Paix et colonies sauvages ne vont pas ensemble

Thème : Colonisation, yesha Shalom Akhshav : action et influence

Ha’aretz
mis en ligne le 27 août 2007
par La Paix Maintenant, éditorial de la rédaction

Olmert négocie avec les Palestiniens, mais en même temps, Barak négocie avec les colons pour légaliser un certain nombre de colonies sauvages. De quoi, pour le moins, se poser des questions sur la volonté de paix de ce gouvernement

Ha’aretz, 27 août 2007

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Traduction : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

A part leur date de publication, difficile de trouver une quelconque différence entre les informations de ce week-end sur un accord à venir sur les colonies sauvages [1] entre le ministre de la défense Ehoud Barak et les représentants des colons, et celles qui concernaient un même accord entre Barak et le conseil représentatif des colons (Yesha) en 1999, alors qu’il était premier ministre et ministre de la défense. Une fois encore, des pourparlers seraient en cours sur le nombre de colonies sauvages que les colons évacueraient volontairement, en échange d’un « blanchiment » par l’Etat d’autres de ces colonies sauvages. A en juger par l’épisode précédent, les colonies sauvages destinées à être blanchies vont être effectivement légalisées, les colons vont évacuer quelques cabanes et la plupart des colonies sauvages resteront en place. Le cabinet de Barak ne se gêne pas pour dire que le ministre « étudie la question et n’a pas encore déterminé sa position. »

Le motif de ces pourparlers n’est pas un engagement du gouvernement à faire respecter la loi en Cisjordanie, tout en épargnant à l’armée l’effort de mobiliser des troupes pour protéger les voleurs de terres et à l’Etat des sommes considérables. Il n’est pas davantage lié à la promesse qu’avait faite le gouvernement précédent, dans le cadre de la Feuille de route, d’évacuer toutes les colonies créées avant mars 2001. Aucun rapport non plus avec le rapport de la procureure Talia Sasson [2] d’il y a deux ans et demi. Comme dans le cas de l’évacuation de neuf maisons de la colonie sauvage d’Amona début 2006, ici aussi, sans la crainte d’une saisie par Shalom Akhshav de la Haute cour, les autorités ne se seraient sans doute pas réveillées de leur long sommeil.

Selon le journal Makor Rishon, la motivation première de l’accord en train de se faire est le besoin du ministre de la défense de réagir à la requête de Shalom Akhshav, qui exige que l’Etat évacue Migron, la colonie sauvage la plus importante de Cisjordanie. Le conseil Yesha a été assez bon « d’accepter » de déplacer cette colonie, après qu’il s’est révélé qu’il n’y avait aucun moyen juridique de régulariser le statut de Migron, bâtie presque entièrement sur des terres palestiniennes privées. Sauf que, dans les pays où règne l’Etat de droit, on n’attend pas que des organisations non gouvernementales et le système judiciaire forcent les autorités à faire respecter la loi et à se conformer aux accords internationaux.

Sans parler de l’aspect juridique, l’expansion des colonies, et en particulier des colonies sauvages, contredit le discours de paix du premier ministre. Quelle importance accorder à des négociations avec les Palestiniens sur un accord de principes qui parle de fin de l’occupation si, en même temps, le gouvernement négocie avec les colons pour légaliser des colonies au cœur même de la Cisjordanie ?

Barak, qui se trouve être aussi le leader du Part travailliste, a déclaré partout qu’il avait retenu les leçons de ses erreurs commises pendant son mandat précédent de premier ministre et de ministre de la défense. Mais son attitude bienveillante à l’égard des délinquants israéliens dans les territoires montre qu’il est déterminé à répéter cette grave erreur.

Toutefois, si les colonies sauvages ne sont pas évacuées, la responsabilité reposera principalement sur les épaules d’Ehoud Olmert et de tout le gouvernement. Chaque jour qui passe où les colonies sauvages restent en place est un jour supplémentaire où le gouvernement abuse du mandat qui lui a été confié.