Dessiner pour la paix

Thème : Culture, langue et conflit

Israel21c
mis en ligne le 11 septembre 2008
par Karin Kloosterman

Rencontre de caricaturistes

Israel21c, 26 août 2008

Sur le site de Israel21c

Traduction : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

Cela n’en n’a pas l’air à la télévision, mais la majorité des gens de la région, Israéliens arabes et juifs, Palestiniens, applaudissent aux efforts de paix. Il existe des dizaines de projets qui réunissent Juifs et Arabes et montrent le côté positif du Proche-Orient. Israël a ses internes pour la paix, ses danseuses du ventre pour la Paix, ses blogueurs, ses musiciens et ses dentistes pour la paix.

L’un des projets les plus récents est "Dessiner pour la Paix", fondé par le Français Jean Plantureux, dit Plantu [1] . En juin dernier, des caricaturistes venus du monde entier se sont réunis en Israël et en Cisjordanie pour quatre expositions simultanées, à Ramallah, Bethléem, Jérusalem Est et Holon.

Ces artistes se sont rencontrés pour partager leurs points de vue sur la manière d’utiliser le dessin afin de faciliter le dialogue pacifique entre Israéliens et Palestiniens, et ailleurs dans la région. Il y avait également des Turcs, des Algériens, des Egyptiens, des Japonais, des Américains et des Français, entre autres.

Les caricaturistes choisis, comme Plantu qui travaille pour le quotidien français Le Monde, étaient présents. Ils ont pu présenter leur travail et participer à des master classes dont le public comprenait des diplomates. Cette rencontre était soutenue par le Centre Peres pour la Paix en Israël.

L’un des membres fondateurs de "Dessiner pour la Paix", le caricaturiste politique israélien Michel Kichka, s’est entretenu avec nous de l’importance de cet événement : "Dessiner pour la Paix, ou toute autre réunion professionnelle, offre l’occasion de se parler. Nous essayons de faire se rencontrer des gens qui, disons, partagent une même idée de ce qu’il faut faire avec les caricatures, ou plutôt de ce qu’il ne faut pas faire."

Quand des caricaturistes se rencontrent, dit Kichka, d’origine belge, "on se rend compte que rien n’est évident. Il y a encore des luttes à mener. La démocratie n’a rien d’évident. Ni la liberté d’expression. Il faut se battre pour elle. Même si on se veut de gauche et positif, tout ce qu’on dit en tant que caricaturiste peut se retourner contre vous."

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Quand les membres de "Dessiner pour la Paix" se réunissent, cela permet à des gens qui, normalement, ne se rencontrent pas, de participer à des débats ou à des groupes de travail, dit Kichka. Cette dernière réunion en Israël n’a pas été la première fois qu’il a rencontré des caricaturistes palestiniens et arabes.

Bien qu’il soit important pour les Israéliens et pour le monde arabe de se rencontrer, il est tout aussi important pour les caricaturistes locaux d’être en contact avec des Américains, des Japonais ou avec d’autres nationalités représentées dans le groupe. Kichka : "A travers eux, nous comprenons leur culture, leur pays, leurs préoccupations. Nous pouvons ressentir tout ce que nous avons en commun, et combien nos combats se ressemblent."

Aliza Savir, vice-présidente exécutive du Centre Peres, explique que son organisation a aidé les caricaturistes pour obtenir des visas d’entrée en Israël et pour d’autres détails. Elle dit : "L’humanisation de l’autre côté est essentielle dans la perspective des futures relations entre Juifs et Arabes."

Kichka ajoute que cette récente occasion en Israël "nous a permis de comprendre ce que signifie le fait d’être caricaturiste dans un autre pays, que ce soit un pays qui connaît une censure lourde ou une démocratie où des dissidents traitent de sujets dits sensibles. Chaque caricaturiste a apporté avec lui son expérience, et ensemble, nous avons créé quelque chose d’unique."