La continuité, ou une chance pour l’avenir?


Les elections pour la 16eme Knesset vont se tenir en plein dans une
confrontation violente qui a eclate a la fin de septembre 2000. Les sondages
indiquent que le Likoud et les partis de droite vont beneficier de la vague
de deception qui a suivi les accords d’Oslo. Selon ces sondages, le Parti
travailliste va continuer a payer le prix des attentats qui ont remplace le
processus de paix. Le soutien aux partis qui forment le gouvernement sortant
ne decoule pas de leurs realisations en economie, en diplomatie, ou en
traitement des problemes sociaux. Il semble que la peur du terrorisme,
l’hostilite envers les Palestiniens et le desespoir quant a un possible
processus de paix ont prevalu sur toute autre consideration.

Cependant, le transfert de voix vers la droite et vers le Shinoui n’indique
pas un glissement du soutien a une solution politique vers une quelconque
croyance en une victoire militaire. De nombreux electeurs du Likoud sont de
fervents partisans d’un accord de paix qui comprendrait un retrait de la
plupart des territoires, semblable a celui que les travaillistes proposent.
Ceux-la croient a la promesse d’Ariel Sharon d’offrir aux Palestiniens des
“concessions douloureuses” en echange d’une “paix veritable”. Ils ont fait
leur son argument selon lequel le seul obstacle qui empeche la reprise des
negociations est l’absence d’un partenaire palestinien.

Au cours de sa campagne electorale, Sharon a promis que s’il etait elu, il
demanderait a son cabinet d’approuver le plan de paix qu’il a formule avec
le president Bush. Il a egalement annonce que son cabinet ne comprendrait
que des ministres qui se seraient engages par avance a soutenir ce plan,
sachant que le dit plan comprend, a un satde relativement avance, la
creation d’un Etat palestinien dans les actuelles zones A et B. Il semble
que Sharon soit en quete d’une collaboration des travaillistes afin que ce
plan dispose d’une assise parlementaire solide.

Mais, a etudier le plan Sharon, on s’apercoit qu’il prevoit des conditions
prealables qui, au cours de ces deux dernieres annees, ont sabote toutes les
initiatives politiques, du plan Mitchell au discours de Bush. La premiere
condition de Sharon avant toute mesure israelienne, y compris un retrait des
villes palestiniennes ou un gel de la colonisation, est la destitution de
Yasser Arafat en tant que president de l’Autorite palestinienne, et le
demantelement de tous les services de securite a ses ordres. Il est
difficile de se debarrasser du soupcon que ce plan n’est rien d’autre qu’un
coup pour la galerie, destine a placer la balle dans le camp de son rival,
un coup qui ne mene qu’a la perpetuation du cycle des massacres;

Le parti travailliste, sous la direction d’Amram Mitzna, declare que l’objectif essentiel d’un gouvernment qu’il dirigerait serait la reprise du processus de paix. Les travaillistes se sont engages a reprendre les negociations sur la base du plan Clinton de septembre 2000. Les travaillistes proposent aussi un plan de retrait rapide de la Bande de Gaza, ainsi qu’un plan de separation unilaterale de la Cisjordanie, en cas d’impasse des pourparlers politiques.

Ces deux dernieres annees, la politique du gouvernement a provoque des morts, et une deterioration dans tous les secteurs; Apres-demain, les citoyens devront choisir entre le regne de la droite, qui assurerait la continuation de la confrontation violente, et un gouvernement qui offrirait une nouvelle chance au processus politique, une restauration de la securite, et une reprise sur le plan economique et social.