H’ad Gadia

par ’Hava Alberstein

Non, ce n’est pas encore Pessah’ (Pâque juive). Mais ce ne l’était pas non plus quand H’ava Alberstein avait composé cette chanson, pendant la 1e Intifada. H’ad Gadia ("un chevreau" en araméen) est une comptine qu’on chante le soir de Pessah’. Ceci est la version de H’ava Alberstein. Le début reprend à peu près les paroles traditionnelles, la fin est très différente.

Traduction : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

Papa a acheté un chevreau pour deux zouzim [1] [araméen, la suite est en hébreu, ndt]

Notre père a acheté un chevreau pour deux zouzim, ainsi le raconte la Haggadah [2].

Arrive le chat
Qui dévore le chevreau
Le petit chevreau tout blanc que notre père avait apporté.

Et arrive le chien
Qui mord le chat
Qui a dévoré le chevreau
Que notre père avait apporté, qu’il avait acheté pour deux zouzim

Un chevreau...

Et voici qu’arrive un gros bâton
Qui bat le chien
Qui a mordu le chat
Qui avait dévoré le chevreau
Que notre père avait apporté, qu’il avait acheté pour deux zouzim

Un chevreau...

Alors arrive le feu
Qui brûle le bâton
Qui a battu le chien
Qui avait mordu le chat
Qui avait dévoré le chevreau
Que notre père avait apporté, qu’il avait acheté pour deux zouzim

Un chevreau...

Alors arrive l’eau
Qui éteint le feu
Qui a brûlé le bâton
Qui a battu le chien
Qui a mordu le chat
Qui avait dévoré le chevreau
Que notre père avait apporté, qu’il avait acheté pour deux zouzim

Arrive le bœuf
Qui boit l’eau
Qui a éteint le feu
Qui a brûlé le bâton
Qui a battu le chien
Qui a mordu le chat
Qui avait dévoré le chevreau
Que notre père avait apporté, qu’il avait acheté pour deux zouzim

Arrive le boucher
Qui égorge le bœuf
Qui a bu l’eau
Qui a éteint le feu
Qui a brûlé le bâton
Qui a battu le chien
Qui a mordu le chat
Qui avait dévoré le chevreau
Que notre père avait apporté, qu’il avait acheté pour deux zouzim

Arrive l’ange de la mort
Qui tué le boucher
Qui a égorgé le bœuf
Qui a bu l’eau
Qui a éteint le feu
Qui a brûlé le bâton
Qui a battu le chien
Qui a mordu le chat
Qui avait dévoré le chevreau
Que notre père avait apporté, qu’il avait acheté pour deux zouzim

Que m’arrive-t-il, pourquoi chanter H’ad Gadia ?
Le printemps n’est pas encore là, ni Pessah’.
Qu’y a-t-il de changé ? Qu’y a-t-il de changé ? [3]
C’est moi qui ai changé
Cette année.
Car toutes les autres nuits, toutes les autres nuits [4]
Je ne posais que quatre questions [5]
Et cette nuit, j’en ai une autre.

Jusqu’à quand ce cycle de terreur ?
Persécutés et persécuteurs
Battus et battants.
Qu’y a-t-il de changé ? Qu’y a-t-il de changé ?
C’est moi qui ai changé.

Autrefois, j’étais un agneau, un chevreau tranquille.
Aujourd’hui, je suis un tigre, un loup.
J’étais une colombe, une biche.
Aujourd’hui, je ne sais plus qui je suis.

Papa a acheté un chevreau pour deux zouzim
Un chevreau, un chevreau.

Et encore une fois, on reprend depuis le début.