On discute de paix - à Londres

Thème : Accords de Genève

Ha’aretz
mis en ligne le 11 février 2003
par Akiva Eldar

Trad. : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

Si tout va bien, la semaine prochaine il sera difficile de trouver à Londres des chambres d’hôtel et de la place dans les salles de conférence. Pas moins de quatre conférences internationales vont traiter des moyens de mettre fin à la guerre dans les territoires : l’une, réunissant les Etats donateurs, s’occupera pour la première fois du contrôle des fonds envoyés à l’Autorité palestinienne. Il y aura une deuxième réunion des équipes qui travaillent sur les réformes de l’Autorité palestinienne, et pour la première fois, la réunion accueillera officiellement des représentants israéliens. Il y aura, très probablement, une rencontre décisive entre les équipes de Yossi Beilin et de Yasser Abed Rabbo, pour mettre au point leur plan de paix alternatif israélo-palestinien. Et il y aura enfin une réunion cruciale du Quartette qui s’efforcera, peut-être pour la dernière fois, de sauver le feuille de route du gel absolu qui l’a frappée depuis les perspectives de guerre en Irak. Au cours de conversations avec le président de l’Autorite palestinienne, Yasser Arafat, des diplomates occidentaux ont fait comprendre qu’ils s’attendaient à une reponse sans équivoque à la feuille de route, et non plus a un "accord de principe". Cela leur faciliterait les choses dans leur partie de cache-cache avec Bush et Sharon. Arafat nommera un premier ministre, probablement le ministre des Finances Salam Fayyad, ainsi qu’un vice-président, et les membres du Quartette "feront comme si" le leader de l’Autorité palestinienne se contentait d’un titre honorifique, comme par exemple celui de "président symbolique". Dans les faits, pour ce qui concerne les problèmes de sécurité, Mohammed Dahlan sera aux commandes. Il n’aura pas à demander la permission d’Arafat ni celle du ministre de l’Intérieur Hanni al-Hassan pour arrêter les cellules du Hamas à Gaza et les passer à tabac. Le Quartette espère que le "changement" convaincra Bush de conditionner la garantie de prêt (4 milliards de $) qu’Israël attend à son acceptation de la feuille de route. Un diplomate étranger a dit hier à Amram Mitzna que Bush ne portait pas tant que cela Sharon dans son coeur, malgré l’impression donnée par les medias. Mais même les plus optimistes au sein du Quartette ne sont pas prêts a parier que le président américain se laissera distraire du dossier irakien pour s’occuper de Sharon.

La rencontre la plus intéressante, si elle a lieu, réunira les équipes israélienne et palestinienne qui négocient un plan de paix alternatif. Les rencontres ont été suspendues pendant deux mois et demi, à cause des difficultés à se déplacer à partir des territoires, et de la politque misérable menée par Israël qui empêche les Palestiniens de sortir du pays ; Abed Rabbo fera la navette entre la rencontre avec Beilin et les réunions autour des réformes palestiniennes, pour lesquelles il a reçu une invitation de la part de Tony Blair. Selon le ministère des Affaires étrangères, il y aurait de bonnes chances que Sharon autorise les Palestiniens à se rendre a Londres, et ne les force donc plus à y participer par vidéoconference.

L’equipe de Beilin a reçu récemment un renfort important dans le secteur de la sécurité. L’ancien chef d’état-major Amnon Lipkin-Shahak a rejoint l’équipe israélienne, et doit participer à la session de Londres, la première depuis les élections. Il sera intéressant d’observer comment l’effondrement de la gauche et la décision de Mitzna de rester dans l’opposition affectera le camp de la paix palestinien.