Pour la première fois en Israël, un ministre arabe. L’extrême droite raciste crie à "la mort du sionisme"

Thème : Politique intérieure israélienne Arabes israéliens

Ha’aretz
mis en ligne le 11 janvier 2007

La nomination, pour la première fois dans l’histoire d’Israël, d’un ministre arabe, Raleb Majadeleh, déchaîne le parti Israel Beitenou et son leader Avigdor Lieberman (membre de la coalition gouvernementale !)

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Ha’aretz, 11 janvier 2007

Trad. : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

Avigdor Lieberman, ministre des affaires stratégiques, a réclamé la démission du ministre de la défense Amir Peretz après que celui-ci a nommé le premier ministre arabe de l’histoire d’Israël [1]. Lieberman a affirmé que Peretz avait outrepassé ses droits en tant que ministre de la défense, et avait utilisé l’appareil de l’Etat pour poursuivre des objectifs politiciens dans le cadre des primaires du parti travailliste.

Les propos de Lieberman faisaient suite à la condamnation de cette nomination par la présidente du groupe parlementaire de son parti Israel Beitenou, Esterina Tartman, qui l’avait qualifiée de "coup mortel porté au sionisme". Elle avait déclaré que la nomination du député travailliste Raleb Majadeleh au poste de ministre des sciences et de la technologie "nuisait au caractère juif d’Israël en tant qu’Etat juif. Il nous faut détruire ce défaut en nous-mêmes. Si Dieu veut, Dieu nous viendra en aide."

Les propos d’Esterina Tartman ont été largement condamnés par les députés de tout le spectre politique. Majadeleh lui-même a déclaré que ces propos ne méritaient pas de réponse.

Tartman a également affirmé que Peretz n’avait nommé Majadeleh que parce qu’il était arabe, pour renforcer son influence dans le secteur arabe au sein du Parti travailliste. "Peretz sacrifie le sionisme", a-t-elle dit. "Il a franchi toutes les lignes jaunes. Israël est un Etat juif, et il doit être dirigé selon des principes juifs." Elle a par ailleurs souligné qu’elle n’avait rien à reprocher à Raleb Majadeleh personnellement, mais qu’elle en faisait une question de principe. "C’est de l’assimilation. J’appelle le premier ministre à refuser cette nomination, non pour des raisons personnelles, mais pour préserver les intérêts d’Israël, en tant qu’Etat juif et sioniste."

Le député Mikhael Eitan (Likoud) a demandé un débat à la Knesset sur ce qu’il a appelé les propos racistes d’Esterina Tartman. Il a déclaré qu’il "rejetait avec dégoût les propos racistes de Tartman. Le sionisme de Herzl, Jabotinsky et Begin a toujours défendu l’intégration des Arabes loyaux à l’Etat dans toutes ses institutions, sur une base d’égalité. Les déclarations de Tartman sont tels que quiconque croit en l’égalité et la démocratie ne peut accepter qu’ils soient à l’ordre du jour."

Des députés travaillistes, dont Danny Yatom et Yoram Marciano, ont appelé Peretz à réunir les instances du parti pour reconsidérer la participation des travaillistes à la coalition [dont Israel Beitenou fait partie, ndt] après les propos de Tartman.

Marciano, président du groupe parlementaire travailliste à la Knesset, a appelé le premier ministre Ehoud Olmert à évincer Israel Beitenou de la coalition, et les travaillistes à réfléchir s’ils peuvent continuer à "siéger au gouvernement aux côtés de ce parti raciste."

‘"Ces propos sont une insulte à la Knesset, à la démocratie et à l’Etat", a déclaré la députée travailliste Nadia Hilou. "S’ils sont acceptables pour Israel Beitenou, alors il doit quitter le gouvernement. Les citoyens arabes n’ont pas reçu leur nationalité par la grâce d’Israel Beitenou."

Le président du parti Meretz, Yossi Beilin, a appelé le Parti travailliste à conditionner sa participation au gouvernement au départ d’Israel Beitenou. Il a ajouté que ces propos racistes, question à laquelle Israel Beitenou devra se confronter, "sont extrêmement graves", et a appelé le procureur de l’Etat à vérifier s’il y avait matière à ouvrir une enquête criminelle suite à ces propos."

Le député Magal Wahaba (Kadima) a dit : "Je regrette qu’il y ait encore des gens qui, au lieu de parler de coopération, continuent à tenir des propos racistes. Ces gens doivent éliminés de notre sein."