Israel a lui aussi pris des engagements

Ha’aretz , mis en ligne le 17 juillet 2003
par Editorial de la rédaction du Ha’aretz

La periode de calme qui a commence avec la proclamation de la hudna n’est pas totale. Des attentats terroristes se produisent encore, dont certains mortels, comme le meurtre de Jaffa. Le nombre d’alertes a bien chute considerablement, mais le fait meme que les services de renseignements israeliens en recoivent encore montre que la volonte de perpetrer des attentats n’a pas completement disparu. D’un autre cote, on a de plus en plus l’impression que les autorites palestiniennes, et en particulier leurs services de securite, font des efforts plus importants pour prevenir les attentats. Ici et la, des armes illegales ont ete confisquees, la cooperation entre services de securite israeliens et palestiniens a repris, apres trois ans sans aucun contact, et on a constate une reduction substantielle de ce qu’on appelle l’incitation a la haine dans les medias palestiniens.

Cette situation de calme relatif pourrait conduire a la conclusion erronee qu’il s’agit d’une situation permanente, sans limitation de temps. Il vaudrait mieux se souvenir que le cessez-le-feu s’accompagne de conditions qui imposent a Israel des obligations, non moindres que celles imposees a l’Autorite palestinienne. Les organisations rejectionnistes exigent la liberation de prisonniers, la cessation des assassinats cibles et des demolitions de maisons, ainsi que la liberte de mouvement en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza. Ces exigences sont reprises par l’Autorite palestinienne, et en particulier par son Premier ministre, Mahmoud Abbas.

Parallelement a ces conditions, qui sont a la base de la hudna, Israel s’est engage (par plusieurs articles de la premiere phase de la feuille de route) a evacuer tous les avant-postes illegaux crees depuis mars 2001, et a faciliter de facon significative les conditions de vie des Palestiniens. Il y a un mois, Israel a montre une certaine determination dans le domaine des avant-postes, mais depuis le debut de la hudna, cet effort a cesse : nous ne savons rien de quelque evacuation que ce soit.

L’engagement pris par Israel de retirer ses forces sur les positions d’avant l’intifada n’est pas tenu non plus. Tsahal s’est retire d’une grande partie de la Bande de Gaza et du coeur de Bethleem, mais son controle direct des autres villes de Cisjordanie, et les checkpoints, empechent la libre circulation des civils palestiniens.

Le constat, pour l’instant, est que l’Autorite palestinienne et son Premier ministre, qui a proclame la fin de l’intifada armee, ne peuvent se targuer d’aucun resultat tangible depuis le sommet d’Akaba. Non seulement cela encourage Yasser Arafat a presenter Mahmoud Abbas comme quelqu’un d’incapable d’apporter le moindre resultat, mais pire encore, l’opinion palestinienne peut perdre l’espoir que les fremissements d’un processus politique debouchent sur des mesures durables. Et de la a la cessation du cessez-le-feu et a la reprise d’une violente revolte civile, il n’y a qu’un pas.

Il est de l’interet superieur d’Israel de renforcer le cessez-le-feu et la capacite de Mahmoud Abbas a se faire respecter. Les hesitations a liberer des prisonniers, l’arret de l’evacuation des avant-postes, et une approche frileuse concernant la liberte de circulation, sont une promesse d’obtenir le resultat oppose.