Les combats entre Palestiniens s’étendent à la Cisjordanie

Thème : Politique et société palestiniennes

Yedioth A’haronoth
mis en ligne le 7 janvier 2007
par Ali Waked

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Yediot Aharonot, 7 décembre 2007

Trad. : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

Les villes de Cisjordanie se tendent avant l’arrivée du chaos meurtrier jusqu’alors confiné à la bande de Gaza, alors que les heurts violents entre le Fatah et le Hamas s’étendent à la Cisjordanie.

Des informations sur de lourdes confrontations entre le Fatah et le Hamas à Jénine sont arrivées dans la nuit de samedi à dimanche, alors qu’à Gaza, trois membres d’une famille liée au Hamas ont été tués par des hommes armés du Fatah. Plus tôt dans la journée, les premiers signes d’affrontements en Cisjordanie sont apparus avec l’enlèvement du vice-maire de Naplouse, Mahdi al-Khamdali. A Ramallah, des hommes armés, qui appartiendraient au Fatah, ont pris d’assaut le ministère de l’intérieur, contrôlé par le Hamas, ont tiré dans les jambes du directeur de cabinet, puis l’ont enlevé.

Un officier de sécurité de l’Autorité palestinienne nous a déclaré samedi soir qu’il existait de grands risques que la lutte de pouvoir interne s’installe en Cisjordanie. D’après lui, les forces du Hamas se préparent et stockent des armes.

Notre source a estimé qu’au cas où la situation en Cisjordanie déboucherait sur une confrontation totale entre les factions rivales, le Fatah aurait le dessus. "Mais ce ne sera pas simple. Depuis plusieurs mois, le Hamas a fait des efforts sans précédent pour importer des armes." Selon lui, l’augmentation de la demande d’armes à feu de la part du Hamas a déjà influencé le commerce des armes dans la région, et les prix ont explosé : "Un [fusil d’assaut] M-16, qui valait environ 6.000 dinars jordaniens (environ 6.500 euros) vaut aujourd’hui 10.000 dinars, ce qui indique que le combat contre eux (le Hamas) ne va pas être facile."

Cet officier a également dit que le Fatah recrutait des partisans, renforçant sans faire de bruit sa branche militaire en Cisjordanie, mais que "le bastion du Hamas devrait être au Nord de la Cisjordanie, à Naplouse et Jénine. La question qui se pose est : le Fatah va-t-il réussir à mobiliser suffisamment en prévision de cette confrontation ?"

Le Fatah se prépare lui aussi. Selon Hussein al-Sheik, membre haut placé du mouvement en Cisjordanie, Mahmoud Abbas va annoncer une réforme profonde des services palestiniens de sécurité et des changements de personnes, destinés à combattre l’anarchie qui règne sur la plupart des territoires de l’Autorité palestinienne, en particulier à Gaza. Abbas serait également déterminé à mettre en oeuvre sa décision de démanteler la milice du Hamas dans la bande de Gaza, après l’avoir déclarée illégale.

"A la lumière du chaos qui se poursuit, et des assassinats qui ont fait tomber un certain nombre de nos combattants... Et à la lumière de l’échec des appareils de sécurité existants à imposer la loi et l’ordre, le président Mahmoud Abbas a décidé de redéployer les forces de sécurité et de considérer la force exécutive (du Hamas), ses officiers et ses membres, comme illégaux et hors la loi", a déclaré le cabinet d’Abbas.

Le premier ministre et leader du Hamas IsmaIl Haniyeh s’est dépêché de rejeter l’appel d’Abbas à démanteler sa force de sécurité. L’un des porte-parole de cette force, Islam Shahawan, a réagi en disant que la force doublerait ses effectifs et passerait à 12.000 combattants, en appelant les citoyens à la rejoindre.


Par ailleurs, la libération dimanche soir, après 6 jours de captivité, du photographe péruvien Jaime Razuri, enlevé dans la bande de Gaza, et qui a été remis à la force présidentielle 17 de Mahmoud Abbas, a donné l’occasion au Fatah d’organiser une nouvelle démonstration de force.