Sur l’acharnement à l’encontre des ONG opposées à l’occupation… Ne plus rien laisser passer !

Nétanyahou en a encore remis une couche cette semaine. Il n’a pas hésité, en violation de tous les usages diplomatiques, à poser un ultimatum public au ministre des Affaires étrangères allemand en visite en Israël : c’est « elles » ou c’est moi ! Elles, ce sont les ONG, en l’occurrence B’Tselem et Breaking the Silence. Pourtant il les qualifie lui-même « d’insignifiantes », mais il les place à son niveau (est-ce lui qui serait…. ?) et leur fait une publicité d’enfer. On connait ces organisations. Certaines de leurs actions peuvent être critiquables mais nombreux sont ceux qui, y compris au sein de l’armée et des services de sécurité, s’accordent à reconnaître l’importance de leur travail de lanceurs d’alerte et le sérieux de leurs investigations. Pour preuve : aucune action judiciaire n’a été lancée à leur encontre. L’histoire nous enseigne que, si l’on s’en prend à elles aujourd’hui , demain viendra le tour des autres ONG opposées à la poursuite de l’occupation et aux dérives qu’elle induit.

Les choses doivent être claires : une association en conformité avec la loi et la justice de son pays a le droit de mener ses actions et de rencontrer qui elle veut et qui souhaite la rencontrer.
Il est intolérabl qu’une  “sous-ministre” (comme dirait Le Canard enchaîné) des Affaires étrangères se permette de qualifier l’une de ces ONG d’« ennemie d’Israël… pire que les autres groupes pro-palestiniens ». Lorsqu’un excité de la droite-extrême passera à l’acte, elle se prétendra alors « pas coupable », comme cela s’est déjà produit en un passé qui reste gravé dans nos mémoires.

Les choses doivent êtres claires. Ceux qui s’en prennent aux soldats israéliens siègent au gouvernement. Nous ne pensons pas à ceux qui sont en responsabilité d’une politique passive, inerte diplomatiquement et qui, de ce fait, place « des gamins de 18 ans » dans des situations impossibles. Non, nous parlons de ceux qui s’en prennent physiquement aux soldats israéliens et ont des relais jusqu’au sein du gouvernement.

Qu’il s’agisse de religieux ultra-orthodoxes qui insultent et agressent, à Jérusalem et ailleurs, ceux d’entre eux qui ont choisi d’accomplir leur service militaire et qui, à l’approche de leur quartier, préfèrent se mettre “en civil” pour ne pas recevoir coups et crachats. Des ministres, au gouvernement, les soutiennent.

Qu’il s’agisse de colons religieux ultra-nationalistes, de la “jeunesse des collines”, qui n’hésitent à attaquer ni les Palestiniens venus cultiver leurs champs ni les soldat israéliens qui, parfois, s’interposent. Caillasser un véhicule de Tsahal leur est divertissement. Eux aussi sont représentés au gouvernement.

Il y a quelques jours, dans le Times of Israel, on pouvait lire : « Citant un incident survenu la semaine dernière, dans lequel des Israéliens vivant en Cisjordanie ont attaqué des troupes israéliennes, l’officier a déploré que lorsque des individus attaquant des soldats israéliens sont arrêtés, ils sont presque immédiatement libérés.  » Nous les arrêtons sans cesse, et après quelques heures, ils peuvent partir, au lieu de rester des mois en prison  » a-t-il dit. »

Il faut en finir avec la démonisation des ONG dites “de gauche” : elles n’attaquent pas les soldats, elles dénoncent des dérives qui, si l’on n’y prend garde, finiront par faire système.

Ilan Rozenkier

Sociologue et membre fondateur des Amis de Shalom Akhshav, devenus La Paix Maintenant, Ilan Rozenkier a été élu président de l’association en 2014.