Laissez vaincre les mots !

par Maya Sela

Traduction : Equipe Facebook et Tal pour LPM

Ha’aretz, chronique littéraire

du 19 novembre 2011

Photo : Amos Oz (publiée dans Ha’aretz)

http://www.haaretz.co.il/gallery/li...

Tandis que les tirs vont s’accélérant de part et d’autre, Beersheva ayant été particulièrement visée et les environs de Jérusalem ayant été atteints, les discussions en vue d’un cessez-le-feu se poursuivent au Caire avec le Hamas ; et les interrogations concernant une éventuelle entrée des troupes à Gaza sont désormais au centre du débat en Israël.

Il suffit de parcourir la presse ou de suivre les émissions de la télévision israélienne par satellite (HaAroutz ha-Israeli) pour s’en convaincre : on entend dire avec une force croissante que les succès militaires ne résolvent rien, qu’éviter de parler avec les interlocuteurs qui y sont prêts (tels Abu Mazen) n’aide que les pyromanes, et que seule une solution politique permettra de sortir de cette spirale de violence.

En témoigne l’appel suivant.

Les écrivains Amos Oz, Yoram Kaniuk, Yehoshua Sobol, le cinéaste Doron Tsabari, le designer Ron Arad, la plasticienne Sigalit Landau – parmi de nombreux autres artistes et intellectuels de renom – appellent au cessez-le feu et à l’ouverture de négociations avec le Hamas.

Citant ces mots attribués à Albert Einstein, « La folie, c’est de faire et refaire la même chose en espérant que le résultat sera différent », les signataires ajoutent :

« Notre cœur bat avec vous, habitants du sud [d’Israël], condamnés à vivre depuis des années sous la menace de la mort. C’est le droit et le devoir du gouvernement de vous défendre – mais la voie qu’il a choisie n’est pas la bonne. Les périodes d’accalmie ont toujours été le fruit de pourparlers et d’accords. Nous avons déjà liquidé des terroristes, déjà mené des campagnes militaires dans la bande de Gaza, et rien n’a changé sinon le nombre des victimes et la force de la haine.

Nous appelons à un cessez-le-feu prolongé, à des négociations (directes ou par le biais d’une médiation internationale) avec nos ennemis à Gaza, car il revient aux habitants du sud du pays comme à ceux de Gaza de lever vers le ciel des regards d’espoir et non de peur. »