Élections 2015 en Israël : Les résultats définitifs

Thème : Élections

par Meïr Waintrater

Jeudi 19 mars, 17 heures.

Photo Interdit de tourner à gauche : « Le triste résultat des élections ». Page Facebook de Mossi Raz.

Graphique et illustration : Ha’Aretz.

Maintenant que les résultats définitifs de l’élection législative israélienne ont été officieusement publiés, on peut faire un petit calcul comparatif entre la Knesset sortante (élue en 2013) et la Knesset nouvellement élue. Tous les chiffres sont en sièges, sur un total de 120. Comme la répartition des sièges se fait à la proportionnelle intégrale dans l’ensemble du pays – à la condition de franchir un « seuil électoral » fixé désormais à l’équivalent de quatre sièges –, on a ainsi une bonne image de l’équilibre des forces politiques au sein de la population israélienne. Pour simplifier, j’emploie des termes comme « droite » et « gauche », mais tout est relatif (voir mes remarques ci-dessous).

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• La droite progresse d’un siège, avec 44 sièges au lieu de 43 (en 2013, le Likoud et Liberman avaient ensemble 31 sièges, et Bennett 12 ; en 2015, le Likoud a 30 sièges, Bennett 8, et Liberman 6).

• Au centre, stabilité à 21 sièges (en 2013, Lapid avait 19 sièges, et Kadima 2 ; en 2015, Kahlon a 10 sièges, et Lapid 11).

• Les partis religieux perdent cinq sièges, avec 13 sièges au lieu de 18 (en 2013, les Séfarades de Shass avaient 11 sièges et les Ashkénazes de Judaïsme de la Torah, 7 ; en 2015, Shass a 7 sièges et Judaïsme de la Torah, 6).

• La gauche sioniste progresse de deux sièges, avec 29 sièges au lieu de 27 (en 2013, le Parti travailliste avait 15 sièges, Livni 6 et Meretz 6 ; en 2015, le Parti travailliste et Livni ont ensemble 24 sièges, et Meretz 5).

• Les partis arabes et H’adash progressent de deux sièges, avec 13 sièges au lieu de 11 (en 2013, H’adash avait 4 sièges, le Parti islamique et ses alliés 4, et Balad 3 ; en 2015, ils ont ensemble 13 sièges).

Bien sûr, les définitions ci-dessus sont très relatives : le parti de Bennett est issu du sionisme religieux, mais son électorat relève en fait de la droite ; Livni s’est agrégée à la gauche, bien qu’elle soit venue de la droite en passant par le centre, etc. On est toujours à la droite ou à la gauche de quelqu’un. Quoi qu’il en soit, ces regroupements par affinités indiquent une permanence des électorats.

Quelques remarques additionnelles

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• Le Likoud de Netanyahou a renforcé son contrôle au sein de la droite, en siphonnant des voix de l’extrême droite (Lieberman et Bennett). Cet effet est encore plus net si l’on prend en compte le fait que Kahlon a récupéré un certain nombre de voix du Likoud – dont il est originaire, et qu’il retrouvera sans doute dans la future coalition.

• Au centre, il semble bien que Kahlon ait siphonné une partie des voix de Yaïr Lapid. Les profils politiques de Kahlon et Lapid ne sont pas identiques, mais leurs électorats partagent une orientation moderniste-centriste, laquelle continue de représenter globalement un dixième de la population.

• La forte baisse des voix du Shass s’explique par la scission qu’a connue ce parti, et par le fait que les scissionnaires dirigés par l’ancien président du parti, Eli Ishaï, ont raté le « seuil électoral ». Les sièges manquants sont entrés dans le pot commun, et ont été redistribués en fonction du poids relatif des autres listes.

• Les deux sièges gagnés par la nouvelle « liste commune » regroupant les partis arabes et H’adash reflètent une meilleure mobilisation de l’électorat arabe. Les formations identifiées à la gauche sioniste (Union sioniste et Meretz) ont sans doute perdu des voix de ce fait ; cependant, elles enregistrent elles-mêmes un progrès de deux sièges.