Il faut achever la construction du mur de protection.


Haaretz, le 3 septembre 2003

[->http://www.haaretz.com/hasen/spages/473246.html]


introduction de l’article par La Paix Maintenant

L’attentat perpetre mardi dernier a Beer S’heeva, dans un secteur ou la
cloture de securite n’a pas encore ete edifie, a cruellement relance le
debat sur ce sujet en Israel.

Rappelons que l’idee d’une cloture de separation fut d’abord un projet des
travaillistes et qu’il fut combattu, des son origine, par les colons qui
craignaient de se retrouver a l’ouest de son trace. Sharon a repris cette
idee mais il en a totalement modifie le sens. Alors que pour la gauche, la
barriere devait etre erigee au plus pres de la ligne verte, Sharon la fait
batir, dans bien des secteurs, en plein territoire palestinien, et ce, en
faisant fi des populations qui y vivent. Cela entraine un double probleme
politique et humain. Politique, puisqu’il est clair que l’intention de
Sharon est d’imposer « sa » frontiere, en louvoyant face aux pressions
des colons, humain puisque l’edification du mur « façon Sharon », rend la
vie des palestiniens encore plus insupportable . Aujourd’hui, meme s’il y
a des debats en son sein, la majorite de la gauche ne remet pas en
question le principe de l’edification de cette cloture, par contre elle
s’oppose violemment au trace actuel.

Il nous a paru interessant de vous envoyer cet editorial de Haaretz, qui
exprime tout a la fois, l’angoisse des israeliens face aux attentats, la
necessite ressentie d’edifier une separation pour s’en proteger et le
rejet de la politique annexionniste et inhumaine de Sharon.

Oui, il est possible d’etre pour « le mur », a condition qu’il respecte la
ligne verte, et qu’il ne soit pas une entrave à la vie des palestiniens,
contre Sharon, et pour la reconnaissance des droits nationaux
palestiniens.

On peut avoir du mal en Europe, ou la paix est installee et ou presque
tous les murs sont tombes, a comprendre cette position. Il n’empeche
qu’elle est en Israel une realite resultant d’un quotidien rythme par des
attentats, qui chaque fois remettent en question les fragiles avancees
vers la paix.

Que l’on soit d’accord ou non avec ce point de vue, il est imperatif de le
prendre en consideration sous peine d’occulter une detresse au profit
d’une autre.

La Paix Maintenant


Le double attentat suicide, qui a provoque mardi la mort de seize
israeliens a Beer-Sheeva, illustre une fois de plus le role crucial de la
barriere de separation dans notre lutte pour tenter de faire echec a la
terreur palestinienne.

Une fois encore, nous avons pu constate dans l’horreur, que les endroits
non proteges par la barriere etaient propices a l’infiltration de bombes
humaines venant de Cisjordanie.

Il n’y avait aucun d’obstacle entre le Mont Hebron d’ou sont partis les
kamikazes, et leur destination : Beer Sheva.

Le gouvernement ne peut s’en prendre qu’a lui-meme pour la serie d’erreurs
et de retards qui ont emaille la construction de la barriere. Le Premier
Ministre Ariel Sharon a mis plus de temps que necessaire pour reconnaitre
qu’elle repondait a un besoin. Depuis le moment ou il a compris son
importance et a approuve sa construction, il s’est lui meme nomme
concepteur supreme de ce projet. Nul ne songe a nier les compétences que
Sharon a developpees au fil des annees, en matiere de topographie et de
securite. Il est en revanche beaucoup plus difficile d’admirer le
processus de prise de decision qu’il a impose.

L’exploitation de la barriere a des fins politiques ainsi que le fait
d’inclure le maximum de colonies a l’interieur de la zone de securite,
sont a l’origine de cet echec. Les dénégations du gouvernement et ses
grandes déclarations affirmant qu’il ne s’agissait que d’une mesure
securitaire provisoire, sans implication politique, n’ont convaincu
personne. Ceux qui ont conçu son trace, ont ignore les besoins des
palestiniens vivant a proximite de la barriere. Ce n’est que lorsque leur
cri a trouve un echo dans la decision de la Haute Cour de Justice ainsi
que dans celle de La Cour Internationale de La Haye, que ses concepteurs
ont pense, a modifier son trace en l’ajustant au plus pres de la ligne
verte, voire a demanteler certaines sections deja construites. Le resultat
est que la construction de la barriere est aujourd’hui bloquee. Il faut
maintenant attendre l’achevement de la revision des plans et trouver une
solution aux problemes politiques et legaux. Tout cela aurait pu etre
evite si la barriere avait ete, des le depart, erigee a l’interieur des
frontieres de l’Etat d’Israel. Meme lorsque le probleme a surgi, on n’a
senti aucune precipitation au sein du gouvernement. Plus de deux mois se
sont ecoules depuis la decision de la Haute Cour niant la legalite d’une
partie du trace, et les nouveaux plans ne sont toujours pas approuves. On
a l’impression que la diminution du nombre des attentats a, une fois
encore , conforte le systeme dans son attitude suffisante.

Le trace qui s’ecartait largement de la ligne verte dans le sud du Mont
Hebron n’a pas ete initialement considere comme une priorite : le projet a
avance du nord vers le sud, mais la construction n’a pas ete homogene. A
la suite de la decision de la haute Cour, les concepteurs ont reexamine
l’ensemble du trace, y compris certains secteurs sur lesquels elle n’avait
pas statue. Ils ont alors recommande de ramener la barriere au plus pres
de la ligne verte, la plupart des colonies du sud du Mont Hebron se
retrouvant ainsi a l’exterieur de son perimetre. Leur proposition s’est
une fois de plus heurtee a l’opposition de Sharon qui leur a demande de
procéder a des ajustements et d’inclure « une route de plus et quelques
collines » du cote israelien.

Sharon a traite le probleme avec le serieux necesaire. Il s’est rendu,
cette semaine dans la region, pour y examiner les nouveaux plans. Il a
alors exprime ses reserves et fixe un rendez-vous de discussion pour la
semaine prochaine. Le retard du a ses remarques sera sans doute
insignifiant et l’aval sera probablement donne au nouveau trace dans les
tout prochains jours. Mais celui-ci, meme modifie, empietera sur les
terres des palestiniens et c’est ainsi qu’on assistera a la recrudescence
de petitions de leur part.

Ces tentatives d’appropriation d’une colline, d’une colonie de plus, sont
typiques de l’attitude de Sharon dans les territoires depuis 1967. C’est
la cause de l’enlisement de la construction de la barrière, c’est aussi ce
qui a induit les procedures judiciaires ainsi que la forte pression
internationale contre le projet (construction de la barriere ndt). Ce qui
est vital pour la nation, c’est de finaliser les plans et d’achever la
construction du mur de protection, et non de satisfaire l’envie pressante
de dominer la chaine de colline avoisinante.