie et
ont besoin d1elections (les dernieres eurent lieu en 1996). Mais maintenant
le gouvernement de Sharon, qui les avaient exigees dicte : « Nous voulons
d1abord les reformes, et nous ne permettrons pas des elections avec
quiconque associe au terrorismeS »

Des signes positifs chez les israeliens.

1. Remontee du camp de la paix l1annee derniere.

2. Discussion de diverses idees a mettre en oeuvre unilateralement pour
montrer que ce ne sont pas les terroristes qui dictent les faits ; sans
perdre de vue la necessite de mettre fin a l1occupation, il est important de
demanteler certaines implantations, au moins comme preuve de nos bonnes
intentions, ou meme signaler l1intention de nous retirer meme sans un
accord.

3. Multiplication de nouveaux groupes de solidarite, qui apportent aliments,
vetements et medicaments aux Palestiniens.

4. Le mouvement Shalom Akhshav a fait descendre des milliers de militants
dans les rues, a organise des veilles hebdomadaires et quotidiennes dans
tout le pays. En mai, il a organise une manifestation massive qui a reuni de
70 a 100 mille personnes sur la Place Rabin a Tel-Aviv, des milliers de
jeunes avec le slogan : « Partons des territoires pour le bien d1Israel ! »

5. Une equipe de Shalom Akhshav se consacre a la surveillance des
implantations, la semaine derniere elle a decouvert et denonce huit nouveaux
postes avances d1implantation, en faisant pression sur le gouvernement pour
tenir sa promesse de demanteler plus de 50 de ces implantations admises
comme illegales par le ministere de la Defense lui-meme.

6. Pressions sur le Parti Travailliste et le Ministre de l1Exterieur Shimon
Peres pour quitter le gouvernement, de facon a devenir une alternative
politique significative du Parti Likud. C1est une vraie lutte interne qui
est en cours dans le Parti Travailliste.

7. Des soldats se sont refuses a servir dans les territoires, incluant des
officiers haut grades et d1une grande popularite.

8. Des pressions sur la presse pour rechercher et eviter ce qui a ete appele
morts accidentelles de civils palestiniens. Peut-etre ne sommes-nous pas
tous des saints?

9. La crise economique commence a etre comprise par la population comme le
resultat direct de la situation d1insecurite.

Il y a beaucoup de choses dont je n1ai pas parle, dans le scenario interne.
Pas seulement l1economie, mais aussi la montee du racisme dans le pays et
dans le gouvernement, l1anti-intellectualisme du gouvernement, le desinteret
pour les droits civils particulierement ceux des Arabes, mais aussi ceux
des Juifs israeliens.

Je sais que j1ai brosse un tableau gris, couleur cendre.

Sous differentes formes, le conflit arabo-israelien est entrain de detruire
Israel et les valeurs sur lesquelles l1Etat a ete fonde, en faisant
apparaitre et en donnant de l1importance a des groupes et a des idees qui
jamais auparavant n1avaient eu cours.

Mais je ne suis pas totalement decouragee.

Le Mouvement PAIX MAINTENANT a trouve un echo en creant une coalition
israelo-palestinienne pour la paix, avec des dirigeants de milieux
politiques et intellectuelles israeliens et palestiniens, et une campagne
pour la paix entre les peuples israelien et palestinien.

Nous parlons de personnes influentes des deux cotes. Des dirigeants
d1importants partis politiques et d1organisations populaires qui
representent des centaines de milliers de personnes qui ont trouve une base
sur laquelle ils travaillent ensemble a une solution pour un avenir de
cooperation entre les deux Etats.

Nous ne sommes pas naïfs. Nous connaissons la difficulte des problemes et
nous connaissons le pouvoir et la cruaue des forces auxquelles nous faisons
face.

Nous savons aussi que, il n1y a pas tres longtemps, nous, Israeliens et
Palestiniens, avons ete tres pres de resoudre le conflit, soutenus par la
majorite des deux peuples.

Nous y arriverons a nouveau.

Parce que la paix est l1unique chemin pour chaque peuple, israelien ou
palestinien, de vivre libre et en securite. Les israeliens, Shalom Akhshav
inclus, ne deviendront pas des nationalistes palestiniens. De meme que les
Palestiniens ne deviendront pas sionistes.

Mais les deux peuples ont decouvert que les reves « d1avoir tout », ne leur
ont apporte que violence et tragedie.

Notre lutte, maintenant, doit servir a restaurer la confiance en ce que la
paix n1est pas seulement necessaire mais possible, et a mettre en place un
pouvoir qui laissera de cote la force et avancera a nouveau sur le chemin de
la paix, maintenant !

(*) Cette transcrition de la Conference de Mme. Galia Golan a S.Paulo, a
ete ici traduit gracieusement par Ghislaine Balland, a partir de la
transription integrale publie en la Liste PAZ AGORA/BR –
Paz Agora – des Amis Bresiliens de Shalom
Akhshav – Amigos Brasileiros do PAZ AGORA