Yeshayahou Leibowitz - Un prophète en son pays (1)

Thème : Thématiques religieuses, laïcité Révoltes et questionnements dans la société civile israélienne Culture, langue et conflit Israël : quel sionisme ? quelle identité ?

Ha’aretz
mis en ligne le 15 mars 2003
par Aviv Lavie, Yeshayahou Leibowitz

Pour le centenaire de la naissance de Yeshiyahou Leibowitz, nous vous proposons cette traduction d’un article d’Haaretz, par Marie-Helene Le Divellec.

Ses oeuvres se vendent toujours bien, un public respectueux se precipite sur les livres qui sont ecrits sur lui, des theses de doctorat lui sont consacrees et il est une vedette de l’Internet. Il n’y eut aucune commemoration officielle lors du centenaire de la naissance de Yeshayahou Leibowitz, mais le mythe existe toujours.

Yeshayahou Leibowitz n’aimait pas du tout être appelé un « prophète ». En consultant brièvement les archives qui remontent à la dernière fois que les orages de la guerre s’accumulaient au-dessus de l’Irak, on comprend qu’il avait de bonnes raisons d’être mécontent. En effet, lors d’un entretien publie dans ce magazine le 18 janvier 1991 sous le titre « Saddam n’est en rien pire que d’autres », Leibowitz déclarait son opposition à l’initiative de guerre des Americains dont il disait qu’elle était empreinte de cynisme et injustifiée. Il alla même jusqu’a prédire : « Je crois qu1il n’y aura pas de guerre, j’ai l’impression que le monde occidental y compris les Etats-Unis ne veut pas de cette guerre et, par conséquent, je doute que le gouvernement américain se lance dans une guerre ». La nuit même, peu après deux heures du matin, la première volée de missiles Scud s’écrasait en Israël.

Le fait que dans ce cas il se soit trompé dans ses prédictions est d’autant plus remarquable que Leibowitz était doué d’une grande clairvoyance dans ses analyses de processus qui se sont déroulés sur plusieurs dizaines d’annees. L’exemple le plus célèbre concerne l’occupation et ses conséquences pour la société israélienne. « J’exige que nous nous retirions des territoires occupés dans l’intérêt de l’existence de l’Etat juif d’Israël, dans lequel [une population de] 1,5 millions d’Arabes ne peuvent pas être inclus d’une manière viable », écrit-il au feu Dr Shimon Shereshevsky dans une lettre datée du 13 mars 1969. « Même ce retrait ne nous rapprochera pas d’une paix entre les Israéliens et les Arabes. Nous sommes voués à) subir une période assez longue sans paix et sans sécurité. »

Ainsi, avec quelques phrases ecrites il y a trente-quatre ans, Leibowitz fit sombrer les reves aussi bien de la gauche que de la droite. La majorite des Israeliens se rallierait sans doute a cette opinion aujourd’hui, bien qu’ils soient moins nombreux a accepter la solution qu’il proposait : le retrait unilateral des territoires occupes.

Ce mois-ci marque le centenaire de la naissance de Yeshayahou Leibowitz : il est ne a Riga en Lettonie en 1903. Depuis sa mort le 18 septembre 1994, pas moins de 14 livres ont ete consacres a Leibowitz et a sa philosophie. La plupart se sont tres bien vendus, prolongeant ainsi la renommee dont jouissait Leibowitz de son vivant. Par exemple, le programme « L’Universite sur les ondes » diffuse a la radio militaire a publie plus de trois cents livres dans sa serie de conferences, dont « Corps et esprit » de Leibowitz s’est le mieux vendu (12.000 exemplaires) ; derriere lui, « Sur les sciences et les valeurs » du meme auteur (11.000 exemplaires). Un autre livre de Leibowitz, sur la foi de Maimonide, figure parmi les cinq meilleures ventes.

Le fils de Shimon Shereshevsky, Michael Shashar publia son premier ouvrage sur Leibowitz du vivant du savant et philosophe, et deux autres apres sa mort. Tous les deux (« Pourquoi a-t-on peur de Yeshayahou Leibowitz » et «  Leibowitz - un heretique ou un croyant ? ») ont figure pendant des semaines sur la liste des meilleures ventes.

« Il a quelque chose de magnetique, explique Shashar, il fait vendre des livres. Prenez un chiffon, ecrivez le nom de Leibowitz sur ce chiffon, mettez-le a l’etalage et tout le monde voudra l’acheter ».

N’est ce pas une affectation ?

Shashar : « Peut-etre. Mais si quelqu’un veut des livres pour decorer sa maison sans avoir vraiment l’intention de les lire, et qu’il veut un exemplaire de Leibowitz sur ses rayonnages, cela est significatif en soi. D’ailleurs je recois enormement de commentaires sur mes livres, ce qui signifie que beaucoup de gens les lisent. »

De meme Naomi Kasher, dont un livre sur Leibowitz est paru il y a deux ans (« La Foi de Yeshayahou Leibowitz »), pense que son nom est une mine d’or. Elle dit avoir enormement d’inscrits au cours qu’elle donnera sur Leibowitz au College academique de Tel Aviv-Jaffa le trimestre prochain.

Dans la presse aussi le nom de Leibowitz est mentionne plus souvent que celui de bien des personnages encore actifs dans la vie publique. Une etude dans les archives de Ha’aretz montre qu1en 2002, le nom de Leibowitz est mentionne un peu plus d’une fois par semaine en moyenne (65 fois). Par consequent, Leibowitz est encore bien vivant dans la presse et la litterature. Mais de quel Leibowitz s’agit-il ?

Le publiciste, l’intellectuel et le predicateur

« Chacun a son propre Leibowitz », remarque un membre de sa famille sous le couvert de l’anonymat. « Puisqu’iil avait une personnalite si diverse, chacun peut se rattacher a l’aspect qui lui plait dans sa personnalite et dans ses activites. Il etait un penseur dans le domaine de la foi et du judaisme, un biochimiste qui s’interessait a la relation entre le corps et l’esprit, et il defendait des positions politiques convaincantes sur l’occupation et les relations entre l’Etat et la religion. Il secoua tout le monde quand il parla de "Judeo-Nazis ", mais en meme temps c’etait l’homme au chapeau mou et a la vieille sacoche qui pendant soixante ans se depechait tous les matins pour aller prier a la synagogue Yeshurun [dans le centre de Jerusalem] ».

En effet ceux qui ont connu Leibowitz insistent souvent sur la grande difference entre le personnage public et l’homme prive. Le Leibowitz public donnait l’impression d’etre un absolutiste qui critiquait ou prechait ses dures verites en termes denues de concessions en somme quelqu’un auquel il ne fallait pas s’opposer. Pourtant ses proches le decrivent comme un homme affable, presque tendre, que l’on appelait meme le « doux grand-pere ».

Naomi Kasher : « Il y a une difference considerable entre le personnage public et son comportement en prive. Il vivait tres modestement, mais surtout il etait pret a parler a tout le monde du Premier ministre au dernier des etudiants insistants avec la meme qualite de serieux. Il ne se souciait guere des tribunes ou il intervenait, il allait partout ou il etait invite sans meme verifier l’importance du public ».

Cinq ans apres sa mort, le livre « Je voulais vous demander, Professeur Leibowitz », qui reunit des lettres ecrites par Leibowitz et des lettres qui lui sont adressees, revele un homme qui consacrait toute son attention a chacun de ses correspondants et ils etaient nombreux. Ainsi, un jeune officier qui lui ecrivit une lettre sur le but de l1existence et l’essence du divin, recut une longue et touchante reponse, que Leibowitz terminait en suggerant a l’officier de venir le voir a Jerusalem s’il pouvait en trouver le temps, en ajoutant « Nous pourrons avoir une conversation serieuse sur les grands sujets que vous soulevez ». Et il indiquait son numero de telephone.

Mais pour le grand public, le nom de Leibowitz est associe a une serie de formules qui auraient pu etre inventees par les plus grands publicistes (bien avant que cette profession n’existe en Israel) : « Judeo-Nazis » - contrairement a ce que l’on croit, il utilisa cette formule pour decrire l’armee israelienne au Liban ; « discotel » - sur la transformation du Mur des lamentations (le « kotel ») en un lieu de pelerinage populaire apres la Guerre des six jours en 1967 ; « clown soufflant dans un shofar » - a propos de Rabbi Shlomo Goren, qui marqua la conquete du Mur des lamentations en soufflant dans une corne de belier ; « une des institutions les plus meprisables dans l’histoire du peuple juif » - le rabbinat ; et meme « 22 voyous pourchassant un ballon » - sur la nature du football. Chacune de ces railleries a suscite de la fureur a son epoque. Pour certains (en general peu nombreux), ces remarques etaient des colonnes de feu marquant la voie qui devait etre suivie ; mais elles etaient profondement troublantes pour la majorite. Ce qui est certain c’est qu’elle eurent un certain effet a l’epoque. Mais quelle est l’influence de Leibowitz aujourd’hui ?

L’editeur Yehuda Meltzer dit que ce qui reste ou ne reste pas de Leibowitz en dit bien davantage sur nous que sur lui : « Selon moi, l’influence de Leibowitz aujourd’hui est bien moindre que de son vivant, et s’il vivait encore, cette influence ne retrouverait pas le niveau qu’elle avait alors. Ceci est du aux changements dans la societe israelienne. La deuxieme chaine est venue sur les ondes peu avant sa mort et elle a cree un nouveau modele de langage public. Leibowitz etait l’intellectuel le plus en vue qui savait toucher le public, mais je ne suis pas sur qu’il saurait faire face a [Yosef] Lapid et au "nouveau" langage politique. Il aurait aussi plus de mal ces jours-ci a etre publie dans le magazine du week-end des grands quotidiens. Ceci n’a rien a voir avec lui, sa sagesse ou sa philosophie ; cela a voir avec un changement de tribune. Il est venu au bon moment dans un pays qui avait la bonne taille ».

Mais son influence en tant que penseur ?

Meltzer : « Ce qui est particulier chez Leibowitz c’est que personne d’autre n’etait capable d’etre aussi eminent dans tous les domaines qu’il connaissait. Il etait professeur de biochimie et en tant que tel, il etait influence par certains grands biochimistes du siecle dernier. La plupart des gens qui traitent de sa pensee religieuse, par exemple, ne se rendent pas du tout compte de cette influence. Il est tres difficile d’avoir une image complete d’un intellectuel de cette envergure sans etre conscient de vastes portions de son univers. Les gens disent qu’il n’etait pas systematique, que sa philosophie manque de methode mais lorsque l’on voit une telle masse de textes, des milliers de pages pour son commentaire hebdomadaire de la Torah aux questions relevant de la psycho-physiologie, on est presque oblige de dire : "Un instant, y a-t-il une methode ici ?" N’oublions pas qu’il s’agit de 70 ans d’activite intellectuelle intense dans tellement de domaines. Il n’y aura plus jamais un intellectuel comme lui en Israel ».

Mais le fait de s’etendre a tellement de domaines n’a-t-il pas un prix ?

« Justement. Quand nous avons fete ses 75 ans, je lui ai pose la question : s’il devait revenir au jeune homme de 20 ans qu’il etait a Berlin, ne se concentrerait-il pas sur la biochimie. J’ai ajoute que s’il l’avait fait, il aurait sans doute recu le prix Nobel. Ma question l’emut beaucoup. Il reflechit un instant et puis s’ecria : "Dieu m’a donne beaucoup de defauts mais pas celui de la modestie. En ce qui concerne le prix Nobel, bien sur que je l’aurais recu. Mais quant au contenu de ta question, je ne sais que te dire." En d’autres termes il savait que sa decision de traiter de tant de sujets, son desir de toucher a des mondes si differents et, par-dessus tout, son besoin d1etre actif en politique, de traiter des questions douloureuses de la vie quotidienne et de voyager de par le pays pour precher sa philosophie, tout cela se faisait aux depens de quelque chose. On peut raisonnablement penser que s’il avait consacre sa vie a l’etude d’un seul sujet, il aurait fait des decouvertes qui auraient fait avancer la science ».

Comprenait-il les implications de ses choix ?

« Je pense que nous ne decidons pas de la vie que nous allons mener de la meme maniere que nous achetons un appartement, en choisissant d’une maniere organisee entre plusieurs possibilites. Je ne pense pas qu’il se soit assis un jour en se disant "Je dois choisir entre la biochimie et tout le reste". Il etait simplement mu par les evenements et suivait son coeur. Il semble avoir eu besoin de toucher a tout il connaissait tous les rayons de la Bibliotheque nationale et il avait tout particulierement besoin d’etre engage dans la vie quotidienne. Bien sur, cela a mene a des incidents quand il a exagere, par exemple avec les "Judeo-Nazis", mais je ne pense pas que les jeunes d’aujourd’hui comprennent l’effet que cela a eu a l’epoque, quand nous nous reposions a Jerusalem apres avoir pris le Mur des lamentations et, tout d’un coup, nous l’avons entendu a la radio qui appelait au retrait de tous les territoires conquis, parce que nous ne pourrions pas les garder et que cela nous pourrirait de l’interieur ».

Curieusement Leibowitz lui-meme confirme indirectement l’observation de Meltze sur les relations reciproques entre Leibowitz et les medias. Il y a quelques mois, lors d’un entretien publie dans l’hebdomadaire Makor Rishon, Michael Shashar parlait d’une conversation qu’il avait eue avec son maitre : « Je lui ai souvent demande ce qui le poussait a faire les declarations publiques qu’il faisait. Il m’expliqua : "Nous vivons dans un monde tellement inonde par un flot d’informations venant de la radio, de la television et de la presse que si l’on parle un langage ni chair ni poisson, personne ne vous entendra." ».

Le provocateur, l’eclectique, le sioniste

Leibowitz a suscite des controverses dans d’autres domaines que celui du politique. Il y a ceux qui contestent son importance en tant que penseur. En 1995 l’historien Aviad Kleinberg ecrivit : « On peut discuter de l’importance de Leibowitz en tant que philosophe ; c’etait en tant que provocateur qu’il etait sans pareil. Nous pouvons tirer des conclusions du fait typique de la societe israelienne que meme les gens qui ne comprenaient absolument rien a la philosophie de Leibowitz etaient seduits par son dogmatisme, son courage. C’est plus pour ce qu’il etait que pour son oeuvre qu1il s’est vu offrir le prix Israel. Bien qu’il se soit interesse a plusieurs domaines, il n’a rien accompli d’important dans aucun d1eux ».

A l’heure actuelle Kleinberg dirige le programme d’etudes generales a l’universite de Tel Aviv et il ne desire pas reprendre l’offensive contre Leibowitz ; il note pourtant que les annees qui se sont ecoulees depuis qu’il a ecrit son article contre Leibowitz ne le poussent pas a changer d’avis. « Je me tiens a ce que j’ai ecrit alors. Je pense qu’il n’a guere d’influence aujourd’hui, que ce soit en politique ou en philosophie. Ce n’etait pas un philosophe systematique mais un penseur eclectique. Beaucoup de ses disciples ont continue a ecrire sur lui ces dernieres annees et ils sont en train de creer une ecole de pensee de Leibowitz et il est difficile de voir quelles en seront les consequences. Dans un certain sens, il s’agit d’une sorte de culte. Il etait une voix claire dans le domaine politique, mais ses ecrits sont moins impressionnants. En ce qui concerne le judaisme, ses positions etaient complexes et parfois confuses. D’une part, il etait eclaire ; de l’autre il etait pieux et pratiquant, parfois conservateur, et il avait peu de sympathie pour les Chretiens ».

Naomi Kasher n1est pas du meme avis : « Je suis convaincue que sa contribution dans le domaine de la pensee restera dans les memoires, meme si les gens ne sont pas toujours d’accord avec lui. Ce sont ses provocations qui seront oubliees. A mon avis il a lance une revolution copernicienne dans la pensee sur le judaisme, et ce genre de revolution n’est jamais oublie. Freud et Darwin n’ont pas ete oublies, bien que certains aient continue sur la voie qu’ils avaient tracee, tandis que d’autres la contestaient, et ce parce que les revolutions ne sont jamais effacees ».

Selon Kasher, l’essence de la revolution de Leibowitz est « dans son affirmation que la veritable epreuve de l’humanite d’un etre tient a ses actes et non a ses pensees. Dans cette perspective, les commandements de la religion sont l’essence du culte de Dieu, et en les respectant une personne ne fait pas progresser une cause et n’attend aucune sorte de recompense. Il n’y a pas de systeme de relations reciproques entre l’homme et son Createur. Leibowitz part de l’obligation religieuse externe et la foi est un element secondaire, et ceci etait entierement a l’oppose de ce qui avait ete accepte jusqu’alors. Il etait aussi un revolutionnaire dans son attitude a l’egard des femmes. Il etait tres mecontent que l’etude de la Torah soit interdite aux femmes et il recommandait de changer la loi religieuse pour que les femmes puissent faire partie de la culture religieuse. De ce point de vue, il n’etait pas du tout conservateur ».

Kasher croit egalement que la pensee politique de Leibowitz est toujours tres pertinente : « Il avait une influence sur le public pour tout ce qui concerne nos liens avec nos voisins et avec les frontieres du pays. En se dissociant d’une conception sacree de la terre, en expliquant pourquoi nous devrions fuir les territoires occupes et en s’elevant contre Gush Emounim [Parti des croyants, le mouvement des colons], il donnait une legitimite aux partisans du retrait des territoires. Il pansait la conscience de ceux qui se sentaient mal a l’aise a l’idee de renoncer aux territoires. C’est lui qui leur a permis de dire en toute conscience qu’a un certain moment il faudrait abandonner les territoires occupes et que ce ne serait pas un desastre. Ces choses restent. Il a contribue d’une maniere tres importante au lent et incessant goutte a goutte de cette idee, sans que nous nous en rendions meme compte ».

Mardi prochain, une conference se tiendra a l’universite Ben-Gourion du Negev, a Be’er Sheva, pour marquer le centenaire de la naissance de Leibowitz, a laquelle participeront entre autres Avi Ravitzky, Marcel Dubois et Yirmyahou Yovel. L’organisateur de la conference, David Ohana est convaincu que Leibowitz est pertinent dans un autre debat : le debat dans lequel il s’est engage avec ceux qui se definissent comme des post-sionistes et qui mette en cause le droit d’Israel a exister. « Leibowitz etait avant tout un sioniste et il donna une bonne reputation au sionisme. Qu’est-ce que le sionisme ? Le sionisme signifie que les Gentils ne nous gouverneront pas et nous ne gouvernerons pas les Gentils. Nous n’avons respecte ce critere qu’entre 1948 et 1967. C’etait son sionisme moderne, eclaire. Le sionisme ainsi qu’il le concevait exigeait que l’on prenne ses responsabilites. La diaspora avait un prix : elle n’impliquait aucune responsabilite ; le sionisme signifie l’evasion de l’evasion. Etre sioniste signifie que l’on est aussi responsable de ce qu’a fait [l’ultranationaliste Meir] Kahana et de ce que fait [le service de securite] Shin Bet ».

« Leibowitz etait radical, dans le sens ou il etait un extremiste ; il etait radical au sens etymologique du mot, qui signifie "racines". Il alla jusqu’a la raison d’etre et les racines de notre pays : etre un sioniste eclaire. Depuis sa mort, la mode chez les intellectuels veut que si vous etes radical, vous etes anti-sioniste. Leibowitz a montre que l’on pouvait etre a la fois radical et sioniste ».

 

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