Une plaie doit être soignée…


Le conflit israélo-palestinien semble plus que jamais être “de basse intensité”.

La guerre en Syrie ; l’intervention militaire des États-Unis dans la région y compris en Afghanistan ; les suites du référendum en Turquie ; les élections présidentielles en France ; le Brexit à venir ; la reprise en mains du pouvoir en Russie par Poutine et le populisme en marche en Hongrie… Un inventaire à la Prévert que l’on pourrait poursuivre longuement, minorant ainsi l’impact du conflit et l’urgence de parvenir à une solution juste et acceptée par les parties en présence – Tout semble laisser croire que ce qui dure depuis 50 ans ans peut perdurer, sinon pour un nouveau demi-siècle, du moins pour longtemps encore. En cette période de fêtes, le calme plat qui prévaut sur la scène politique israélienne n’incite pas à adopter un autre point de vue.

Certes, il y eut un nouvel attentat à Jérusalem qui a couté la vie à une étudiante britannique ; des conditions de vie rendues plus difficiles pour les Palestiniens suite au bouclage, pour raisons de sécurité, des Territoires pendant les fêtes ; une situation humanitaire inquiétante à Gaza ; des destructions annoncées de constructions « illégales » en secteur arabe israélien comme palestinien ; de nouvelles constructions à venir dans certaines colonies… autant d’indices qui laissent présager que des soubresauts sont à prévoir à défaut d’un changement majeur.

Et pourtant, urgence il y a … pour les Palestiniens, c’est une évidence ; pour les Israéliens, ce ne l’est pas moins – car, cela a été rappelé lors du séder Pessa’h, l’occupation corrompt et délite les valeurs de ceux qui la pratiquent. Comme l’a écrit Amos Oz dans la Hagada réalisée dans le cadre de la campagne SISO (Save Israel Stop Occupation), “le conflit entre Israël et la Palestine est une blessure saignante depuis des décennies, une plaie qui dégoutte de sang et de pus. Il n’est pas possible de brandir un grand bâton et de frapper encore et encore une blessure sanglante (…) afin qu’elle arrête enfin d’être une blessure et cesse de saigner. Une plaie doit être soignée. Et il existe un moyen de la soigner petit à petit”.

C’est ce à quoi en Israël le camp de la Paix, même sans le relai pour l’instant des forces politiques, ne renonce ni aujourd’hui, ni demain.

Image : 15 avril 2017, avant-poste de Baladin – des “Jeunes des collines” jettent des pierres à des soldats de Tsahal.

Ilan Rozenkier

Sociologue et membre fondateur des Amis de Shalom Akhshav, devenus La Paix Maintenant, Ilan Rozenkier a été élu président de l’association en 2014.