Une ministre raciste : c’est vraiment ce dont nous avions besoin

Thème : Politique intérieure israélienne Arabes israéliens

Yedioth A’haronoth
mis en ligne le 27 février 2007
par Yariv Oppenheimer

après Avigdor Lieberman, c’est Esterina Tartman [1] qui entre au gouvernement ! Chargée de promouvoir à l’étranger l’image d’Israël. Ca promet...]

Yediot Aharonot, 27 février 2007

http://www.ynetnews.com/articles/0,...

Trad. : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

Difficile de ne pas voir la bêtise qu’il y a à désigner Esterina Tartman au poste de ministre du tourisme d’Israël [2]. Ce poste de représentation, qui sert à promouvoir le tourisme et l’image d’Israël dans le monde, est confié, entre tous les députés, à Esterina Tartman, qui justifie l’occupation et soutient l’expulsion d’Israël de ses citoyens arabes.

L’Etat d’Israël, qui après un conflit régional et un cycle de violences continues, se trouve depuis quelque temps en dehors de la carte du tourisme mondial, a pris encore un sérieux coup de relations publiques avec le choix au poste de ministre du tourisme de l’élément le plus radical, le plus violent du parti Israel Beitenou [parti d’Avigdor Lieberman].

Dans u monde où l’image prime souvent sur la substance, l’Etat d’Israël confie sa porte d’entrée à une ministre aux opinions d’extrême droite, perçues dans le monde et par une bonne partie d’Israël comme illégitimes et méritant une condamnation [3].

Tartman, qui avait réagi violemment à la nomination d’un ministre arabe, Raleb Madjadele (culture, sciences et sports, ndt) et déclaré que "nous devons éradiquer cette pathologie qui nous frappe" et que la nomination d’un ministre arabe "reven(ait) à prendre une hache pour abattre un tronc appelé sionisme et Etat d’Israël", arrive à la tête d’une institution dont la vocation est d’attirer des touristes et de promouvoir l’image d’Israël à l’étranger.

I est facile de s’imaginer qu’au prochain colloque où la nouvelle ministre représentera Israël, on parlera moins des attractions et des offres touristiques d’Israël que de difficiles questions sur la démocratie israélienne, le statut de sa minorité arabe et le problème du racisme dans la société israélienne.

Le ministère du tourisme devra également remettre dans ses tiroirs ses plans marketing destinés à ne pas trop insister sur le conflit et sur la situation politique dans le pays et à vendre l’Etat d’Israël comme un endroit sûr et attractif. Au lieu de cela, les fonctionnaires du ministère devront travailler dur pour expliquer qui est la nouvelle ministre et comment ses opinions politiques sont censées être compatibles avec les normes démocratiques.

De plus, au lieu de présenter le pays aux touristes potentiels comme un endroit qui ne met pas en danger ses visiteurs, Israël a choisi de nommer une ministre du tourisme qui porte régulièrement une arme à feu et s’en vante auprès du public et des médias. Quel message envoie une ministre du tourisme qui choisit de circuler armée dans son propre pays ? Et quel message l’Etat d’Israël envoie-t-il quand il place à la tête de son tourisme l’une des personnalités les plus radicales et les plus honteuses de la politique israélienne ?

Mais, après tout, peut-être la nomination de Tartman pourrait-elle servir d’une sorte de révélateur dont aurait besoin l’Israël de 2007, une manière sophistiquée de dire la vérité à nous-mêmes et au monde. Nous sommes un pays occupant, où des opinions racistes sont acceptables et même jouissent d’une représentation appropriée au parlement et au gouvernement, un pays dont certains citoyens portent librement des armes et pensent qu’il n’y a aucune place pour les Arabes.

Ainsi, peut-être, cette nomination dépeint notre image de la façon la plus juste et la plus intelligente.