Désengagement : un parfum de guerre civile

Thème : Colonisation, yesha Retrait de Gaza

Maariv
mis en ligne le 31 janvier 2005

La police redoute des violences généralisées de l’extrême droite

Ma’ariv, 26 janvier 2005

La police redoute des violences généralisées de l’extrême droite

La police israélienne craint depuis quelque temps que la violence liée au désengagement [de Gaza] ne se confine pas aux zones évacuées, mais qu’elle s’étende très rapidement et quasiment partout dans le pays. Afin de répondre à cette menace, la police a commencé à étudier un plan de déploiement sans précédent par son envergure, qui fera partie des préparatifs du désengagement. Ce plan indique qu’au moins cinq districts de la police seront consacrés presque en totalité au désengagement, et qu’ils se prépareront à répondre à des troubles violents sur une très grande échelle. Par exemple, le district de Tel-Aviv devra déployer des centaines de policiers dans des quartiers sensibles. Le quartier militaire de la Kirya et l’immeuble du ministère de la Défense vont se transformer en une forteresse, car l’on craint que des activistes d’extrême droite tentent de s’y infiltrer et d’attaquer des soldats. Plusieurs dizaines d’autres policiers seront postés près de la mosquée Hassan Bek et à Jaffa, pour empêcher les tentatives de s’en prendre à des habitants arabes.

Le district de Jérusalem va être soumis à plus dure épreuve encore, pour éviter des explosions de violence et protéger la Knesset et le complexe gouvernemental des milliers de manifestants qui pourraient tenter de les envahir. A cet effet, des centaines de policiers seront déployés partout dans la ville. Si le besoin s’en fait sentir, ils envisagent également de fermer totalement la ville, et d’interdire l’accès de l’autoroute n° 1 (autoroute Jérusalem - Tel-Aviv). En même temps, du personnel de sécurité sera posté dans la Vieille Ville pour contrer les menaces venues de groupes terroristes juifs contre le Mont du Temple.

Au centre, on se prépare à affronter des troubles près de la prison Maassiyahou, qui servira de centre de détention et d’interrogatoire pour ceux qui auront résisté à l’évacuation. Au sud, d’importantes forces seront postées autour de la ferme d’Ariel Sharon, autour de Tzohar, centre de détention pour travailleurs immigrés illégaux qui sera converti en un lieu de détention pour colons, ainsi que sur toutes les routes menant à Gaza.

La branche renseignements de la police a formé une unité spéciale chargée du suivi des menaces qu’on s’attend à voir surgir à cause du désengagement, comme par exemple certains décrets religieux permettant de s’en prendre physiquement à des personnes, des tentatives d’assassinat contre des dirigeants, ou des attentats terroristes contre des Palestiniens ou des lieux sacrés musulmans. Les officiels des services de sécurité sont particulièrement inquiets de certains renseignements qui indiquent clairement l’existence d’un décret religieux permettant d’ouvrir le feu sur des évacuateurs non juifs au cours du désengagement.

La grande question qui se pose est de savoir comment la police va réussir à protéger tant de points stratégiques pendant plusieurs mois, alors que 2.500 policiers vont devoir quitter leurs unités pour procéder au désengagement lui-même. Certains haut gradés de la police craignent un effondrement total sous le poids des missions [qui vont incomber à la police] au début de la campagne d’évacuation. Pour tenter de résoudre en partie le problème, certaines compagnies de réservistes de la police des frontières sont d’ores et déjà rappelées pour mai, pour remplacer les compagnies d’active assignées à l’évacuation.