Deux chanteurs, israélien et palestinien, pour la paix

Thème : Initiatives de coopération et de coexistence Culture, langue et conflit Médias, Internet Témoignages, "histoires humaines"

Ha’aretz
mis en ligne le 25 mars 2005

Dimanche 27 mars à 10h10 précises, la Voix de la Palestine et la radio de Tsahal diffuseront simultanément une chanson pour la paix, en arabe et en hébreu, interpétée par le Palestinien Wissam Mourad et par l’Israélien David Broza

L’initiative prise par deux chanteurs, l’Israélien David Broza et le Palestinien Wissam Mourad, de faire entendre leur chanson simultanément sur des stations de radio palestiniennes et israéliennes, se heurte à des obstacles de la part des officiels de la radiodiffusion israélienne.

La sation officielle "Voix de Palestine" a immédiatement accédé à la demande de diffuser la chanson (en hébreu et en arabe) "Dans mon Coeur", mais pas Kol Israël (La Voix d’Israël) [d’Etat]. Le directeur de la station, Yoni Ben-Menahem, a demandé à voir d’abord les paroles, puis a dit qu’il n’était pas intéressé par l’initiative. Les appels au premier ministre n’ont pas déblqué la situation.

Ben-Menahem a proposé que La Voix d’Israël diffuse la chanson sur sa station en langue arabe, mais David Broza a refusé ce compromis, et décidé de proposer la chanson à la sation de l’armée israélienne.

Alors qu’une autre station de radio publique, Reshet Gimmel, était intéressée, le directeur de la radio de l’armée a accepté. "J’ai accepté de diffuser la chanson, parce que je crois que, dans le nouveau climat qui s’est instauré, la musique et les paroles peuvent faire lien entre les coeurs des gens, surtout des jeunes". [1]

La chanson, enregistrée en arabe et en hébreu, sera diffusée dimanche à10h10 précises sur la Voix de la Palestine et sur la station del’armée israélienne. Cette diffusion commune constitue la première initiative du genre entre des autorités de diffusion israéliennes et palestiniennes.

David Broza est co-auteur de la chanson avec le frère de Mourad, Saïd, écrite lors de sessions à Jérusalem qui ont débuté il y a plus de deux ans.

L’immeuble de la Voix de la Palestine, à Ramallah, a été bombardé il y a trois ans, et ne fonctionne plus depuis lors. "Nous avons trouvé excellente l’idée de diffuser la chanson", dit l’un des directeurs des programmes de la Voix de la Palestine. "Nous avons accepté la diffusion avec la station de l’armée israélienne, sans poser de question. Nous avons écouté la chanson, elle est bonne et parle de paix, alors, nous avons dit : pourquoi pas ?"

Le directeur général de la radio, Bassem Abou-Sumaya, dit : "nous pensons que la chanson reflète notre croyance en la paix. Nous avons cru à la paix même quand Tsahal a détruit nos infrastructures. Aujourd’hui, nous allons coopérer avec la radio de Tsahal. Nous croyons à la co-existence. Avant la destruction de la station, nous avions un programme quotidien en hébreu, où nous interviewions tout le monde, y compris des colons et des hommes politiques de droite."

Yoni Ben Menahem a dit lundi que la Voix d’Israël n’avait pas refusé de diffuser la chanson. "Nous n’avons pas dit non, nous avons dit qu’il y avait une procédure, et que chaque nouvelle chanson devait d’abord être approuvée par un panel d’édituers de musique et de directeurs d’antenne, avant d’être ajoutée à notre liste. Le panel va se réunir jeudi. Nous n’avons aucune objection envers des messages de paix, mais il faut que cela soit fait en coordination avec nous."