Demain (18 janvier 2006), la Haute cour de Justice scellera le sort des avant-postes !

Communiqué de Shalom Akhshav (La Paix Maintenant) - Israël

17 janvier 2006

Demain, mercredi 18 janvier 2006, la Haute cour de Justice rendra une décision historique concernant le sort des avant-postes.

Une dernière audience d’appel, interjeté par les colons et destiné à annuler les ordres de démolition ordonnés par Shaul Mofaz, ministre de la Défense, concernera 9 bâtiments érigés dans l’avant-poste d’Amona.

Une fois la décision prise, le sort de cet avant-poste sera scellé, et cela constituera un précédent pour tous les autres.

Les militants de Shalom Akhshav sont appelés à manifester contre la continuation de la construction dans les avant-postes, et contre les retards apportés à leur démolition. La manifestation aura lieu devant la Haute cour, à Jérusalem, mercredi 18 janvier à 8h30 du matin.

AMONA : chronologie d’une construction illégale - juillet 2005

L’avant-poste illégal [1] d’Amona a été créé au milieu des années 90, sur une colline située à un kilomètre à l’est de la colonie d’Ofra. Aujourd’hui, une trentaine de familles y réside, ce qui en fait l’un des avant-postes les plus importants de Cisjordanie. Jusqu’en avril 2004, tous les bâtiments étaient mobiles, à l’exception d’un petit nombre de structures légères.

En avril 2004, l’avant-poste inhabité de Ginot Aryeh, au sud d’Ofra, est évacué. Malgré toutes les menaces brandies alors, l’évacuation est effectuée par les habitants eux-mêmes. Néanmoins, ce geste n’a pas constitué le début d’une nouvelle politique gouvernementale à l’égard des avant-postes, mais plutôt la poursuite d’une politique ancienne, qui a consisté à masquer les véritables intentions du gouvernement. Ginot Aryeh avait été créé sur des terres que même d’Etat d’Israël avait reconnues comme un bien privé appartenant à des Palestiniens. Cette évacuation était destinée à soulager le gouvernement qui était confronté à des pressions juridiques insistantes, sans pour cela affronter réellement le phénomène des avant-postes.

Ginot Aryeh est donc évacué et ses caravanes transférées en deux endroits à l’est d’Ofra. Il s’ensuit que deux avant-postes sont créés, dont l’un (Ofra Nord-Est) est immédiatement habité. Cette même semaine commence la construction de 9 nouveaux bâtiments à Amona. Il semble que ces événements (évacuation de l’avant-poste, transfert des caravanes en deux endroits plus à l’est, construction de bâtiments en dur à Amona) aient fait partie d’un accord non écrit entre les colons et le ministère de la Défense.

Début 2005, Shalom Akhshav reçoit (avec beaucoup de retard) une réponse officielle de la part de l’Administration civile, qui affirme que la construction en cours à Amona est bien illégale. Depuis lors, Shalom Akhshav a entretenu avec l’Administration civile une importante correspondance, pour tenter de faire appliquer la loi alors que la construction se poursuivait. Le rythme de cette construction atteint un sommet pendant les premiers mois de l’année 2005, et les structures des 9 bâtiments sont terminées en mars. Depuis, les travaux ont continué, notamment hors horaires réguliers : week-ends, fêtes et soirées.

Début juillet 2005, Shalom Akhshav, représenté par Me Michael Sfard, saisit la Haute cour de Justice contre le ministre de la Défense, le commandant des forces armées pour la Cisjordanie, le commandant de l’Administration civile et le commandant de la police du district. Shalom Akhshav les accuse de ne pas appliquer l’injonction d’arrêt des travaux ainsi que les ordres de démolition décidés en octobre 2004

Le 5 juillet 2005, la Haute cour rend un arrêt provisoire ordonnant l’évacuation des familles ayant été installées dans les nouveaux logements. Le dimanche 10 juillet, les colons quittent ces logements.

Début août, l’Etat s’engage auprès de la Haute cour à appliquer l’ordre de démolir neuf bâtiments construits en dur de manière illégale dans l’avant-poste d’Amona. Il promet de le faire après le désengagement.

Le 30 octobre, le quotidien Ha’aretz publie un article selon lequel Mofaz, ministre de la Défense, aurait autorisé l’armée à appliquer l’ordre de démolition.