Ben-Ami : "Israël est prisonnier de la mémoire de la Shoah"

Thème : Antisémitisme, Shoah, comparaisons

Yedioth A’haronoth
mis en ligne le 30 janvier 2007

"Ahmadinejad (après Arafat et Saddam Hussein) = Hitler". Shlomo Ben-Ami, ancien ministre des affaires étrangères, n’aime pas ces comparaisons. Il l’a dit en Espagne et expliqué pourquoi. Scandale...

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Yediot Aharonot, 30 janvier 2007

Trad. : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

Il est temps pour les Israéliens juifs d’abandonner la mentalité de victime et le ghetto, et d’arrêter de comparer Hitler à Arafat, Saddam Hussein ou même Ahmadinejad, a dit Shlomo Ben-Ami, ancien ministre des affaires étrangères, lors d’un discours prononcé dimanche devant le Parlement espagnol. Ces comparaisons constituent un obstacle aux relations entre Israël et la communauté internationale, et pire, elles "légitiment certaines comparaisons faites par des Palestiniens entre Israël et les Nazis", a-t-il dit.

Dans son discours, point d’orgue de la cérémonie espagnole en l’honneur de la Journée internationale du souvenir de la Shoah, Ben-Ami s’en est également pris à l’extrême gauche espagnole et européenne dont il a affirmé que sous couvert d’antisionisme, elle menait une campagne antisémite. Il a en particulier condamné l’écrivain prix Nobel José Saramago qui avait parlé "d’Auschwitz" en parlant de Jénine [1].

Toutefois, il a conclu son discours en critiquant Israël et les Juifs en général, en disant que "si la nation la plus forte du Proche-Orient parle de chaque guerre et de chaque menace comme d’une menace de Shoah, c’est nous-mêmes qui banalisons la Shoah." Nous ne pouvons pas nous raccrocher par obsession à la mentalité de victime, a-t-il conclu, en avertissant que "Israël est prisonnier d’une paranoïa : la mémoire de la Shoah."

Ces déclarations de Shlomo Ben-Ami ont provoqué un scandale au sein de la petite communauté juive espagnole, ainsi qu’au ministère israélien des affaires étrangères. Le président de la communauté juive espagnole, Jacobo Israel, a souligné devant le Parlement espagnol que l’existence d’Israël était menacée par le régime iranien. Le ministère des affaires étrangères, de son côté, a déclaré que les propos de Ben-Ami étaient révoltants, en particulier quand ils sont tenus à l’étranger par un Israélien qui s’exprime en tant qu’ancien ministre des affaires étrangères.

Ben-Ami s’est défendu en nous déclarant lundi : "Je crois qu’il faut expliquer les choses d’une manière équilibrée. Ce n’est qu’ainsi que nous gagnerons en crédibilité par rapport à d’autres. Nous devons pas interpréter des événements actuels comme une Shoah. La faculté de nous critiquer nous-mêmes est parfois la meilleure des défenses... Je regrette que des gens à l’esprit étroit, au lieu de promouvoir les intérêts d’Israël, affaiblissent ses arguments" ; a-t-il déclaré.

"99% de mon discours a été une défense d’Israël et une critique de la gauche européenne... Je respecte les sentiments de tout le monde, mais je regrette qu’on ne voie pas mes déclarations dans le contexte approprié."