Les pays donateurs promettent 7,4 milliards de $ à l’économie palestinienne

Thème : Économie, infrastructures

Ha’aretz
mis en ligne le 18 décembre 2007

Entre Kadhafi et Carla Bruni, entre les attaques contre le Jihad islamique et les Qassam, une conférence riche de promesses financières. Pas sûr que cela restaurera l’espoir (« beaucoup d’argent, peu d’optimisme », écrit aujourd’hui un éditorialiste d’Ha’aretz), mais cela ne peut pas faire de mal non plus. En tout cas, voici le détail des promesses

Ha’aretz, 17 décembre 2007

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Traduction : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

Lundi, lors de la conférence de Paris, les pays donateurs se sont engagés à payer 7,4 milliards de $, somme énorme et supérieure à que ce que demandaient les Palestiniens. « Le vrai gagnant est l’Etat palestinien », a déclaré Bernard Kouchner, ministre français des affaires étrangères lors de la conférence de presse qui clôturait la réunion, où étaient présents 90 pays et organisations internationales. « Nous voulions 5,6 milliards, nous en avons 7,4. Pas mal. » 2,9 milliards de $ seront transférés au gouvernement palestinien en 2008. Le reste sera versé sur trois ans.

En haut de la liste des donateurs figurent l’Union européenne (630 millions de $), les Etats-Unis (555 millions, mais cette somme comprend 400 millions promis par la Maison-Blanche mais non approuvés par le Congrès) et l’Arabie saoudite (500 millions). Le Japon a promis 120 millions de $, la Norvège 140 millions. L’Allemagne, la France et le Royaume-Uni ont promis de verser ensemble 1,08 milliard de $ sur trois ans. En 2002, les Etats membres de la Ligue arabe s’étaient engagés à verser 55 millions de $ par mois, mais cet engagement est loin d’avoir été respecté. Seuls le Yémen, la Syrie et l’Irak n’ont pas participé à la conférence.

Dans son discours aux représentants des pays et organisations présents, Tzipi Livni, ministre israélienne des affaires étrangères, a notamment déclaré qu’Israël s’était engagé à ce qu’un Etat palestinien soit créé, et que le développement économique de la Palestine et la sécurité d’Israël étaient liés. « Vous devez savoir que la santé de l’économie palestinienne et la sécurité d’Israël ne s’excluent pas mutuellement, » a-t-elle ajouté. (...)

De son côté, le président palestinien Mahmoud Abbas a appelé Israël à geler la colonisation en Cisjordanie, sans user de prétextes : « Je suis désireux de tenir tous les engagements pris dans le cadre de la Feuille de route, et j’attends du côté israélien qu’il agisse de même, totalement, sans faux prétextes, qu’ils viennent d’eux ou de nous. J’attends d’eux qu’ils arrêtent toutes les actions liées à la colonisation. »

Dans son discours, Abbas a également écarté toute idée de dialogue avec le Hamas, tout en assurant que sans soutien de la communauté internationale, Gaza allait à la catastrophe. « Je n’accepterai pas de dialoguer avec le Hamas sur la base d’un fait accompli, » a dit Abbas en référence aux appels répétés du Hamas à une reprise des pourparlers sur un gouvernement d’union nationale.

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Les représentants des pays arabes qui participent à la conférence critiquent violemment Israël sur les check points, la fermeture des frontières avec Gaza et le plan de construction dans le quartier Har Homa, à Jérusalem Est.

« Nous avons besoin d’une décision claire de la part d’Israël sur cette question, » a déclaré le porte-parole palestinien Nabil Abou Rdainah.

Un représentant officiel israélien a dit dimanche qu’Israël était prêt à démanteler des check points en Cisjordanie. « Il y a une volonté de la part d’Israël de démanteler des barrages routiers, et cette question a déjà été soulevée alors que le plan économique de l’Autorité palestinienne était en préparation, en coordination avec le ministère de la défense  », a dit le diplomate. En même temps, certains membres de la délégation israélienne ont fait remarquer que les besoins d’Israël en termes de sécurité devaient être pris en considération.

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PEGASE

Une grande partie des fonds promis contribuera au Plan palestinien de réforme et de développement, présenté par le premier ministre palestinien Fayyad. Ces versements se feront dans le cadre d’un nouveau mécanisme nommé PEGASE, et alimenteront directement un compte du ministère palestinien des finances, dirigé par Fayyad.

Cet argent, qui sera disponible à partir du mois de mars, ira en particulier à des secteurs comme la santé, l’éducation et les infrastructures. Mais il échappera toujours au Hamas : « Tout est mis en place pour éviter que l’argent aille au Hamas », a dit un représentant de l’Union européenne.

La Commission européenne est le plus gros donateur à l’Autorité palestinienne. En 2007, elle a apporté 550 millions d’euros, et avec les Etats membres, sa contribution s’est élevée à un milliard d’euros. Le nouvel engagement dépasse aussi largement les 170 millions d’euros initialement promis au début de l’année.

En 2007, l’Union européenne s’était d’abord engagée à verser 245 millions de $, mais sa contribution a fini par atteindre 798 millions, à cause de la pauvreté endémique qui règne dans les territoires palestiniens.

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