Amir Peretz ordonne une révision du tracé de la clôture qui tienne compte de certains intérêts palestiniens

Thème : "Mur", "Clôture", "Barrière"

Ha’aretz
mis en ligne le 20 juin 2006
par Akiva Eldar

Comme quoi, les actions en justice, même intentées par des Palestiniens, servent à quelque chose. Shalom Akhshav est bien placé pour le savoir, lui qui a obtenu de la Haute cour le démantèlement de la colonie sauvage d’Amona, en Cisjordanie, et qui compte bien en obtenir d’autres par la même voie

Amir Peretz, ministre de la défense, a décidé de revoir le tracé de la clôture de séparation pour s’assurer qu’il répond aux besoins quotidiens de la population palestinienne. Il souhaite également rediscuter du tracé à Jérusalem, avec pour objectif de réduire le plus possible le nombre de Palestiniens qui se trouveraient du côté ouest (actuellement environ 200.000).

Peretz a ordonné à son directeur de cabinet, Kobi Toren, et à sa conseillère juridique, Tsvia Gross, de déterminer le plus rapidement possible s’il existe d’autres cas comme celui de la clôture qui passe à l’est de colonie de Tzofin, et où le tracé a annexé de fait des terres prévues pour que cette colonie puisse d’étendre. Peretz souhaite épargner au ministère de la défense des embarras supplémentaires suite à la décision de jeudi de la Haute cour de Justice en faveur d’une action en justice contre le tracé de la clôture près de Tzofin.

La Haute cour est en effet saisie d’autres demandes émanant de Palestiniens et d’organisations humanitaires qui affirment que sous couvert de considérations de sécurité, le tracé de la clôture est utilisé pour voler de la terre aux Palestiniens et permettre ainsi aux colonies de s’étendre.

Lors d’une réunion à huis clos, Peretz a affirmé qu’il n’avait pas l’intention de contester la décision de la Haute cour, d’après laquelle le ministère de la défense a dissimulé la vérité sur les considérations qui ont présidé à la conception du tracé de la clôture dans la zone de Tzofin. Les juges ont ordonné à l’Etat de démanteler la clôture actuelle dans les six mois, de construire un segment de remplacement, long de 1.350 mètres, et de payer aux demandeurs 50.000 shekels de frais de justice.

"Le cas dont nous sommes saisis indique une conduite inacceptable, où l’information fournie à la Cour ne reflétait pas la totalité des considérations qu’ont prises en compte les décideurs", écrit le président de la Haute cour, Aharon Barak.

Des enquêtes réalisées par des ONG comme HaMoked (pour la défense de l’individu), B’Tselem, le Conseil pour l Paix et la Sécurité et Bimkom, ont montré qu’il existe 10 autres cas où le tracé est conçu pour répondre aux besoins d’expansion de colonies, et cela même aux dépens de l’efficacité défensive de la clôture. Parmi ces cas : le tracé de la clôture à l’est du quartier de Neveh Ya’akov, quartier situé au nord-est de Jérusalem, qui correspond exactement aux limites du plan maître de la colonie de Geva ; le tracé au nord du Goush Etzion, conçu pour favoriser l’expansion de la colonie de Kedar, et le tracé autour de Mod’in Illit, qui lui aussi correspond au plan maître de l’expansion de cette colonie, en partie aux dépens de terres appartenant aux villageois de Bil’in.