La guerre en Irak et le processus de paix


Sur le site d’haaretz

Le rythme auquel les forces de la coalition avancent vers Bagdad et Bassorah
indique que la guerre en Irak ne va pas etre une question de jours, ni
peut-etre de mois. Au cours de leur rencontre a Camp David jeudi dernier,
George Bush et Tony Blair ont evite d’emettre un pronostic concernant la
longueur du conflit. De hauts officiers americains parlent de plusieurs
mois, et demandent une augmentation significative des forces, en particulier
pour les combats urbains.

On s’attend a ce que la guerre en Irak, et l’effort de reconstruction qui
s’ensuivra, detournera l’attention de l’administration Bush du conflit
israelo-palestinien. Le secretaire d’Etat Colin Powell a dit au Washington
Post que “le president comprend que le monde s’attend a ce qu’il fasse
quelque chose au Moyen-Orient apres l’Irak”. La declaration de Powell
renforce l’opinion des experts selon laquelle Bush acceptera la publication
de la “feuille de route”, apres la formation du nouveau gouvernement
palestinien, comme il l’a promis a Blair.

L’experience enseigne que la publication de plans, diplomatiques ou
securitaires, comme le rapport Mitchell et le plan Tenet, ne conduit ni a
une cessation des violences, ni a une reprise des negociations. Le succes de
la feuille de route depend en premier lieu de la volonte des deux parties de
renoncer a l’usage de la violence comme moyen de parvenir a ses fins, et de
l’application en parallele des mesures preconisees par le plan propose. Cela
sera egalement vrai a la fin de la guerre en Irak.

Ce serait une grave erreur de la part du gouvernement que d’attendre jusque
la, inactif, et dans l’espoir que les resultats de la guerre modifient les
donnees dans la region. La decision d’entreprendre des reformes au niveau de
la direction, et le debat interne qui monte dans les territoires, indiquent
que la division a propos de l’inutilite de l’option militaire va croissant.
Cependant, pour renforcer sa position, et pour etre ainsi capable de
contenir ceux qui s’opposent a la reconciliation, le nouveau gouvernement
palestinien devra insuffler de nouveau a son peuple l’espoir qu’une approche
pragmatique et une direction transparente sont capables de raccourcir le
chemin vers la fin de l’occupation, vers la securite et vers le mieux-etre.

La cle du succes du nouveau gouvernement de Ramallah se trouve tres
largement entre les mains du gouvernement israelien. Il ne suffit pas que le
premier ministre Ariel Sharon “salue” l’election de Mahmoud Abbas (Abou
Mazen) au poste de premier ministre. Aucun Palestinien ne pourra offrir un
cessez-le-feu sans que soit mis fin aux confiscations et aux demolitions de
maisons, sans qu’il soit procede au gel de la colonisation, et sans une
reprise du dialogue entre les gouvernements. Lever le siege des villes
palestiniennes, rendre plus facile la circulation des habitants, donner des
permis de travail en Israel, fournir une assistance humanitaire et relacher
des prisonniers, toutes ces mesures sont des prealables necessaires pour
changer la realite dans les territoires et en Israel. Ces mesures pourraient
etre un signal donne au peuple palestinien et a ses dirigeants qu’Israel est
pret a une desescalade du conflit, et qu’apres la reprise du processus
diplomatique, Israel est pret a avancer vers un accord digne d’etre discute.

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