Une autre politique est possible

par La Paix Maintenant, édition

 

Les quatre guerres selon Amos Oz

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Deux guerres sont menées par les Palestiniens. La première est leur lutte pour se libérer de l’occupation et pour leur droit à un État indépendant. La seconde est menée par un Islam fanatique, depuis l’Iran jusqu’à Gaza, et depuis le Liban jusqu’à Ramallah, qui rêve de détruire Israël et chasser les Juifs de leur terre.

En miroir, deux guerres sont menées par les Israéliens. La première est leur guerre pour leur droit à vivre dans un État souverain et libre sur une partie de cette terre. Et la deuxième est celle menée par la droite nationaliste israélienne pour l’occupation totale de la Terre sainte.

Toute solution ne peut se bâtir que par la clarification des objectifs de chacune des parties.

Israël est fondé à assurer son auto-défense , face au terrorisme aveugle et à la volonté irrédentiste

Les mouvements terroristes ne se contentent pas de revendiquer un État palestinien, mais prônent la destruction de l’État juif. Ils frappent indistinctement les civils, du simple fait qu’ils résident en Israël comme dans les territoires. Face à cet irrédentisme, Israël a toute légitimité pour mener une guerre de survie.

Dans le même temps, Israël doit accepter la revendication palestinienne d’indépendance

En reconnaissant le droit des Palestiniens à leur État, Israël reste ainsi fidèle aux principes fondateurs du sionisme :

- maintenir le caractère juif de l’État
- refuser toute domination sur un autre peuple.

La guerre d’Indépendance s’est achevée en 1949, et à conduit à la création d’un État reconnu par la communauté internationale. Celle des 6 jours ne fut que le produit accidentel d’une situation qu’Israël n’avait ni voulue ni même prévue.

En conséquence, Shalom Akhshav affirme que les Territoires conquis en 1967 ne possèdent aucune sorte de légitimité et ne peuvent modifier les frontières de l’État. C’est pourquoi il demande au gouvernement israélien de :

- mettre fin à l’occupation
- évacuer les colonies
- reconnaître la légitimité de l’État palestinien sur l’ensemble des territoires aujourd’hui occupés, moyennant éventuellement des ajustements de frontière mineurs et réciproques

« Contre quoi et contre qui se battent exactement les terroristes palestiniens quand ils assassinent des passants dans les rues, des enfants qui prennent le bus(…) ? Que veulent-ils au juste ? L’indépendance, la liberté ou la fin du sionisme ? »

Zeev Sternhell, Le Débat, n° 121, sept.-oct. 2002

L’occupation est contraire aux principes mêmes du sionisme, qui est le mouvement de libération nationale du peuple juif. Il exclut donc toute idée de domination sur un autre peuple. « Ce droit des Palestiniens à un Etat, aucun démocrate, aucun sioniste ne peut sérieusement leur dénier. »

Bernard-Henri Lévy, allocution prononcée à l’université de Tel-Aviv,27/05/02.

« Alors que faire ? (…) : tout d’abord accepter la légitimité de l’acte fondateur d’Israël et en faire également l’acte fondateur de la Palestine indépendante. »

Zeev Sternhell, Le Débat, n° 121, septembre-octobre 2002