Des députés et des ministres israéliens commencent à douter

Thème : Politique intérieure israélienne Stratégie, défense, armée Liban, Hezbollah, etc.

Ha’aretz
mis en ligne le 24 juillet 2006
par Mazal Mualem

« Attention à ne pas perdre pied dans le bourbier libanais... » Des ministres et des députés d’horizons divers commencent à s’inquiéter d’une possible accélération de l’engagement au Liban, où Israël avait, en d’autres temps, épuisé ses forces vives...

http://www.haaretz.com/hasen/spages...

Ha’aretz, dimanche 23 juillet 2006

trad. Tal Aronzon pour La Paix Maintenant

Plusieurs ministres et députés ont commencé ces derniers jours à faire entendre des réserves concernant une opération terrestre d’envergure au Liban. Parmi ceux qui ont tenu à s’exprimer publiquement, on trouve les ministres Méir Chétrit, du parti [majoritaire] Kadima, et Ophir Pinès-Paz, du Parti travailliste, qui ont souligné que l’opération avait été planifiée compte tenu de ce qu’une incursion terrestre n’était pas nécessaire.

D’autres ministres ont exprimé leur mécontentement de ce qu’aucune initiative diplomatique n’ait encore été proposée. « Il est important de poursuivre les efforts diplomatiques parallèlement aux opérations militaires, et le fait que le monde nous laisse prolonger ces dernières ne devrait pas nous pousser à croire qu’il n’est pas besoin de dialogue et d’un plan diplomatique », a déclaré O. Pinès-Paz à notre journal samedi. Des députés du parti travailliste et du Meretz ont également pris position, critiquant l’abandon de la voie diplomatique et exprimant leurs préoccupations concernant l’éventualité d’opérations terrestres massives au Liban.

Pour le député travailliste Dany Yatom, maintenant qu’il apparaît clairement que l’armée de terre intervient au Liban, nous devons nous interroger sur l’envergure des opérations. Membre de la commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesseth, il entend y soulever la question à la prochaine réunion de la commission, demain lundi : « Je veux un rapport net, et non vague, sur ce que l’armée de terre fait au Liban, sur le nombre de soldats engagés, et sur l’existence ou non de plans visant à étendre les opérations. Je m’oppose vigoureusement à l’envoi en nombre de troupes au Liban. Cela n’est pas encore venu en discussion, et si cela se produit, je veux être prévenu. Nous devons nous montrer vigilants », a dit Yatom.

« Jusqu’à présent, nous avons accordé notre soutien. Nous sommes tous solidaires des opérations militaires, mais le moment est venu de poser quelques questions aux responsables », a déclaré un autre député du même parti.

À l’issue d’une réunion portant sur les combats au nord, jeudi dernier, les dirigeants du Meretz ont appelé le gouvernement à tenter d’obtenir un cessez-le-feu et à entamer des négociations.

Catégorique, la députée Zéhava Gal-On, responsable de la discipline du groupe Meretz à la Knesseth, déclarait qu’Israël devrait agir en fonction des intérêts du pays et ne pas laisser les soldats israéliens se muer en chair à canon au service du président américain George W. Bush.

Toujours au Meretz, selon le député Haïm Oron, la question ne se pose pas du droit d’Israël à défendre sa souveraineté, « mais cela ne justifie pas n’importe quelle opération militaire. Je crains que cette guerre ne déborde des limites que nous lui avions assignées à l’origine. Nous devons nous garder de nous enliser de nouveau dans le bourbier libanais. »