Israël : nombreuses arrestations prévues dans les milieux d’extrême droite

Thème : Colonisation, yesha Retrait de Gaza Terrorisme

Ha’aretz
mis en ligne le 9 mai 2005

premières arrestations préventives de militants d’extrême droite en prévision du désengagement. Si l’information est intéressante, les réactions de l’extrême droite et le vocabulaire qu’elle emploie ne le sont pas moins

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Ha’aretz, 9 mai 2005

Nombreuses arrestations prévues dans les milieux d’extrême droite

Trad. : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

A l’échelon le plus élevé de l’armée, on recommande l’arrestation préventive de plusieurs dizaines d’extrémistes de droite, militants de premier plan qui font campagne contre le désengagement et organisent des manifestations destinées à faire obstacle aux mouvements de l’armée. Il s’agit pour la plupart d’habitants de colonies de Samarie, en Cisjordanie. Le premier décret de détention administrative a été publié dimanche. Signé par le ministre de la Défense Shaul Mofaz, il concerne Neria Ofen, habitant de Yitzhar, colonie située au sud de Naplouse, connu pour promouvoir le contrôle du Mont du Temple par les Juifs. Soupçonné de préparer des attentats contre des Palestiniens, Ofen a été arrêté dimanche à un checkpoint, au nord de Jérusalem (...) Il sera maintenu en détention jusqu’à ce que le désengagement soit terminé. Outre son activité concernant le Mont du Temple, Ofen est soupçonné depuis longtemps d’implication dans des attentats contre des Palestiniens. Son nom a été cité, indirectement, au cours d’une enquête autour de cellules terroristes juives soupçonnées d’implication dans le meurtre de 8 Palestiniens, en 2001-2002. Il n’a jamais été ni arrêté ni interrogé sur ces affaires.

Le Shin Bet et le parquet n’ont réussi que très partiellement à traduire en justice les responsables de ces tirs et de ces attentats à la bombe. Le Shin Bet pense avoir eu certains des conspirateurs en détention, mais aucun n’a avoué et ni les services secrets, ni la police, n’ont pu réunir assez de preuves pour les poursuivre. De source militaire, on affirmait dimanche qu’il existait un consensus entre l’armée, le Shin Bet et les services juridiques de l’Etat à propos du maintien en détention de Neria Ofen. "Il y a des informations sans équivoque qui montrent qu’il comptait s’en prendre à des Arabes dans un futur proche", dit-on. "C’est la raison pour laquelle nous avons pris cette mesure tout à fait inhabituelle".

Un porte-parole de Yitzhar, considérée comme l’une des colonies les plus dures des territoires occupés, a déclaré que cette arrestation était "un acte lâche. Le ministre de la Défense semble avoir décidé qu’aucune preuve ne pourra jamais être trouvée contre Ofen". Le député Aryeh Eldad (Union Nationale, extrême droite), qui a appelé à la désobéissance civile pour stopper le désengagement, a dit : "je veux féliciter le premier détenu administratif de la dictature Sharon et lui dire : si vous êtes arrêté, c’est que vous aves gagné". Les Femmes en Vert, organisation de la mouvance des colons, a condamné l’arrestation et exigé la libération immédiate d’Ofen : "nous sommes contre la détention administrative, mais s’il faut arrêter des Juifs qui représentent une menace, alors Ariel Sharon et Shimon Peres doivent être arrêtés, à cause de la menace qu’ils font peser sur l’existence même de l’Etat d’Israël". Le Conseil des colons (Yesha) a mis en garde contre "la pente glissante que représentent les détentions administratives, un instrument des régimes totalitaires". Pour un représentant du mouvement Kakh (interdit pour incitation à la haine raciale), "la chasse aux sorcières a commencé".

Au sein de l’armée, on est convaincu que seule la mise à l’écart des activistes les plus en vue permettra de contrôler les troubles éventuels dans les colonies et les avant-postes illégaux, et de minimiser les violences lors de la mise en œuvre du désengagement.

Jusqu’ici, le Shin Bet s’était abstenu d’employer la détention administrative contre les activistes anti-désengagement, affirmant qu’il n’existait pas assez de preuves pour défendre une pareille mesure devant un tribunal. Mais récemment, Noam Federman, du mouvement Kakh, a été placé en résidence surveillée. Et Avri Ran, qui habite un avant-poste près d’Itamar, au sud-est de Naplouse, et qui est considéré comme l’un des leaders les plus influents de la "jeunesse des collines" [1], a été placé en résidence surveillée après avoir été accusé d’avoir agressé un Palestinien. Entre temps, Ran s’est échappé et l’on pense qu’il se cache quelque part dans les territoires.