Déstabilisation de l’Etat


[article sur le site d’Haaretz->
http://www.haaretz.com/hasen/pages/ShArt.jhtml?itemNo=309963&contrassID=2&subContrassID=3&sbSubContrassID=0&listSrc=Y]


Le nombre des avant-postes evacues est a peu pres le meme que celui des
avant-postes crees ces derniers jours. Selon l’armee, dix points de
colonisation ont ete demanteles. Selon les colons, environ le meme nombre a
ete retabli, dont certains a l’endroit meme ou ils ont ete demanteles, mais
pour la plupart sur d’autres sites. Ces chiffres, tout comme les heurts
physiques qui ont eu lieu pendant certaines des evacuations, constituent a
la fois une honte et un embarras.

Il est honteux qu’un gouvernement d’Israel ait annonce au monde qu’il avait
decide de se debarrasser des avant-postes “non autorises”, mais que de fait,
un groupe de civils tournent en derision sa politique declaree. Il est
embarrassant que Tsahal ne soit pas capable de mettre oeuvre la politique du
gouvernement avec determination et efficacite.

Il n’est ni comprehensible, ni encore moins acceptable, qu’un officier
declare une zone fermee pour raisons militaires, et ensuite n’y fasse pas
regner l’ordre. Comment des adolescents peuvent-ils eviter les checkpoints
et faire ce qui bon leur semble dans le perimetre d’une zone militaire
fermee? La faiblesse qu’ont montree les hommes politiques, l’armee et la
police porte un coup serieux a la democratie dans ce pays.

Ceux qui, de facon malsaine, portent le danger, ce sont les dirigeants
officiels du camp des colons, et non les “jeunes des collines” soi-disant a
la marge de la communaute, alors que le conseil representatif contribue a
transporter les jeunes d’un site a l’autre pour amener des renforts a ceux
qui se heurtent aux soldats et a la police.

Les porte-parole du conseil des colons se drappent dans des declarations de
soi-disant droits democratiques, comme le droit de manifester et le droit de
resister passivement a l’action d’un gouvernement auquel ils s’opposent.
Mais dans les faits, par ses actions et les encouragements qu’il prodigue
aux autres, le conseil a franchi les limites de ce qui est acceptable dans
une democratie.

Le comportement du conseil de Yesha frise aujourd’hui la sedition. Ses
rabbins, ou au moins certains de ceux qui sont au premier plan, ont franchi
cette ligne de facon flagrante. Le rabbin Dov Lior de Hebron, president du
conseil des rabbins de Yesha, a explicitement appele la semaine derniere a
un transfert de populations. Dans une decision halakhique (selon la
“halakha”, la loi juive, ndt), il a dit que “le droit au retour des Arabes
dans les pays arabes” devait etre autorise. Ses partisans ont explique que
cela ne s’appliquait pas seulement aux Palestiniens des territoires, mais
aussi aux citoyens arabes d’Israel. Tous doivent se trouver une place en
dehors des frontieres de la Terre Promise.

Un autre rabbin qui compte dans les cercles des colons, le rabbin Eliezer
Melamed de Brakha, a recemment publie une decision annulant la valeur de
toute tentative par le gouvernement d’expulser un Juif de quelque endroit
que ce soit dans le pays. Son pere, le rabbin Zalman Melamed, a appele les
generaux a refuser d’obeir aux ordres d’evacuer les colonies. Le rabbin
Shlomo Aviner, un erudit en matiere de Torah tres admire, a ete encore plus
loin et a statue que la creation d’un Etat palestinien equivalait a “une
declaration de guerre du gouvernement au peuple”.

Il apparait de tout cela qu’aux yeux de ces gens, la difference entre un
Etat biblique theocratique et un Etat contemporain devient de moins en moins
nette, et que ce dernier doit faire maintenant tres attention. Les passions
fanatiques menacent aujourd’hui de mener ces gens a l’irreparable, et avec
eux les dizaines de milliers d’autres qu’ils tiennent sous leur influence.