Les Nations unies exhortent Israël à repenser les plans de construction à Jérusalem-Est

Thème : Jérusalem

Ha’aretz
mis en ligne le 24 juin 2010

Dans une Jérusalem-Est inflammable, un plan d’ "aire touristique" risque de mettre encore une fois le feu aux poudres. Les colons étendent peu à peu leur emprise sur Jérusalem-Est et ne reculent devant aucun moyen, quitte à hurler à la discrimination. La bataille pour Jérusalem continue]

Ha’aretz, 26 juin 2010

sur le site de Ha’aretz

Traduction : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

"Le secrétaire général est profondément inquiet de la décision prise par la municipalité de Jérusalem de poursuivre les démolitions planifiées de maisons et la colonisation dans la zone de Silwan", a dit Ban Ki-moon dans un communiqué de presse. "Ces décisions sont contraires au droit international ainsi qu’aux souhaits des habitants palestiniens."

Ces remarques de Ban Ki-moon interviennent après que la municipalité a approuvé les plans préliminaires en vue de la destruction de 22 maisons dans le quartier de Silwan, dans le cadre d’une initiative visant à créer dans cette zone un parc touristique. Les Département d’Etat américain a critiqué cette décision, disant qu’il s’agit d’une mesure qui sape la confiance nécessaire pour le progrès des « négociations de proximité » (indirectes, ndt) entre Israël et l’Autorité palestinienne.

"Le secrétaire général rappelle au gouvernement israélien sa responsabilité qui est d’éviter toute mesure provocatrice qui ferait monter les tensions dans le ville", ajoute le communiqué. "Ces décisions n’aident guère, à un moment où l’objectif doit être de bâtir la confiance et soutenir les négociations politiques."

Plus tôt dans la journée de mercredi, des groupes de la droite israélienne ont menacé d’expulser par la force quatre familles palestiniennes, dont ils affirment qu’elles habitent dans des biens appartenant à des juifs du quartier de Silwan.

Le député Uri Ariel (Union nationale) a annoncé depuis la tribune de la Knesset que les colons allaient engager des sociétés privées pour expulser ces familles, qui représentent une quarantaine de personnes, à moins qu’elles ne soient expulsées avant le 4 juillet.

Les groupes de droite et de colons sont furieux du fait que la police, probablement sur instruction du bureau du Premier ministre, n’applique pas les ordres d’expulsion. Ces familles palestiniennes habitent d’ailleurs un immeuble qui, avant 1948, faisait office de synagogue. Cette synagogue a été construite au 19e siècle par la petite communauté yéménite de Silwan. Depuis 50 ans, la famille Abou Nab, qui y habite, en revendique la propriété. Ces dernières années, la communauté yéménite réclame le bâtiment, soutenue par l’association nationaliste Ateret Cohanim, qui occupe les deux bâtiments adjacents, Beit Yonatan et Beit Hadvash.

Beit Yonatan est un immeuble de 7 étages, construit illégalement par Ateret Cohanim au cœur d’un quartier essentiellement palestinien. Malgré des discussions avec la police en vue de l’évacuation de Beit Yohanan, il y a plusieurs semaines, l’application du décret a été repoussée au moins jusqu’à la fin du mois. (...)

Les colons de Beir Yonatan ont dit mercredi que la police n’avait pas expulsé les familles palestiniennes pour raisons politiques, et ont averti qu’ils prendraient les choses en main par eux-mêmes. Pour réclamer ces expulsions, les colons s’appuient sur des actes de propriété prouvant que le bâtiment appartenait avant 1948 à des juifs yéménites.

(...)

Un porte-parole des colons a déclaré : "Il y a discrimination dans tout ce qui touche à l’état de droit à Jérusalem. Nous ne comprenons pas pourquoi l’Etat tient à évacuer Beit Yonatan, malgré un compromis trouvé sur cette affaire. Entre temps, ces mêmes autorités n’appliquent pas une décision judiciaire qui appelle sans équivoque à l’expulsion de familles arabes qui ont envahi une synagogue appartenant à des juifs".