Pendu à un fil

Ha’aretz
mis en ligne le 14 novembre 2003
par Uzi Benziman

" De nouveau, le gouvernement Sharon a affaire à un Yasser Arafat qui tire les ficelles du côté palestinien. Avec sobriété, ou peut-être par desespoir, Israël a annoncé qu’il jugerait le gouvernement Qorei sur ses actes."

Haaretz, 14 novembre 2003

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Trad. : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

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Cette semaine l’entourage d’Ariel Sharon a modifié sa définition du statut de Yasser Arafat. De "non pertinent", il est devenu "pertinent pour les Palestiniens, mais totalement inexistant pour le monde extérieur". Cela revient à admettre une défaite.

Mercredi dernier, l’investiture du gouvernement d’Ahmed Qorei (Abou Ala) a brisé le rêve israélien selon lequel quelque chose changerait réellement dans la position du leadership palestinien. De nouveau, le gouvernement Sharon a affaire à un Yasser Arafat qui tire les ficelles du côté palestinien. Avec sobriété, ou peut-être par désespoir, Israël a annoncé qu’il jugerait le gouvernement Qorei sur ses actes. Ce que cela signifie, c’est qu’il renonce à l’exigence de voir Qorei prouver sa bonne volonté en s’attaquant au problème du désarmement des organisations terroristes, ou même s’engager à le faire.

Sans le déclarer, Sharon est prêt à accepter un cessez-le-feu qui sortirait d’une négociation entre Abou Ala, le Hamas et le Jihad islamique. Dans cette entreprise, le premier ministre palestinien est aidé par l’Egypte, qui l’a pressé d’avaler le refus d’Arafat de nommer Nasser Youssef au gouvernement, et presse en même temps le Hamas et le Jihad de renoncer aux actes de terrorisme. Si vraiment le calme s’installe, Israël éviterait toute action violente, y compris les assassinats ciblés, sur le territoire de l’Autorité palestinienne.

Le plan se fonde sur la decision des deux côtés de mettre les freins, sans accord officiel entre les parties. Mais selon certains ministres, Sharon semble prêt à avancer sur cette voie. Peut-être espère-t-il un répit sur le plan de la sécurité, ou peut-être suppose-t-il tout simplement que les Palestiniens démontreront une fois de plus qu’on ne peut pas leur faire confiance.

La recherche d’un accord se fonde sur l’hypothèse que les Palestiniens désirent eux aussi trouver une issue au statu quo. Jérusalem (essentiellement le ministère des Affaires étrangères) est en train d’étudier un "plan d’action positif" qui offrirait aux Palestiniens des axes de coopération à long terme (agrandissement de la zone commerciale au barrage d’Erez, aides à la construction d’hopitaux, circuits touristiques communs à Jérusalem et à Bethléem pour Noël et le jour de l’An, etc.).

La tendance est de mettre en place une sorte de normalisation des relations qui résisterait aux accès de violences. Le calendrier dépendrait de la date de la rencontre Sharon - Abou Ala (probablement dans une dizaine de jours), qui donnerait le feu vert à une série de contacts au niveau des ministères et des corporations concernées (une premiere conversation a déjà eu lieu entre Dov Weisglass, directeur du cabinet de Sharon, et Hassan Abou Libdeh, directeur du cabinet d’Abou Ala).

Cette vision optimiste suppose que, on ne sait comment, la roue puisse tourner à l’envers, et revenir à la periode d’avant septembre 2000, sans que les Palestiniens aient le sentiment que leur lutte pour se libérer de l’occupation leur ait apporté un quelconque resultat substantiel.

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