Le boycott des universites israeliennes, une arme contre la paix


« La Paix Maintenant » (Shalom Akhshav), qui est en Israel le mouvement le
plus important en faveur de la paix, est connu pour avoir toujours proteste
et pour lutter aujourd¹hui encore contre l¹occupation des territoires
palestiniens. Il condamne la violence entre les deux peuples et appelle a
une reprise immediate des negociations, en vue de creer un Etat
palestinien, sur la base des frontieres de 1967. Deux Etats, ayant chacun
Jerusalem comme capitale, existeront dans des conditions qui garantissent
aux deux Etats la securite et la paix.

Nous luttons en Israel contre la delegitimation de la Palestine du fait des
attentats terroristes et nous lutterons dans le monde entier avec nos amis
contre la delegitimation d¹Israel du fait de la politique d’occupation de
son gouvernement actuel.

Nos amis et collegues, dans les universites et instituts de recherche de par
le monde, aussi bien en Israel qu¹en Palestine, sont a la pointe du combat
qui vise a faire cesser ce conflit long et violent. Ils sont parmi les
pionniers de la cooperation entre les deux societes civiles. La cooperation
entre universitaires israeliens et palestiniens est au centre de ce combat
et elle continue d¹exister malgre le conflit.

C¹est pourquoi nous protestons energiquement contre les appels explicites ou
implicites au boycottage des universites israeliennes qui ont ete orchestres
au cours des derniers mois a travers le monde et en particulier en France.

La reponse la plus appropriee a cette campagne a ete formulee par le
directeur general de l¹UNESCO, Kaichiro Matsuura : « Nous devons faire tout
ce qui est possible pour preserver les conditions d¹un dialogue entre les
differentes communautes scientifiques et universitaires a travers le monde,
ce dialogue etant parfois le dernier lien existant entre des peuples divises
par la guerre ; et le premier pas vers la reconciliation » (8 janvier 2003)

Nous pensons egalement que la lutte contre la haine repose sur la
cooperation qui elle-meme conduit au dialogue, a la reconnaissance mutuelle,
a l¹egalite et a la liberte. La tentative de nuire aux universites en Israel
est une initiative visant a denier la liberte qui n¹aidera en aucune facon,
ni a arreter l¹occupation et la violence, ni a encourager les forces de paix
dans chacune des societes. En realite, cet appel a ecarter les
universitaires israeliens et a les isoler, ne fait paradoxalement qu¹aider
ceux qui rejettent la paix au sein de la societe israelienne.

En conclusion, nous citerons un communique de la Commission Europeenne date
du 8 janvier 2003 :

Suite a la demande recente d¹une universite francaise d¹arreter les
relations scientifiques et universitaires entre l¹Europe et Israel, la
Commission europeenne rappelle qu’elle n¹est pas en faveur d¹une politique
de sanction a l¹encontre des parties du conflit, mais preconise plutot le
dialogue qui est le meilleur moyen de les ramener a la negociation.
La Commission Europeenne considere que la cooperation scientifique au niveau
europeen joue un role tres positif en permettant des cooperations non
seulement entre Europeens et Israeliens, mais aussi avec les scientifiques
et les institutions palestiniennes et d¹autre pays du Moyen-Orient. De plus,
les institutions universitaires israeliennes exercent une influence
moderatrice et sont un lieu ou les scientifiques israeliens et arabes
peuvent interagir.